importante de la vie de Manassé ne s'explique pas: on pourrait croire que l'auteur des Chroniques, qui a
puisé à plus de sources, a trouvé aussi plus de détails; mais la conversion de Manassé n'est pas un détail
dans sa vie, et caractérise son histoire tout entière; tout Israélite, historien ou non, devait connaître un
événement de cette importance.
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MANDRAGORE.
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Cette plante, désignée par certains auteurs sous le nom de mandegloire, et qui dans son étymologie
grecque signifie ornement des cavernes, est l'atropa mandragora des Latins, et appartient à la cinquième
classe (pentandrie monogynie) de Linnée. De tout temps et dans tous les pays où elle se trouve, elle a été
l'objet des opinions les plus contradictoires, comme des fables les plus absurdes. Elle aime les pays
chauds, la Palestine, la Grèce, l'Italie, l'Espagne, et ne croît que très difficilement dans nos jardins, mais
dans les lieux qu'elle habite elle préfère les endroits sombres, tels que l'entrée des cavernes. La racine est
épaisse, longue, fusiforme, ordinairement bifurquée, ou même divisée en trois, fauve extérieurement,
blanchâtre à l'intérieur: les feuilles sortent du collet de la racine, grandes, ovales, pointues, vertes,
ondulées sur leurs bords, et disposées en faisceau: entre ces feuilles naissent plusieurs pédoncules
simples, courts, portant chacun une fleur dont la corolle est campanulée, rétrécie vers sa base en forme de
cône renversé, un peu velue en dehors, blanchâtre, légèrement teinte de violet: le fruit est une baie
sphérique ressemblant à une petite pomme, jaunâtre dans sa maturité, molle, charnue, pleine d'une pulpe
qui contient des graines réniformes, placées sur un seul rang. Cette baie, narcotique et stupéfiante, n'est
dangereuse que lorsqu'elle est prise en certaine quantité.
Le nom de la mandragore se trouve deux fois dans l'Écriture sainte, Genèse 30:14; Cantique 7:13; c'est
ainsi que les traducteurs ont entendu l'hébreu dudayim; dans le premier passage, c'est la vertu prolifique
de la plante qui est relevée; dans le second, c'est son odeur agréable et forte. Il s'en faut du reste de
beaucoup qu'il y ait eu unanimité pour cette interprétation, qui a été appuyée par Jacques Thomasius
dans une dissertation spéciale, 1739, mais déjà fortement combattue par:
1.
Ant. Densing (1659), qui entend par dudayim le petit melon de Perse odorant (cucumis dudaïm,
L); de même Sprengel, Faber, la traduction persane, etc.;
2.
Ludolf, dans son Hist. d'Éthiop., soutient qu'il faut entendre par là un certain fruit que les Syriens
appellent mauz, dont la figure et le goût ont beaucoup de rapports avec le ficus indica;
3.
Celse entend une espèce de lotus;
4.
Pfeiffer y voit une espèce de lys;
5.
Calmet, Bochart, Browne croient pouvoir donner à l'hébreu le sens de citron;
6.
Junius traduit: des fleurs agréables;
7.
Codurque, des truffes;
8.
Hiller, des cerises;
9.
d'autres, des violettes ou du jasmin;
10.
d'autres enfin, Virey, Chaumeton, l'entendent de l'orchis.
Il ressort de toutes ces divergences que la véritable signification du mot est perdue, et même qu'elle l'a été
de bonne heure; on voit par le passage de la Genèse que la plante dont il s'agit passait pour donner la
fécondité, et le nom même de dudayim (dod, amour) pourrait bien être en rapport avec cette opinion. La
mandragore et l'orchis sont les deux plantes qui harmoniseraient le mieux peut-être avec le peu que nous
connaissons du dudayim, la première par la bifurcation de sa racine, à laquelle, avec un peu de peine et
de bonne volonté, on pourrait encore donner la forme du corps humain, de là le nom d'anthropomorphos
qui lui a été donné par Pythagore; la seconde, par la grossière ressemblance qu'on a cru trouver dans ses
bulbes ordinairement géminées, et qui a amené la préconisation ridicule de ses vertus aphrodisiaques.
L'une et l'autre de ces plantes peuvent exercer une certaine influence sur l'homme; elles peuvent stimuler,
exciter, irriter; Vénus est appelée mandragoritis, et l'empereur Julien, dans son épître à Calixène, dit qu'il
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