Page 411 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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éthiopien est le même que celui dont parlent les pères de l'Église, et le passage cité par Jude s'y trouve
presque littéralement, quoiqu'un peu abrégé, au commencement du second chapitre: «Voici, il vient avec
des myriades de ses saints pour juger le monde, pour détruire les méchants et pour punir toute chair, à
cause de tout ce que les pécheurs et les impies auront fait et commis contre lui.»
Mais, malgré cette identité, et quoique plusieurs raisons militent en faveur de l'opinion (Calmet, etc.) qui
pense que Jude a transcrit sa citation du livre indiqué, bien qu'on puisse admettre encore que cet ouvrage
apocryphe contienne des vérités dont saint Jude, éclairé d'une lumière surnaturelle, a pu faire usage pour
l'édification des fidèles; bien qu'une citation de cet ouvrage n'ait rien qui doive surprendre plus que les
citations d'Épiménide et de Ménandre, faites par saint Paul, nous ne saurions souscrire à cette manière de
voir. Le témoignage de saint Jude, exprimé comme il l'est dans son Épître, serait en effet non seulement
une garantie de la vérité des paroles citées, mais encore, comme le fait remarquer saint Jérôme, un
témoignage rendu à l'authenticité du livre lui-même. Il nous paraît beaucoup plus naturel et plus vrai
d'admettre que l'auteur du faux livre d'Énoch, et Jude, auront l'un et l'autre puisé à une source commune,
maintenant perdue, source qui pourrait n'être autre que la tradition; et si l'on réfléchit que le fils d'Énoch,
Méthusélah, après avoir vécu trois cents ans avec son père, est venu toucher ensuite à l'année même du
déluge, il n'est point difficile de comprendre que les paroles d'un si grand prophète, à qui la communion
de Dieu devait avoir révélé sans doute bien des choses à venir sur la corruption des hommes et les
châtiments qui les attendaient (peut-être le déluge sur le premier plan de sa perspective prophétique, et le
jugement final sur le dernier plan), que ses paroles, disons-nous, aient été religieusement conservées
parmi les Juifs pendant une longue suite de générations,
— Voir: sur ce livre, et pour plus de détails, Preiswerk, Morgenland, IV, 271.
2.
Hénoc, fils aîné de Caïn, donna le nom à une ville que son père bâtit, Genèse 4:17. Dans les
anciens temps la grandeur ne faisait pas la ville; on appelait de ce nom tout enclos entouré de murailles.
C'est dans la famille de Caïn que commença à se développer le goût d'une vie aisée et artificielle, avec les
craintes, l'inquiétude, et le besoin de s'abriter, qui en sont toujours la suite. Si les traces de cette ville n'ont
pas entièrement disparu sous les flots du déluge, elles se retrouvent peut-être dans le nom de Chanogé,
ancienne et célèbre ville de commerce, au nord des Indes, déjà chantée dans les plus anciens poèmes
épiques des Indous; Huet voit les débris de la ville d'Énoch dans Anuchtha, ville de l'ancienne Perse, citée
par Ptolémée; le tha ne serait alors qu'une terminaison araméenne. D'autres enfin comparent la peuplade
caucasienne des Heniochiens. Mais comme le mot hanak, qui est la racine de tous ces autres noms,
signifie lui-même commencer, on comprend qu'un grand nombre de familles et de villes ont pu porter un
nom semblable, puisque chaque homme pouvait appeler ainsi son fils aîné, ou la première ville d'une
contrée.
3.
Énoch est encore le nom du fils aîné de Ruben, Genèse 46:9.
4.
Enfin, Énoch, ou plutôt Hanoc, Genèse 25:4, fils de Madian, petit-fils d'Abraham par Kétura.
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ÉNON,
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près de Salim, Jean 3:23, lieu où Jean baptisait parce qu'il y avait là beaucoup d'eau (plusieurs ruisseaux).
Le nom même d'Énon indique une source abondante; mais il est difficile de rien préciser sur l'endroit où
cette source existait. D'après Eusèbe et saint Jérôme, c'aurait été à huit milles de Scythopolis, entre Salim
et le Jourdain.
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ÉNOS,
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Lit. mortel.
petit-fils d'Adam par Seth, naquit l'an du monde 235 et mourut en 1140, âgé de neuf cent cinq ans; Adam,
Seth et Énoch moururent avant lui; il fut contemporain de Méthusélah et même de Noé, avec qui il vécut
encore quatre-vingt-quatre ans. C'est depuis Énos qu'on commença «d'appeler du nom de l'Éternel», ce
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