Page 113 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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que plusieurs noms très différents ne servent à désigner qu'un seul et même personnage. De tout cela
résulte une confusion que les recherches historiques peuvent parvenir à débrouiller dans bien des cas,
mais qui parfois déroute aussi la critique. Le cas actuel en est un exemple: nous trouvons dans la Bible
trois Artaxercès différents; mais il n'est pas sûr que le deuxième et le troisième ne soient pas le même,
Artaxercès Longuemain; il est de même possible que l'un des Artaxercès soit identique avec l'un des
Assuérus, q.v.
1.
Celui qui est mentionné Esdras 4:7,8, est presque sans contestation le faux Smerdis, surnommé
par d'autres Mardus, par d'autres encore Speudata ou Oropaste. Prétendu fils de Cyrus, et prétendu frère
cadet de Cambyse, il fut porté au trône des Perses par une révolution de prêtres (522 avant J.-C.); mais
son usurpation ne fut pas de longue durée: au bout de huit ans il fut renversé. Cédant aux menées des
Samaritains, et en suite d'un rapport de Réhum, Artaxercès lit défendre aux Juifs de continuer les travaux
commencés pour le rétablissement du temple et de Jérusalem; il eut ainsi le temps, pendant son règne si
court, d'être trouvé taisant la guerre à Dieu. Ces travaux restèrent interrompus l'espace d'environ soixante
ans.
2.
Esdras 7:1,11; 8:1. Peut-être le fameux Xercès, époux d'Ester, sous le nom d'Assuérus, et
successeur de Darius Hystaspe. La septième année de son règne tomberait sur l'an 478 avant J.-C. Il est
cependant possible, ainsi que nous l'avons dit, que ce soit Artaxercès Longue-main. C'est l'opinion de
Bossuet, c'est encore celle de plusieurs historiens; c'est celle de Gesénius, mais ce n'est qu'une opinion; les
données manquent, et c'est parce que les dates sont incertaines et fixées diversement, que les uns plaçant
le retour des Juifs en 478, le mettent sous Xercès; les autres, le renvoyant à 457, le placent sous le règne de
Longue-main. Tout cela importe peu. À la requête d'Esdras, cet Artaxercès permit aux Juifs de reprendre
la suite de leurs travaux et de pourvoir à la reconstruction du temple. L'édit qu'il promulgua à cet effet est
empreint d'un esprit de générosité, de paix et d'amour pour le bien du peuple de Dieu; il permet aux
exilés de retourner dans leur patrie; il leur permet de faire des collectes, de recueillir autour d'eux l'or et
l'argent dont ils auront besoin, et de l'employer comme il leur semblera bon; il leur rend les ustensiles et
vases sacrés destinés au service de l'Éternel, et les autorise, en outre, à puiser dans les trésors royaux tout
ce qui sera nécessaire pour les dépenses de leur culte. Esdras est chargé d'établir des juges, des magistrats
et des hommes capables d'appliquer les lois de Dieu, et de les enseigner à ceux qui ne les sauraient pas;
enfin le roi exempte de toutes charges, impôts et tributs, les sacrificateurs, lévites, chantres, portiers,
porteurs d'eau, et autres employés du nouveau temple.
3.
Néhémie 2:1; 5:14; 13:6. C'est, sans contestation, l'Artaxercès qui reçut le surnom de Longuemain.
Le commencement de son règne ne se laisse pas préciser très exactement; selon les uns ils commença 474
ans avant J.-C., selon d'autres, et c'est plus probable, en 464; il régna jusqu'en 425. Ce roi, qui accepta les
services de Thémistocle exilé, avait pour échanson un vieillard vénérable, Juif d'origine, et dont la
tristesse un jour le frappa et l'irrita. «Que le roi vive éternellement, lui répondit l'échanson; mais comment
mon visage ne serait-il pas abattu, puisque ma ville, qui est le Heu des sépulcres de mes pères, demeure
désolée? Si le roi le trouve bon, et si ton serviteur t'est agréable, envoie-moi en Judée, vers la ville de mes
pères, pour la rebâtir.» Le roi et sa femme eurent égard à la prière du Juif qui, lui-même, nous a conservé
ce récit; c'est Néhémie. Il obtint une escorte et des passeports pour son voyage, avec les pleins pouvoirs
nécessaires pour se procurer tous les matériaux dont il aurait besoin; il fut même fait gouverneur de
Judée par Artaxercès. C'est de cet édit en faveur des Juifs qu'il faut partir pour compter les soixante et dix
semaines de Daniel; Daniel 9:24-25. «Cette importante date, dit Bossuet, a de solides fondements.»
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ARTÉMAS,
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