Page 978 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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une ostentation qui est sévèrement blâmée par notre Seigneur, Matthieu 6:5,7, et l'oraison dominicale qu'il
donne pour modèle à ses disciples est, par sa riche brièveté, une censure des longues et vaines redites que
les pharisiens avaient inventées, et qu'ils avaient enseignées à leurs sectateurs. On voit par Luc 11:1, que
Jean-Baptiste avait aussi donné à ses disciples des modèles de prières toutes faites, et Jésus eut moins
dans l'esprit de donner aux siens une prière à réciter, qu'un exemple de prière chrétienne, et l'idée de la
marche à suivre, des demandes à faire, de l'esprit qui doit régner dans l'âme lorsqu'elle s'élève à Dieu.
L'oraison dominicale est en plusieurs points l'abrégé d'une prière qui se prononçait dans les synagogues,
et qui selon toute apparence fut composée pendant la captivité; elle commençait ainsi: O Dieu, que ton
nom soit magnifié et sanctifié dans le monde que tu as créé selon ton bon plaisir; fais régner ton règne;
que la rédemption fleurisse, que le Messie vienne promptement et que son nom soit célébré, etc. Le
peuple répondait Amen.
Les Israélites choisissaient, pour prier, des endroits retirés et solitaires, dans leurs maisons des cabinets
particuliers, une chambre haute, le toit; dans la campagne, ils montaient, lorsque cela pouvait se faire, sur
une petite hauteur; à Jérusalem, ils se rendaient volontiers dans les parvis du temple; et d'après les
rabbins, mais cela a une couleur toute formaliste, celui que l'heure de la prière surprenait au milieu de
son chemin, s'arrêtait tout court pour remplir son devoir; cf. Matthieu 6:6; 14:23; Marc 6:46; Luc 6:12;
18:10; Actes 1:13; 3:1; 10:9; Daniel 6:11; Judith 8:5; Tobie 3:11; cf. 1 Rois 18:42; Ésaïe 56:7. Il paraît que
c'était une habitude assez ordinaire aux Juifs, quoique ce ne fût point une obligation, de tourner leur
visage vers la sainte montagne où se trouvait le sanctuaire du Dieu qu'ils invoquaient; on le voit par
Daniel 6:10; 2 Chroniques 6:34; 1 Rois 8:44; cf. Psaumes 5:7; les Samaritains se tournaient vers le mont
Guérizim. Quant à la posture, elle n'importait pas plus que le reste; elle était dictée par les besoins de
l'âme, et ne se commandait pas; on se tenait debout ordinairement, 1 Samuel 1:26; 1 Rois 8:22; Daniel 9:20;
Matthieu 6:5; Marc 11:25; Luc 18:11. Dans l'humiliation, ou dans de plus vifs sentiments de piété et de
besoin, on s'agenouillait, 2 Chroniques 6:13; 1 Rois 8:54; Esdras 9:3; Daniel 6:10; Luc 22:41; Actes 9:40;
quelquefois même on se prosternait en terre dans de grandes douleurs, Néhémie 8:6; Judith 9:1; Matthieu
26:39. Tantôt on élevait vers le ciel ses mains après les avoir lavées, 1 Rois 8:22; Néhémie 8:6;
Lamentations 2:19; 3:41; 2 Maccabées 3:20, et saint Paul, insistant sur la nécessité d'une purification
spirituelle représentée par la purification matérielle, veut que celui qui prie élève vers Dieu des mains
pures, 1 Timothée 2:8. (Quicunque manibus sordidis orat, mortis reus est, dit un rabbin; cf. aussi Odyss. 2,
261); d'autres fois on étendait les mains, Ésaïe 1:15, ou bien on les croisait sur la poitrine en se frappant,
Luc 18:13; on baissait la tête en signe d'humiliation; on la plaçait entre ses genoux, ce qui ne se faisait que
dans un grand deuil, ou dans une fervente prière, 1 Rois 18:42.
L'intercession, la prière pour d'autres que pour soi, étaient fréquentes, et l'on voit souvent des personnes
se recommandera d'autres, notamment à des hommes connus par leur sainteté; on attachait à leurs
prières une importance quelquefois exagérée, cf. Genèse 20:7,17; Exode 32:11; 1 Rois 17:20; 2 Corinthiens
1:11; Philippiens 1:19; 1 Timothée 2:1; 1 Thessaloniciens 5:25; 2 Thessaloniciens 3:1; Hébreux 13:18;
Jacques 5:16. Notre Seigneur lui-même nous a donné l'exemple de l'intercession dans sa prière
sacerdotale, comme nous voyons aussi que l'Esprit prie pour nous par des soupirs qui ne se peuvent
exprimer, Jean 17, Romains 8:25. Deux espèces d'intercessions, en usage dans l'Église romaine, sont les
seules défendues et inutiles, celle des vivants pour les morts, celle des morts pour les vivants; elles ne
reposent sur aucun précepte de la parole de Dieu, et sont contraires à tout son esprit. La première cherche
à s'appuyer d'un passage apocryphe, 2 Maccabées 12:43, où nous voyons Judas Maccabée offrir un
sacrifice pour des soldats morts, qui avaient violé la loi par une espèce de sacrilège, en prenant des choses
consacrées aux idoles: cette prière «pour un péché mortel qui ne s'expie pas par ces sortes de choses», dit
Calmet, est déjà fort embarrassante pour l'Église romaine, et cependant, c'est le seul passage qui puisse
un peu servir de point d'appui à cette fatale doctrine; il ne serait pas étonnant que tous les livres
apocryphes en masse aient été canonisés par le concile de Trente, en faveur de ces quelques lignes, qui
n'en resteront pas moins apocryphes. L'opinion de Judas Maccabée n'est pas même prouvée, puisque son
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