Page 124 - LES DEUX BABYLONES

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tient dans ses bras, on n'en fait pas moins une image de jalousie, on ne la rend
pas injurieuse pour le Très-Haut, on n'en excite pas moins son profond
mécontentement, quand on adore évidemment cet enfant comme celui de la reine
des cieux à laquelle on décernait tous les attributs de la Divinité et qu'on adorait
comme la
"mère des prostitutions et des abominations de la terre"
.
Fig. 26 – Il est expliqué que cette gravure
empruntée à l'Odyssée représente Ulysse et
Circé, au moment où le héros, ayant bu
impunément la coupe enchantée, grâce à
l'antidote que lui avait donné Mercure (on sait
en effet que Circé avait une coupe d'or comme
la déesse Babylonienne), tire son épée et
s'avance pour venger ses compagnons
transformés en pourceaux. La déesse terrifiée
se soumet aussitôt, ainsi que le raconte Homère
Ulysse fait lui-même le récit
"Va maintenant te coucher à l'étable, avec tes compagnons" ;
– Mais le charme est sans effet, je tire mon glaive acéré, je fonds
Sur la déesse, comme si je voulais la tuer ; elle jette un grand cri,
Se baisse, embrasse mes genoux, et tout en larmes, m'adresse
Ces paroles rapides : "Qui donc es-tu ?" etc. (Odyssée, X, 320
Ce tableau, ajoute l'auteur des Pompéiens, est remarquable, car il nous montre
l'origine
de
cette
couronne
affreuse
et dépourvue de sens qui entoure les têtes des saints, "nimbus" ou "aureola",
définie
par
Sorvius
comme "le fluide lumineux qui entoure la tête des dieux". Elle appartient à
Circé,
en
tant
que
fille
du
soleil.
Les empereurs se l'appropriaient en signe de divinité ; et sous ce respectable
patronage,
elle
s'introduisit,
comme autres coutumes païennes, dans les usages de l'Église. Mais nous
adressons
aux
empereurs
plus
de
blâme
qu'ils ne méritent : ce fut plutôt l'évêque de Rome qui fit pénétrer dans l'Église
"la superstition païenne" !