Page 836 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

Version HTML de base

Genèse 10:8-10; 1 Chroniques 1:10, fils de Cus et petit-fils de Cam. L'historien sacré le dépeint comme un
puissant chasseur devant l'Éternel (lit. un puissant agresseur contre l'Éternel), puissant sur la terre, et
fondateur de Babel au pays de Sinhar: son nom était devenu proverbial et avait peut-être été chanté par
les poètes. Sans que l'on puisse déterminer exactement la portée de ces expressions dans des temps aussi
reculés, elles indiquent évidemment une grande puissance et une grande gloire. Il est probable que ce
célèbre chasseur ne fut pas un conquérant moins célèbre; il est probable aussi que, le premier, il substitua
un règne au régime patriarcal; il est possible enfin qu'il ait dirigé la construction impie de la grande tour
de Babylone, Genèse 11:4, et Flavius Josèphe le rend probable. Il fonda Babel, Érec, Accad, et Calné,
autant d'empires et de grandes villes auxquels l'histoire profane donne d'autres fondateurs, soit qu'elle
n'ait pu remonter plus haut dans cette nuit de l'histoire, soit que le royaume de Nimrod se soit écroulé sur
lui pour renaître plus tard sous d'autres chefs, comme les Gaules après Charlemagne, soit enfin que les
Bélus, les Sémiramis, et les Ninus aient donné un lustre nouveau, une forme et une vie nouvelles à
d'anciens établissements, à des amas de maisons, à des enclos qui n'avaient servi jusque-là qu'à des
bergers ou à des chasseurs, et qui devaient recevoir les rois de la guerre et les chefs de la civilisation.
Selon plusieurs commentateurs, Nimrod aurait aussi possédé l'Assyrie, et fondé Ninive sa capitale: ils
s'appuient sur une traduction possible du verset 11, par laquelle les faits attribués à Assur
appartiendraient à Nimrod, et il font la remarque, assez plausible, que la généalogie de Cam, versets 6-20,
se trouve, avec la traduction ordinaire de nos versions, interrompue, contre l'habitude des Orientaux, par
la mention d'un membre de la famille de Sem, Assur, ce qui est peu probable. On peut répondre
cependant que ce verset épisodique se rattache intimement au contexte, et qu'il renferme peut-être
l'histoire d'une rébellion heureuse de plusieurs habitants de Sinha contre l'absolutisme du gouvernement
de Nimrod, et leur séparation d'avec lui.
— Voir: Babel
Nimrod le rebel était un géant de race noir déifié comme le dieu Soleil, le brilliant. Il était le Lucifer original, chef de
l’apostasie sous le gouvernement Noachique, et constructeur de la Tour de Babel qui selon les anciens écrits de la
Cybèle de Cume était une tentative à l’homme de retourner parmi les étoiles, vers le monde de Caïn appelé Nod ou
astre errant qui se trouvait entre Mars et Jupiter avant la catastrophe cosmique qui le fit éclater, occasionnant un
déséquilibre universel qui produisit le déluge sur la terre.
________________________________________
NINIVE, ou Ninus,
________________________________________
appelée par les Grecs et les Romains Ninus, et dont le nom hébreu signifie demeure de Ninus, était la
célèbre capitale de l'empire d'Assyrie. Son origine se perd dans les temps les plus reculés de l'histoire,
Genèse 10:11. Elle fut longtemps le séjour des rois, Nahum 3:18; 2 Rois 19:36; Sophonie 2:13; cf. les auteurs
profanes Strab. 2, 84. Hérodote 1, 193; 5, 53. Ptolém. 6, 1. Diod. de Sicile, 2, 23. Tacit. Ann. 12, 13; etc. Elle
était située sur la rive orientale du Tigre, et, si l'on en croit les historiens, ses murailles avaient 100 pieds
de hauteur, et 15 à 20 lieues de circuit, d'autres disent même davantage; elles étaient flanquées de quinze
cents tours, dont chacune avait 200 pieds d'élévation. Le fleuve qui la traversait en partie, et ses solides
murailles, la rendaient imprenable. Elle était le centre du gouvernement, de la richesse, et d'un immense
commerce, Nahum 2:10,12; 3:4,16. Les conséquences de cette prospérité furent l'orgueil et la dissolution,
Nahum 3. 1. Sardanapale en fut le triste et vrai représentant: huit siècles avant Christ, vers l'an 747, au
temps d'Achaz, sa capitale fut prise, après un siège de trois ans, par les Mèdes, conduits par Arbacès.
Cette ville recouvra un moment, sous Ninus, son ancien éclat; elle se releva ainsi que tout l'empire
d'Assyrie, mais elle fut prise une seconde fois, en 625, par Cyaxare roi des Mèdes et Nabopolassar roi de
Babylone. Elle tomba pour ne plus se relever. Ainsi s'accomplirent, et à la lettre, les prophéties diverses
éparses dans le livre de Nahum, après qu'un repentir momentané, suscité par les prédictions de Jonas, eut
d'abord épargné Ninive, ou plutôt différé sa destruction, cf. Jonas 1-4, Sophonie 2:13; etc. Au moment de
la dernière conquête de cette ville, un grand nombre d'exilés juifs vivaient et végétaient captifs dans
l'enceinte de ses murailles;
834