Samuel 8:2; 2 Rois 3:4), qu'ils payèrent dans la suite aux rois d'Israël, jusqu'au jour où ils trouvèrent le
moyen de s'en affranchir, après la mort d'Achab, 2 Rois 1:1,3-4; sq. cf. Ésaïe 16:2. Le roi Joram leur fit la
guerre pour les soumettre de nouveau: mais, quoiqu'il envahît leur pays après les avoir vaincus, on ne
trouve plus aucune mention d'un tribut qu'ils auraient payé, 2 Rois 3:4; 2 Chroniques 20:1; il paraît qu'ils
se relevèrent sous Joas, mais que Jéroboam II les soumit de nouveau, 2 Rois 13:20; 14:25; Amos 6:14. Après
que les tribus transjourdaines eurent été emmenées en captivité par les Assyriens, les Moabites
s'emparèrent peut-être de toute la contrée qu'elles avaient occupée, peut-être aussi furent-elles bientôt
refoulées au-delà de l'Arnon par l'invasion de Tiglath-Pilézer, qui eut lieu peu de temps après, 1
Chroniques 5:26. C'est peut-être à cette époque que se rapporte l'oracle d'Ésaïe (18 et 16), ainsi que celui
de Jérémie 48. Les Moabites, soumis par l'armée caldéenne, et rendus tributaires de Nébucadnetsar,
conservèrent cependant leurs propres chefs, et mirent bientôt au service du conquérant des troupes
auxiliaires qui agirent de concert avec lui contre Juda, 2 Rois 24:2; puis, lorsque l'armée caldéenne eut
quitté la Palestine, les princes moabites, avec les chefs de quelques états voisins, cherchèrent à détourner
Sédécias de la fidélité qu'il avait promise, comme vassal, à Nébucadnetsar, Jérémie 27:3. On ne connaît
pas le résultat de cette démarche; mais on sait qu'après la ruine de Juda, sous son dernier roi, les Moabites
firent éclater, sur les malheurs de ce royaume, une joie maligne que les prophètes leur reprochent
amèrement, Sophonie 2:8; Ézéchiel 25:8, ce qui n'a pourtant pas empêché quelques Juifs, fuyant la guerre
des Caldéens, de trouver un asile parmi eux, comme on le voit Jérémie 40:11. L'historien Flavius Josèphe
(Antiquités Judaïques 10, 9, 7) rapporte que, cinq ans après la destruction de Jérusalem, Nébucadnetsar fit
la guerre aux Moabites, et qu'il les subjugua. Cependant la date de cette expédition n'est pas très sûre; il
paraîtrait même qu'elle doit être placée encore onze ans plus tard, après la prise de Tyr, qui eut lieu seize
ans après celle de Jérusalem. Quand les Juifs furent rentrés dans leur pays, au retour de la captivité, le
pays de Moab était habité comme auparavant, mais la population était mélangée; on voit même, Esdras
9:1; Néhémie 13:23, que beaucoup de Juifs avaient épousé des femmes moabites et hammonites. Dès lors,
le nom de Moab se perd; il n'en est plus guère fait mention que Daniel 11:41, et Flavius Josèphe,
Antiquités Judaïques 13, 14, 2; 15 et 4. Guerre des Juifs 3, 3, 3, et il se confond probablement sous le nom
plus général d'Arabes.
Le nom des Moabites apparaît souvent dans les oracles des prophètes, niais il est toujours accompagné de
menaces et de malédictions qui se rattachent aux rapports politiques et religieux de Moab et d'Israël
depuis les jours de Balaam, Ésaïe 11:14; 15:16; 25:10; Jérémie 48, Amos 2:1; Sophonie 2:8; cf. Psaumes 60:8;
83:6, etc.
Le pays de Moab, une partie du Kérek de nos jours, était en général montagneux, mais coupé de riches
vallées et de plateaux fertiles, arrosé par les eaux de l'Arnon, du Séred, et du torrent du désert, Amos
6:14; Ésaïe 15:7 (mal traduit dans ce dernier passage ία vallée des Arabes): le blé, la vigne et les arbres
fruitiers y étaient cultivés avec avantage, et le bétail y prospérait, Ruth 1:1; 2 Rois 3:4; Ésaïe 16:8.
La capitale du pays était Har-Moab, ou Rabbath-Moab, (Aréopolis) située près de l'Arnon, à 6 lieues est
de la mer Morte, et à 12 lieues sud-est de Calirrhoé: on remarquait encore la forteresse de Kir-Moab, et
dans la partie méridionale du pays Tsohar et Luhith, Ésaïe 15:5.
Nous avons peu de données sur la constitution politique et religieuse des Moabites; ils paraissent avoir
été régis monarchiquement, Nombres 22:4; Juges 3:12; 1 Samuel 22:3; Jérémie 27:3, et avoir conservé leurs
rois (vassaux) même sous la domination des Israélites, 2 Rois 3:4; mais à côté de ces rois se trouvaient,
comme chez les nations voisines, les chefs de famille, anciens et seigneurs, espèce d'aristocratie dont les
prérogatives modéraient ce qu'il y avait de trop absolu dans l'exercice de la royauté, Nombres 22:8,14;
23:6. La religion de Moab était un culte (voluptueux) de la nature, Nombres 25:1, de Bahal-Péhor, et de
Kémos, Nombres 21:29; 25:3; des sacrifices humains sont aussi mentionnés 2 Rois 3:27.
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