|
La T.U.L.I.P.E. du Divin
Jardinier
- LES DOCTRINES DE LA GRÂCE -
par Jean leDuc

format Word -
format Pdf -
format Virtuel

A Christ seul soit la Gloire
Voir aussi: Le magnifique plan
de salut de Dieu
INTRODUCTION
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION
Les
Six Points du Souverainisme Séparatiste
Qui concordent avec les Cinq Points du Calvinisme !
A NOTER QU'EN TERMES THÉOLOGIQUES LES
MOTS TULIPE ET ÉVANGILE SONT DES SYNONYMES, ILS SIGNIFIENT UNE SEULE ET MÊME
CHOSE.
Vous trouverez ici une description du contenu des Six Points du
Souverainisme Séparatiste qui concordent avec les Cinq Points du Calvinisme,
formulés d’après les Canons de Dordrecht, représentés en français sous
l'acronyme de T.U.L.I.P.E.. Ce document historique de la Réforme, est
marquant, crucial, et extrêmement important. Il est chargé d'autorité et
demeure toujours d'actualité. Nous vous exhortons à le lire et l'étudier
très attentivement, en vous référant aux Saintes Écritures et à l'Esprit de
Dieu, et même à le relire plusieurs fois, car sa profondeur exige une
méditation et une étude soigneuse.
Tout en faisant cela, comparez votre propre expérience de la grâce de Dieu
en Jésus-Christ à ce qui y est écrit, et prenez bien soin d'y comparer tout
ce qu'on entend dans les milieux évangéliques modernes et de ceux qui vous
fréquentent, et vous verrez combien ce document est d'actualité et que la
controverse et la guerre à ce sujet est
loin d'être terminé,
et ce, jusqu'à l'Avènement de notre Dieu et Roi, le Seigneur Jésus-Christ.
Car qu'est-ce que cette controverse ou guerre doctrinale et spirituelle,
sinon la même bonne vieille controverse de tous les temps: la controverse
entre le salut par la foi ou le salut par les œuvres qui en ces derniers
temps est connu comme le salut par le choix! À ce jour, ces déclarations
doctrinales de T.U.L.I.P.E. sont demeurées inchangées et inébranlables; et
elles continuent à être un rempart puissant contre l’hérésie rampante de
l'Arminianisme avec son libre-choix, dont le danger est encore plus grand
que dans les jours de Jacobus Arminius lui-même.
Les Cinq Points du Calvinisme sont connus
sous le nom de "Doctrines de la Grâce" représentés en anglais sous
l’acronyme « T.U.L.I.P.» et adopté en français sous celui de «T.U.L.I.P.E.»,
ce dernier contenant une voyelle d’extra. Quoique ces doctrines ne
proviennent point de Jean Calvin, mais des Saintes-Écritures, elles furent
soulignées et enseignées de nouveau par lui au temps de la Réforme. Ce fut
au synode de Dordrecht, 1618-19, qui a été assemblé pour résoudre la
contestation Arminienne dans les églises Réformées de la Hollande, que fut
formulé ces vérités avec une grande clarté et dans des détails soigneux.
Cette formulation officielle a été rédigée dans une confession qui a
représenté le consensus de toutes les églises Réformées de ce jour, et qui
se nomme
LES CANONS DE DORDRECHT. De cette confession est
sortie l’odeur exquise de la fleur du christianisme connue sous le nom de
T.U.L.I.P. qui représente les Cinq Points du Calvinisme.
La foi chrétienne nommée «le Souverainisme Séparatiste» ou «Calvinisme
Marginal» reprend ces même points, les adoptant à une désignation française
de Six Points qui correspondent exactement à leur forme originale dans la
langue anglaise.
Le but de mon document est de donner une formation de base sur les
doctrines de la grâce, afin d’armer les chrétiens contre les nombreuses
hérésies qui se retrouvent dans la pensée moderne évangélique, et de
fortifier l’assurance de leur salut.
(voir aussi le
Cours de formation sur les Doctrines de la
Grâce)
Jean leDuc, décembre 2004
CHAPITRE 1
LA SOURCE DE TULIPE
A - L’infiltration de la fausse
doctrine :
Vers la fin du XVIème siècle, Jacob
Arminius (ministre protestant d’Amsterdam en Hollande) commença à prêcher
des choses contraires aux doctrines de la Grâce retrouvées dans la
confession des églises réformées de son pays. Il infiltra le poison du
Pélagianisme dans la Réforme lorsqu’il revint de son voyage à Rome après une
rencontre avec les Jésuites. Les Robes-Noires lui transmirent cette hérésie
(Hérésie: Grec = capacité de choisir, libre choix) dans le but de détruire
la doctrine de la Double Prédestination que Rome a en aversion. Considérant
qu’Arminius, comme tous les autres ministres, s’était engagé à soutenir et à
prêcher les doctrines énoncées dans la Confession, cela constituait une
grave offense par laquelle il fut appelé à rendre compte.
Mais rapidement, et malgré son
rengagement à soutenir la doctrine réformée, sa prédication révéla à nouveau
qu’il s’était éloigné de la position réformée, particulièrement en ce qui
concerne l’œuvre de Dieu dans le salut. Une grande controverse s’ensuivit;
Arminius mourut entre temps, mais ses disciples continuèrent à répandre ses
hérésies que l’homme a la capacité de choisir de croire et qu’il ne peut
être assuré de son salut. Les tenant de ces doctrines diaboliques opposées à
la Réforme furent appelés «Arminiens», nom évidemment tiré de Jacob
Arminius, et en 1610 ils présentèrent un document dans lequel ils énonçaient
cinq articles de loi touchant la sotériologie (la doctrine du salut) en
opposition précise aux enseignements des réformateurs. Ces articles furent
connus sous l’appellation des «Cinq Remontrances».
B - La doctrine Arminienne
Les Cinq Remontrances de l'Arminianisme
sont la base de la foi de presque tous les mouvements évangéliques modernes,
et servent de pont oecuménique pour un retour au Catholicisme. Ils sont
proclamés subtilement soit d'une manière partielle ou absolue par les
Baptistes, les Mennonites, les Pentecôtistes, les Charismatiques, les Frères
Darbystes, les Méthodistes, l'Armée du Salut, les Disciples de Christ,
l'Église de Dieu Universelle, les Mormons, les Adventistes, les Témoins de
Jéhovah, et toute une gamme de sectes et de groupes dissidents.
Les arminiens déclaraient :
1.
que l’élection de Dieu est motivée par le fait que Dieu « voyait à
l’avance » que tel homme se repentirait et croirait de son propre « libre
arbitre », (remplaçant ainsi la Justification par la Foi par la
Justification par le Choix) ;
2.
que la mort de Christ n’assure véritablement le salut d’aucun homme
en particulier, mais rend seulement possible à tous les hommes d’être
sauvés ;
3.
le besoin de la régénération ; (Une explication de ceci révélait
cependant que même là ils n’étaient pas d’accord avec les réformateurs quant
à la nature de la régénération ou de la dépravation de la nature humaine).
Ce fait est évident en ce qu'ils renversent le sens de la régénération,
proclamant qu'il faut croire pour être régénéré (naître de nouveau) plutôt
que d'être régénéré pour croire ;
4.
que l’on peut entièrement résister à la grâce de Dieu i.e. que Dieu
pouvait « tenter » de convertir un homme et faillir, (au détriment de la
vérité que Dieu est Tout-Puissant, Souverain et infaillible) ;
5.
qu’un chrétien pouvait à nouveau se perdre après avoir antérieurement été
sauvé, signifiant que le salut d'un chrétien dépend de sa propre volonté et
de sa capacité d'obéir et de plaire à Dieu.
C - La T.U.L.I.P.E. surgit du sol de
la délibération:
En 1618, un grand concile fut convoqué
dans la ville hollandaise de Dort dans le but d’examiner l’enseignement des
arminiens à la lumière de la Parole de Dieu. Des représentants de toutes les
églises « réformées » d’Europe, incluant l’Angleterre, furent réunis. Après
plus de six mois de délibérations prudentes, le synode rendit publique des
décisions et constatations. Les doctrines d’Arminius furent prouvées
dépourvues de fondements bibliques et le synode, en réponse aux Cinq
Remontrances, produisirent cinq articles exposant la vérité scripturaire.
Les églises de la Réforme déclaraient :
1-
que la nature de l’homme est totalement affectée par le péché, ce
qui veut dire que sa volonté est aussi touchée par le péché et est asservie
à sa nature pécheresse ; le salut de l’homme ne peut donc pas dépendre de
son « libre arbitre » (ou volonté libre) Romains 7:18; 9 :15,16; Jean
1 :12,13;
2-
que l’élection de Dieu, selon la doctrine de la double
prédestination, ne fut pas motivée par le fait que Dieu voyait à l’avance la
foi de l’homme, mais qu’elle est « selon le bon plaisir de sa volonté ».
Éphésiens 1:5 ; Romains 8 :29;
3-
que la mort de Christ assure et rend certain le salut des élus, les
acquérant tous les dons nécessaires à ce salut (y compris la foi, la
repentance, et la sanctification), et que, dans sa disposition, elle ne
s’étendait qu’aux élus seuls ; Jean 6 :37,39,44; 15 :16; 17 :9; Romains
9 :22,23; 11 :5; 2 Corinthiens 7 :10; Philippiens 1 :29; 2 Timothée 3 :25;
Tite 2 :14 ; 1 Thessaloniciens 5 :23; Hébreux 2 :11; 13 :12;
4-
que la grâce de Dieu réalise toujours la fin qu’elle s’était
proposée ; Romains 5 :20,21; 1 Corinthiens 15 :10; 2 Corinthiens 12 :9;
Éphésiens 2 :8,9 ; Philippiens 1 :29;
5-
que les élus de Dieu persévèrent jusqu’à la fin dans la foi et la
sainteté, étant gardés par la puissance de Dieu.
Jean 10 :3,4,5,27,28,29; 17 :15,24; Romains 8 :37,38; Philippiens 1 :6.
Il est important de remarquer que ce
n’était pas là de nouvelles doctrines mais bien celles sur lesquelles la
Réforme s’était édifiée. De même que l’enseignement d’Arminius fut connu
sous le nom d’Arminianisme, de même la position des églises réformées et du
synode de Dort fut connue sous le nom de « Calvinisme », et les cinq
articles opposant le nouvel enseignement d’Arminius furent appelés en
anglais « les cinq points du calvinisme » ou T.U.L.I.P.
Notez qu’en français, l’acronyme T.U.L.I.P.E. prend une lettre d’extra pour
former les Six Points du Souverainisme Séparatiste biblique, que nous
verrons dans le prochain chapitre.
Le nom de Calvin fut rattaché à ces doctrines pour la simple raison qu’il
était le plus grand théologien de la Réforme et qu’il était celui qui avait
exposé le mieux, de façon systématique, les doctrines bibliques prêchées par
les réformateurs. Ces doctrines ne sont pas apparues avec lui mais
proviennent tout droit de la Parole de Dieu, elles avaient déjà été
habilement exposées longtemps avant par Augustin, IV - Ve siècle ap.
J-C.
D - Les arminiens d'aujourd'hui :
Depuis le temps d'Arminius, bon nombre de
théologiens et de pasteurs respectés, dont John Smith (1570-1614?),
fondateur officiel des Baptistes; John Wesley (1703-1791), fondateur du
Méthodisme; Charles Finney (1792-1875), source des mouvements de Réveils à
tendances extatiques, ont épousé ce point de vue subversif. Aujourd'hui, les
principales doctrines de l'Arminianisme ont infiltré et empoisonné presque
tout le corps du christianisme. L'Arminianisme moderne fait partie de la
sphère évangélique, ce qui signifie que, généralement parlant, les Arminiens
défendent eux aussi les doctrines de la divinité de Christ, sa naissance
virginale, sa résurrection corporelle, ainsi que l'inspiration et
l'infaillibilité de l'Écriture dans les Autographes, mais d'une manière
charnelle et subtile qui élève la dignité de l'homme et qui inverse et
renverse l'Évangile de la Souveraineté de Dieu. Un loup déguisé en brebis
demeure toujours un loup, et un billet contrefait peut séduire beaucoup de
gens, mais non pas tous.
La réponse charnelle, humaine, terrestre
que nous entendons si souvent, encore de nos jours, est que le juste devant
Dieu est celui qui obéit aux commandements de Dieu, celui qui pratique la
loi. C'était la position des pharisiens qui se croyaient justes parce qu'ils
s'imaginaient mettre scrupuleusement en pratique la loi et la tradition
rabbinique.
Le légalisme, sous une forme ou une autre, se retrouve particulièrement
parmi ceux qui prétendent plaire à Dieu par leur obéissance à la Parole en
exerçant leur libre-choix.
Dans l'histoire de l'Église, cet
enseignement a été repris par Pélage qui, en opposition à Saint Augustin,
affirmait la capacité naturelle de l'homme pécheur à plaire à Dieu. Plus
tard, le semi-pélagianisme de Thomas d'Aquin, présentant une harmonie entre
la foi et la raison, avançait le postulat que l'homme, avec le secours de la
grâce de Dieu, pouvait lui plaire.
L'Arminianisme évangélique se trouve, lui
aussi, dans cette tradition quand il met tout l'accent sur la décision de
l'homme pour recevoir le salut. Dans les mouvements Évangéliques et de
Réveils, le salut est devenu une décision personnelle dont la formule
populaire, «il faut accepter Christ comme son Sauveur personnel pour être
sauvé», qui se trouve nul part dans la Bible, reflète la doctrine de la
«Justification par le Choix» qui est l’opposé de «la Justification par la
Foi». De nos jours, dans la vie
du monde moderne, nous retrouvons cet enseignement du salut par les oeuvres
ou par la volonté de l'homme à tous les niveaux de notre société corrompue.
Cette infection virulente est devenue la base même de la démon-cratie et du
capitalisme, domaine d'exploitation par excellence dont le but est de
renverser Dieu et de dominer sur la race humaine entière.
On ne peut donc être surpris que la stratégie globale des nations, en
accord avec la religion, soit la domination du monde.
CHAPITRE 2
LA T.U.L.I.P.E. FRANCOPHONE
A – L’adaptation de la T.U.L.I.P.E. :
Dans le jardin céleste du Divin Jardiner,
pousse une fleur exquise qui est pour la nourriture des saints et des élus
en qui demeurent la Sainte-Présence de Christ.
De la T.U.L.I.P.E. divine proviennent toutes les grâces et les bénédictions
du salut et de la vie éternelle en Jésus-Christ, notre Dieu, notre Sauveur,
et notre Roi.
Dans la langue anglaise, les Cinq Points
du Calvinisme sont représentés sous l’acronyme de T.U.L.I.P., mais vu qu’en
français les définitions ne rejoignent point celles de notre langue sœur et
que le mot contient une voyelle de surplus, nous avons donné des expressions
appropriées qui rendent justice au sens original, et nous avons ajouté une
nouvelle définition à la dernière voyelle qui ne trahi en aucun sens
l’ensemble du contenu.
Nous complétons ainsi le tout avec l’Évangile de la Souveraineté de
Dieu. Nous obtenons donc
l’acronyme T.U.L.I.P.E. ou les Six Points du Souverainisme Séparatiste
biblique, qui correspondent exactement avec les Cinq Points du Calvinisme
surnommés «le Doctrines de la Grâce».
Aussi, puisque le terme «Calvinisme»
représente la théologie Réformée de la Souveraineté de Dieu, et que ce terme
est mal compris, déprécié et repoussé par ceux qui sont malavisés, nous
avons adopté celui de «Souverainiste Séparatiste».
Nous avons fait ainsi pour représenter notre foi biblique face à la
Souveraineté de Dieu dans la grâce du salut, lequel se tient complètement à
part de tous efforts, coopérations, et mérites de l’être humain.
N’étant pas de foi orthodoxe mais marginale, cette nouvelle désignation
nous convient davantage, car nous sommes séparés du reste de l’orthodoxie de
la théologie Réformée traditionnelle qui a besoin elle-même d'être réformée,
et nous gardons uniquement les doctrines de la grâce qu’elle professe.
Nous confessons donc être de foi
chrétienne «Souverainiste Séparatiste», et nous adoptons cette désignation
pour nous identifier face au marasme des religions qui suivent la voie de la
perdition.
L’adaptation de la T.U.L.I.P.E. contient toute l’essence de notre foi
dans les doctrines de la grâce que nous croyons et enseignons, et nous ne
prétendons aucunement en être les seuls détenteurs.
Notre foi repose en Christ qui seul détient la puissance de la
rectification et de la restauration, et nous professons que sa
Sainte-Présence en nous et en sa Parole est suffisante pour nous enseigner
toutes choses.
B - La T.U.L.I.P.E. divine :
Nous vous présentons ici l’acronyme de la
T.U.L.I.P.E. divine, la fleur du Christianisme, avec ses définitions
françaises :
|
|
énacité de la Dépravation Totale
|
|
|
nicité de l’Élection Inconditionnelle
|
|
|
ogique du Rachat Limité
|
|
|
mportance de la Grâce Irrésistible
|
|
|
ersévérance des Saints ou Assurance
du Salut
|
|
|
vangile de la Souveraineté de Dieu
|
TABLEAU DE COMPARAISON
|
Voici
un tableau très utile pour vous aider à comprendre les différences
entre l’Arminianisme (Humanisme) et le Calvinisme (Souverainisme):
«Les notes en italique ne font pas partie de l'original. Pour but de
nécessité et de précision de traduction en langue française, le
concept original de cinq points a été amplifié et représenté en six
points»
|
Les 6 points de l'Arminianisme
|
Les 6 points du Souverainisme
|
|
1. le Libre arbitre ou capacité de l'homme
|
1. La ténacité de la dépravation totale ou incapacité totale
|
|
Quoique la nature humaine ait été sérieusement affectée par
la chute, l’homme n’a pas été laissé dans un état de
faiblesse spirituelle totale. Dieu dans sa miséricorde rend
chaque pécheur capable de se repentir et de croire, mais il
le fait de manière à ne pas s’interposer dans la liberté de
l’homme. Chaque pécheur possède une volonté libre et sa
destinée éternelle dépens de l’usage qu’il en fait. La
liberté de l’homme consiste dans sa capacité de choisir le
bien au lieu du mal dans les choses spirituelles; sa volonté
n’est pas asservie à sa nature pécheresse. Le pécheur a le
pouvoir soit de coopérer avec l’Esprit de Dieu et être
régénéré, soit de résister à la grâce de Dieu et périr. Le
pécheur a besoin de l’assistance de l’Esprit, mais n’a pas
besoin d’être régénéré par l’Esprit avant de pouvoir croire,
car la foi est un acte de l’homme et elle précède la
nouvelle naissance. La foi est le don du pécheur à Dieu;
c’est la contribution de l’homme au salut.
|
Par suite de la chute et de la ténacité du péché, l’homme
par lui-même est incapable de croire à l’évangile pour son
salut. Le pécheur est mort, aveugle et sourd aux choses de
Dieu; son cœur est tortueux et méchant. Sa volonté n’est pas
libre, elle est asservie à sa nature pécheresse de sorte
qu’il ne va pas (il ne peut même pas) choisir le bien au
lieu du mal dans le domaine spirituel. En conséquence, il
faut plus que l’assistance de l’Esprit pour amener un
pécheur à Christ; il faut la régénération par laquelle
l’Esprit donne la vie au pécheur et lui donne une nouvelle
nature. La foi n’est pas la contribution de l’homme à son
salut mais, est elle-même une partie du don de Dieu pour le
salut; elle est le don de Dieu au pécheur, et non le don du
pécheur à Dieu.
La régénération ou nouvelle naissance précède donc la foi et
non l’inverse: il faut être régénéré pour croire et non
croire pour être régénéré. De ce fait nous voyons aussi
qu'il faut croire pour comprendre et non comprendre pour
croire. De par cette déclaration, nous rejetons la
justification par le choix des Arminiens qui renversent
l'Évangile de Christ à leur perte, et nous affirmons la
justification par la foi seule en Christ.
|
|
2. L'Élection conditionnelle
|
2. Unicité de l’Élection inconditionnelle
|
|
Dieu a choisi certains individus avant la fondation du monde
pour qu’ils soient sauvés. Ce choix était motivé par le fait
que Dieu voyait à l’avance que ces individus répondraient à
son appel. Dieu savait qui seraient ceux qui librement
allaient croire à l’évangile; ce sont ceux-là qu’il a
choisis. L’élection fut donc déterminée ou conditionnée par
ce que l’homme ferait. La foi que Dieu voyait à l’avance et
qui motivait son choix n’était pas son don (elle n’était pas
créée par la puissance régénératrice du Saint-Esprit), mais
résultait uniquement de la volonté libre de l’homme. Il
appartenait entièrement à l’homme de déterminer s’il est élu
pour le salut. Dieu connaissait, et a choisi ceux qui, de
leur propre volonté libre, allaient choisir Christ. Ainsi,
c’est le choix de Christ de la part du pécheur, et non le
choix du pécheur de la par de Dieu, qui est la cause
ultérieure du salut.
|
Le caractère unique ou l’unicité de l’élection
inconditionnelle est que Dieu a choisi certains individus
avant la fondation du monde pour qu’ils soient sauvés. Ce
choix était uniquement motivé par sa propre volonté
souveraine, selon son bon plaisir, sans condition préalable
de la part du pécheur. Il n’a pas choisi certains pécheurs
parce qu’il prévoyait une réponse ou une obéissance de leur
part, comme la foi, la repentance, etc. Au contraire, Dieu
accorde la foi et la repentance à chaque individu qu’il a
choisi. Ces actes sont le résultat et non la cause du choix
de Dieu. L’élection ne fut donc pas conditionnées par
quelque qualité vertueuse ou quelque action prévue dans
l’homme. Ceux que Dieu a élus souverainement, il les amène
par la puissance de l’Esprit
à une réception de Christ comme Sauveur et Seigneur, cette
réception étant une abdication ou une démission de la
raison, entraîne une soumission entière à l’Évangile de la
Souveraineté de Dieu qui s’oppose au libre-choix et à
l’indépendance de celui qui reçoit l’appel irrésistible de
la grâce. L'homme est spirituellement mort et un mort n'a
pas la capacité de choisir. Ainsi, c’est le choix du pécheur
de la part de Dieu, et non le choix de Christ de la part du
pécheur, qui est la cause ultime du salut.
Sous-entendue que la reconnaissance de la divinité de Christ
comme Dieu manifesté dans la chair est une partie
essentielle du salut.
Des deux distinctions de la Prédestination: l’élection au
salut et la réprobation à la condamnation; nous voyons que
notre Dieu, le Seigneur Jésus-Christ, seule et unique
Personne divine et éternelle en Dieu, a non seulement choisi
les élus au salut avant la fondation du monde pour
manifester sa gloire, mais aussi les réprouvés aux peines
éternelles pour manifester sa justice. La chute et la
délivrance furent ainsi prédéterminé avant la fondation du
monde selon le bon plaisir de notre Dieu, et dont le but est
la formation d'une nouvelle race éternelle lors de son
deuxième avènement.
|
|
3. La Rédemption universelle ou expiatoire générale.
|
3. Logique du Rachat Limité ou la Rédemption particulière
qui est aussi l’Expiation Limitée.
|
|
L’œuvre rédemptrice de Christ a rendu le salut possible à
chacun, mais n’a véritablement assuré le salut de personne.
Quoique Christ soit mort pour tous les hommes, il n’y a que
ceux qui croient en lui qui soient sauvés. Sa mort rendit
Dieu capable de pardonner aux pécheurs à la condition qu’ils
croient, mais, elle n’a véritablement enlevé le péché de
personne. La rédemption ne devient effective que si l’homme
choisit de l’accepter.
|
Le processus logique de l’œuvre rédemptrice du sacrifice non
renouvelable de Christ était destiné à sauver les élus
seulement, et il leur a véritablement assuré le salut; ce
qui se nomme aussi le Rachat Limité. Il ne peut en être
autrement car tous les hommes de tous les âges seraient
sauvés. Sa mort
expiatoire et vicariale consistait à souffrir la peine du
péché à la place de certains pécheurs élus déterminés
(substitution). En plus d’enlever le péché des élus, leur
culpabilité et leur condamnation, la rédemption particulière
de Christ a assuré tout ce qui était nécessaire à leur
salut, incluant la foi qui les unit à lui. Le don de la foi
est infailliblement attribué à tous ceux pour lesquels
Christ est mort, garantissant ainsi leur salut.
Ce point fondamental nous indique que Dieu a un seul peuple
de disposés, non un peuple national, mais celui des élus ou
enfants de la promesse choisis d’entre tous genres d’hommes,
un peuple spirituel libre comme le vent de l'Esprit pour qui
Christ a donné sa vie en sacrifice.
|
|
4. Le pécheur peut vraiment résister au Saint-Esprit
|
4. L’Importance de la Grâce Irrésistible ou l'appel efficace
de l'Esprit
|
|
L’Esprit appelle intérieurement tous ceux qui sont
extérieurement appelés au moyen de la prédication de
l’évangile. Il fait tout ce qu’il peut pour amener chaque
pécheur au salut, mais vu que l’homme est libre, ce dernier
peut arriver à résister à l’appel de l’Esprit. L’Esprit ne
peut régénérer un pécheur tant que celui-ci n’a pas cru. La
foi (qui est la contribution de l’homme) précède et rend
possible la nouvelle naissance. Ainsi, le libre arbitre de
l’homme limite l’Esprit dans l’application de l’œuvre du
salut de Christ. Le Saint-Esprit ne peut attirer à Christ
que ceux qui le laissent agir en eux. Tant que le pécheur
n’a pas répondu, l’Esprit ne peut donner la vie. La grâce de
Dieu n’est donc pas invincible; elle peut-être opposée et
contrecarrée par l’homme.
|
Rien n’est plus crucial que la Grâce Irrésistible ou l’Appel
Efficace de l’Esprit.
En plus de l’appel général extérieur qui est fait à tous
ceux qui entendent l’évangile, le Saint-Esprit lance aux
élus seuls un appel intérieur spécial qui les amène
inévitablement au salut. L’appel extérieur (lancé à tous
sans exception) peut-être (et souvent est) rejeté. Mais
l’appel intérieur (qui lui n’est fait qu’aux élus) ne peut
être rejeté; il amène toujours à une conversion. Par cet
appel spécial, l’Esprit attire irrésistiblement les pécheurs
à Christ. Il n’est pas limité par la volonté de l’homme dans
son oeuvre d’application du salut, pas plus qu’il ne dépend
de la coopération de l’homme pour atteindre son but.
L’Esprit amène miséricordieusement le pécheur élu à croire,
à se repentir, et l'attire efficacement à se soumettre à
Christ. La grâce de Dieu est donc invincible; elle ne
faillit jamais dans l’atteinte de son but, i.e. le salut de
ceux à qui elle s’étend.
La conversion, fruit de l’élection, est l’évidence
extérieure de notre intégration au corps de Christ, ce que
l’Écriture nomme Baptême de l’Esprit et Baptême en la mort
de Christ, seul Baptême valide. Les dons miraculeux de
l’Esprit, désignés pour l’enfance de l’Église, cessèrent
avec la mort des apôtres et l’achèvement des écrits du
Nouveau Testament qui est l’accomplissement de la parfaite
révélation de l’amour de Dieu.
|
|
5. Déchoir de la grâce
|
5. La Persévérance des Saints ou l’Assurance du Salut
|
|
Ceux qui croient et qui
sont véritablement sauvés peuvent perdre leur salut en
échéant à conserver leur foi, etc. (Les arminiens ne
s’entendent pas tous sur ce point). Quelques-uns ont soutenu
la sécurité éternelle des croyants en Christ, i.e. une fois
qu’il est régénéré le pécheur ne peut jamais être perdu.
|
L’assurance du salut implique que tous ceux qui furent
choisis par Dieu, rachetés par Christ et auxquels l’Esprit a
donné la foi sont sauvés éternellement. Ils sont gardés dans
la foi par la puissance du Dieu tout-puissant et, par
conséquent, persévèrent jusqu’à la fin. Leur salut est donc
assuré et ne peut se perdre puisqu'il dépend de la
Souveraineté de Dieu et non d'une faculté humaine.
Dieu, Souverain de notre salut et de notre sanctification,
garde ses élus comme il garde sa Parole. De cela nous voyons
que la doctrine de la Persévérance est reliée
intrinsèquement à l’Inspiration Perpétuelle et à la
Préservation Providentielle des Saintes Écritures. De là est
issue la Bible des Réformateurs basée sur le Texte Reçu Grec
et traduit en langue française qui est la pure Parole de
Dieu dans toute son intégralité.
|
|
6.
L’évangile de la souveraineté de l’homme
|
6.
L’Évangile de la Souveraineté de Dieu
|
|
La Bonne Nouvelle ou
message de l’évangile est que l’homme pécheur a la capacité
de choisir par lui-même de croire en Christ, et de
l’accepter comme son Sauveur personnel. Le salut est
conditionnel à la foi que le pécheur exerce librement selon
sa propre volonté. Le pécheur est justifié par son choix, et
son obéissance est essentielle à son salut. La justification
par le choix engendre ainsi la justification par la foi
(renversant ainsi l'Évangile de la grâce). Le légalisme
(obéissance à la loi; plaire à Dieu par ses oeuvres, ou par
des rituels ou ordonnances) devient ainsi la marque
déterminante de la capacité de choisir qui est esclave de la
chair et du péché et le motif vital des ennemis de la croix.
|
Le message de la
puissance de la grâce souveraine est une Bonne Nouvelle pour
les élus et une méchante nouvelle pour les réprouvés. Les
élus n’acceptent point Christ d’une manière active, mais
reçoivent Christ d’une manière passive.
L’Évangile est une épée à deux tranchants, un qui donne la
vie éternelle et l’autre qui donne la mort éternelle. Dieu
est Souverain dans la présentation et l’effet du message, et
non point l’homme pécheur. Le salut est inconditionnel à la
foi car il provient de la prédestination avant la fondation
du monde. La foi n’est que le moyen déterminé par Dieu et
donné de Lui pour amener les élus à Christ. Le pécheur élu
est justifié par la foi qui lui a été donné d’avoir par la
Parole de Dieu, et cela de par son élection. Son obéissance
n’est pas essentielle à son salut, mais il marche
continuellement dans la soumission et l’application de sa
foi en Christ dans une confiance certaine engendré par le
Saint-Esprit. Celle-ci provient de l’œuvre que Dieu a
commencé en ses élus et qu’il rendra parfaite. La
justification par la foi annule complètement la
justification par le choix. La liberté (libre comme le
vent de l'Esprit) devient ainsi la marque déterminante de la
grâce et de l'amour de Dieu dans notre délivrance, et le
motif vital des élus dans leur séparation d'avec leurs
contraires.
|
|
CHAPITRE 3
TÉNACITÉ DE LA DÉPRAVATION TOTALE
A – L’esclavage de la volonté :
Par suite de la chute, l’homme par
lui-même est incapable de croire à l’évangile pour son salut. Le pécheur est
mort, aveugle et sourd aux choses de Dieu ; son cœur est tortueux et
méchant. Sa volonté n’est pas libre, elle est asservie à sa nature
pécheresse de sorte qu’il ne va pas (il ne peut même pas) choisir le bien au
lieu du mal dans le domaine spirituel. En conséquence, il faut plus que
l’assistance de l’Esprit pour amener un pécheur à Christ ; il faut la
régénération par laquelle l’Esprit donne la vie au pécheur et lui donne une
nouvelle nature de laquelle surgit la foi comme moyen de grâce. Dans Jean
3 :3, l’expression «né de nouveau» signifie littéralement «régénéré d’en
haut», indiquant que la régénération ou nouvelle naissance vient de Dieu et
non d’aucunes capacités de la volonté ou du choix de l’homme (Jean 1 :13).
La foi n’est pas la contribution de l’homme à son salut mais, est elle-même
une partie du don de Dieu pour le salut ; elle est le don de Dieu au pécheur
et non le don du pécheur à Dieu (Actes 13 :48; Philippiens 1 :29). La foi
est issue de la régénération et non la régénération de la foi. Plus
précisément, nous naissons de nouveau pour croire, nous ne croyons point
pour naître de nouveau, ce qui serait renverser l'Évangile de la grâce.
B - Source et profondeur de la dépravation:
Le résultat de la chute est la
dépravation ou la corruption totale. Par ceci est signifié que chaque partie
de l’homme est rendu corrompu. Les Canons de Dordrecht indiquent que l’homme
«est devenu renfermé dans l’aveuglement de l’esprit, dans une obscurité
horrible, dans la vanité, dans la perversion de ses jugements; est devenu
mauvais, rebelle, obstiné de cœur et de volonté et impur dans ses
affections.» Il n’y avait aucune partie de sa nature qui n’a pas été
affectée par le péché.
Or il est impossible à l’homme pécheur de
plaire à Dieu; dire autrement serait de la pure hypocrisie.
Même l’apôtre Paul dit « qu’il n’y a rien de bien dans sa chair » et
quoiqu’il reconnaisse le bien qu’il doive faire, il fait le mal qu’il ne
veut point faire (Rom. 7 :18,19). Il n’y a aucun doute selon les Écritures
que la dépravation de l’homme est totale et absolue.
Nous citerions aussi l’exemple de Lazare, l’ami de Jésus, qui mourut et que
le Seigneur ressuscita (Jean 11 :1-44).
Comme analogie, l’histoire de la mort et de la résurrection de Lazare nous
indique que l’homme, étant mort spirituellement, n’a aucun moyen de faire ce
qui est bien pour la gloire de Dieu, ni d’exercer sa capacité de choisir,
car il est mort et un mort n’a point la vie en lui. En d’autres mots, si
nous pouvons nous exprimer ainsi, la vie de l’homme en ce monde est une vie
de mort et non une vie d’entre les morts. Même aucun chrétien réel ne peut
prétendre plaire à Dieu par ses agissements ou ses oeuvres, car quoique nous
sommes sauvé en esprit, notre corps demeure toujours sous l’influence du
péché (Rom. 8 :10) et en subit les conséquences tout le temps de notre
existence.
La foi constante qui nous est donné d’avoir en Christ est le seul moyen
de plaire à Dieu, de faire l’œuvre de Dieu (Jean 6 :28,29).
C - La déviation de l’Humanisme :
L’Arminianisme est connu aussi sous le
terme de «Humanisme).
Une distinction qui est souvent faite est la distinction entre le motif
intérieur du cœur et son évidence extérieure. Certains maintiennent que
l’homme, quoiqu’il soit dépravé en ce qui concerne ses œuvres extérieures,
qu’il détient encore néanmoins une capacité considérable de faire le
bien. Il peut effectuer des œuvres qui sont extérieurement en harmonie avec
la loi de Dieu. Il ne vit pas une vie totalement adultère. Il ne tue pas
tous ceux qu’il rencontre sur la rue. Il est capable de conformer sa vie et
sa conduite d’une façon externe à la loi de Dieu et de faire de grands
biens, quoique intérieurement il soit corrompu. Les humanistes sont pleins
de tels exemples, et dans ce contexte ils sont fiers de citer la vie de
personnes notables comme Gandhi, Martin Luther King, sœur Thérèsa, et
plusieurs autres qui ont contribué à glorifier la nature humaine plutôt que
Dieu.
Ceci est une chose que les anciens de
Dordrecht n’ont jamais voulu dire. Ils ont parlé d’une dépravation totale et
absolue. Ils indiquèrent par cela que la nature de l’homme est autant
malsaine et pernicieuse qu’elle le fut depuis la chute. Et c’est exactement
ce que l’Écriture enseigne.
D - Les bontés naturelles sont
impuissantes :
Une autre distinction est faite entre ce
qui est nommé spirituellement bien et ce qui est naturellement bien. La
citation ci-dessus suggère également cette même distinction. Par ce qui est
spirituellement bien, ils établissent une base qui serait possible au salut.
Ceci est une tentative de l’homme à s’élever vers le ciel. N’est-ce pas la
même tentative que fit Lucifer (Ésaie 14 : 12-14).
Ceux-ci insistent sur le fait que, alors que l’homme est en effet incapable
d’un tel bien spirituel, néanmoins il est certainement capable de bien
naturel. Par bien naturel ils signifient quelque chose comme une bonté
externe qui est conforme à la loi de Dieu. Ceux qui maintiennent ceci nous
indiqueront que dans le monde dans lequel nous vivons, il se trouve
amplement de tels biens qui sont fait par plusieurs. Ainsi, voulant
obstinément se justifier par leurs œuvres, ils sont rejetés de la grâce de
Dieu (Gal. 5 :4).
E - L’homme est spirituellement mort
depuis sa naissance :
Quand Calvin et les anciens de Dordt
insistèrent sur le fait que la dépravation était totale, ils connaissaient
très bien la signification des mots. Ils signifiaient par l’expression
«dépravation totale» ce que l’Écriture appelle la mort. Le pécheur est mort,
c’est à dire «spirituellement mort». Du moment de sa naissance en ce monde,
il est un être dépourvu et entièrement ruiné spirituellement. Il n’est pas
malade. Il n’est pas affligé avec une maladie ou une malformation du code
génétique quelconque qui serait mortelle à son existence. Il est mort du
moment de sa naissance, un point c’est tout. Cet enseignement est souligné
fortement à travers les Écritures qui insistent sur la vérité immuable que
le pécheur est définitivement et complètement mort. Rien ne peut changer
cela, ni la science de l’homme, ni sa religion, ni sa capacité de choisir;
un mort est mort et ne peut se relever d’entre les morts de lui-même, il ne
peut croire de lui-même ni être sauvé de par sa propre volonté (Jean 1 :13).
Bref, il ne peut choisir de croire en Christ ni de l’accepter comme Sauveur
personnel, car il est mort et toutes ses dispositions et ses aspirations ne
sont que corruption. Toutes prétentions contraires viennent de l’esprit de
rébellion et d’indépendance en l’homme, et l’esprit de rébellion et
d’indépendance est un esprit de mort.
Ainsi nous arrivons inévitablement à la question que les disciples posèrent
à Jésus : « Qui donc peut-être sauvé ? Et Jésus, les regardant, leur dit :
Quant aux hommes, cela est impossible; mais quant à Dieu, toutes choses sont
possibles (Matt. 19 :25,26) ».
Ceci signifie que la nature humaine est tellement et complètement corrompue
par le péché qu’elle est incapable de produire quoique ce soit de bon. Il
n’y a rien que le pécheur peut faire qui est agréable dans à la vue de Dieu.
Son cœur est complètement mort. Salomon ne dit-il pas : «hors du cœur
procèdent les sources de la vie ?» (Prov.4 :23). Pourtant le cœur, qui est
la source de la vie de tout l’homme, est mort; et tout ce qui en procède
n’est que l’odeur de la mort. L’esprit de l’homme est mort, son raisonnement
est stagnant. Il est tellement obscurci par le péché que l’homme ne peut pas
avec son esprit savoir ce qui est bon spirituellement. Dans un sens formel,
il peut comprendre naturellement la vérité, mais il en saisit seulement que
le sens externe et non interne. Quand un homme pécheur lit les Écritures, il
peut comprendre la signification grammaticale des mots, mais non le sens
spirituel. Il peut comprendre les pensées dans ces mots et les raisonner
avec son esprit. Ce n’est pas le point. N’oublions pas qu’à l’origine le
péché de l’homme consistait à déclarer son indépendance en choisissant de
lui-même de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
C’est à dire qu’il avait déterminé de prendre sa vie en main, d’être le
maître de son destin en choisissant ce qui est bien ou ce qui est mal pour
lui-même dans sa vie au détriment de Dieu.
Cette capacité de sélectionner lui est demeurer, et il vit sa vie de
tous les jours en exerçant cette faculté de mille et une façons naturelles,
car telle fut sa condamnation : «…le sol sera maudit à cause de toi; tu en
mangeras les fruits avec peines tous les jours de ta vie» (Gen. 3 :17). Tous
les choix et les raisonnements de l’homme sont ainsi esclave de la chair et
de la corruption.
Son esprit est tellement rempli des ténèbres du mensonge qu’il ne s’y trouve
aucune place pour la vérité.
F - La condamnation des agissements de
tous les jours
Le même est vrai de la volonté de
l’homme. L’esclavage de sa volonté décrit clairement l’état de l’homme avec
précision : il est lié par le péché et en est son esclave. Il ne peut même
pas avoir la capacité de faire le bien (Rom. 7 :14-21). Le pécheur ne peut
même pas ce qui est bien, ni le veut-il. C’est sa nature. Il est mort. Un
homme mort peut-il penser ? Un homme mort peut-il vouloir ? Un homme mort
peut-il démontrer de la vie ? Un homme mort peut-il choisir d'accepter
Christ comme son Sauveur personnel ? L’homme est spirituellement mort et est
incapable de bien spirituel, car même le bien qu’il fasse est mal aux yeux
de Dieu puisqu’il est sous la condamnation depuis la chute. Tous ses
agissements naturels pour complaire à son existence de tous les jours sont
sans valeurs, car ils contribuent à élever la dignité de l’homme au-dessus
de la Souveraineté de Dieu, et tous sont teintés de la ténacité de la
dépravation totale de sa nature qui est esclave du péché et de la chair.
Bref, nos choix de tous les jours sont l’évidence de notre condamnation
depuis la chute (Gen. 3 :6).
CHAPITRE 4
UNICITÉ DE L’ÉLECTION INCONDITIONNELLE
A - L’Élection inconditionnelle ou la double prédestination
Le caractère unique ou l’unicité de l’élection inconditionnelle est que Dieu
a choisi certains individus avant la fondation du monde pour qu’ils soient
sauvés dans le but de manifester sa gloire, et selon la réprobation il a
prédéterminé les autres à la perdition, de les exclure de la grâce et de les
punir pour leurs péchés dans le but de manifester sa justice (Rom. 8 :28,29;
9 :22,23; Éph. 1 :4,5,11; 2 Tim. 1 :9; Prov. 16 :4; 2 Pi. 2 :9; Jude 4). Ce
choix était uniquement motivé par sa propre volonté souveraine (Rom.
9 :15,16,18; Éph. 1 :5; 2 Tim. 1 :9). Il n’a pas choisi certains pécheurs
parce qu’il prévoyait une réponse ou une obéissance de leur part, comme la
foi, la repentance, etc. Au contraire, Dieu accorde la foi, la repentance,
et la sanctification à chaque individu qu’il a choisi (Ac. 13 :48; Phil.
1 :29; 2 :13; 2 Tim. 2 :25). Ces actes sont le résultat et non la cause du
choix de Dieu (Phil. 1 :6). L’élection ne fut donc pas conditionnées par
quelque qualité vertueuse ou quelque action prévue dans l’homme (Rom.
7 :18). Ceux que Dieu a élus souverainement au salut avant même la fondation
du monde, il les amène par la puissance de l'appel irrésistible de l’Esprit
à recevoir Christ comme Sauveur et Seigneur (Jean 6 :68; 10 :3,4,27). Ainsi,
c’est le choix du pécheur de la part de Dieu, et non le choix de Christ de
la part du pécheur, qui est la cause ultime du salut (Jean 1 :12,13).
Le choix appartient à Dieu et non à l’homme.
B - Source et importance de l'Élection:
Il est évident que tous les Six Points du
Souverainisme sont d’une importance capitale. En effet, si n’importe quels
des Six Points du Souverainisme étaient niés, notre héritage spirituel
serait complètement perdu. Or il est certain que la vérité de l’Élection
Inconditionnelle est le solide fondation de chacun d’eux. Cette vérité est
la pierre angulaire de la foi biblique et chrétienne. C’est la base de la
vérité de Dieu au sujet de notre salut. C’est le cœur et le noyau mêmes de
l’Évangile de la Souveraineté de Dieu. C’est la base de toute la consolation
et de l’assurance du peuple de Dieu au milieu du monde. Elle seule inspire
dans les cœurs des fidèles l’espoir brûlant de la vie éternelle. Il n’y a
aucun doute que c’est précisément pour cette raison, qu’aucune autre vérité
dans toute l’histoire du christianisme, ne fut attaqué si vicieusement avec
consistance que la vérité de l’Élection Inconditionnelle. Mais aucun homme
ne peut jamais prétendre être Chrétien ou Souverainiste sans qu’il tienne
fermement son engagement envers cette vérité précieuse.
Nous sommes généralement portés à
retracer cette vérité de l’Élection Inconditionnelle au temps de la Réforme
de Calvin. Mais ce n’était pas Calvin qui était le premier pour développer
cette vérité. Or, tout comme avec la vérité de la Dépravation Totale, il en
est ainsi avec cette vérité. St. Augustin, qui vivait plus d’un millénium
passé, au cinquième siècle, en avait déjà parlé. En cela il reprenait
l'enseignement de l'apôtre Paul.
Mais le premier à parler d’elle ne fut nul autre que le Seigneur
Jésus-Christ Lui-même:
«... car il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus» Matt. 20:16 (Bible
Martin)
«Ce n'est pas vous qui m'avez élu, mais c'est moi qui vous ai élus...» Jean
15:16
«... il nous a élu en lui avant la fondation du monde...»
Eph. 1:4 (Bible Ostervald)
Dans les âges sinistres entre Augustin et Jean Calvin, nous trouvons que
très peu ont maintenu cette vérité avec l’accent qu’Augustin y avait placé.
Ce ne fut point avant la période de la Réforme Protestante que la vérité de
la prédestination souveraine fut amenée d’avant. Le Réformateur Martin
Luther l’a cru, l’a maintenu, et l’a enseigné avec emphase. Mais Luther ne
la fit jamais une partie intégrale de sa théologie. Le souci d’importance
capitale pour Luther était la vérité de la Justification par la Foi, et il
n’élabora point la vérité de la prédestination souveraine dans toutes ses
spécifications scripturaires. Ce travail a été effectué par Jean Calvin. Et,
en effet, s’il y avait une raison pour laquelle Calvin fut détesté, c’est
parce qu’il maintenait fortement la vérité de l’Élection Inconditionnelle
sans broncher. Toutefois cette
Réforme était une Réforme de l’Église, une Réforme Orthodoxe des
institutions et des structures de la foi dans un contexte religieux rigide,
ce qui était nécessaire pour ce temps.
Mais la Réforme des Derniers Temps est une Réforme Marginale, une Réforme de
la foi dans les cœurs et les foyers qui n’a aucune institution sauf la
famille, aucune forme sauf la Bible, et aucune loi sauf la loi de l’amour,
de la vérité, et de la liberté.
Ce fut dans la dernière partie du temps de la Réformation et au début du 17ème
siècle que cette vérité essentielle de l’Élection Inconditionnelle fut
attaquée par Arminius. Professeur de théologie à l’université Réformée de
Leyde, il avait étudié à l’Académie de Genève; mais néanmoins il répudia
ouvertement la vérité de la prédestination. Il n’est pas difficile de
comprendre pourquoi les Arminiens enseignent l’élection conditionnelle. Ils
ne croyaient point en la doctrine de la Dépravation Totale pour commencer.
Ils ont voulu préserver chez l’homme la liberté de sa volonté – la puissance
de la volonté de l’homme de choisir le bien, d’accepter librement l’offre de
l’Évangile selon son propre choix. Ce fut leur prétention que Dieu, de sa
part, aimait tous les hommes, et que la haine et la colère furent étrangère
à la nature de Dieu, et que c’était l’intention et le désir de Dieu de
sauver tous les hommes, et qu’ainsi, Dieu rendit le salut disponible et
accessible à tous les hommes par le rachat universel – une croix universelle
sur laquelle le Christ est mort pour les péchés de tous les hommes. Mais il
est clair que dans un système tel que celui proposé par les Arminiens, qu’il
n’y a aucune place pour l’Élection Inconditionnelle. Tandis que les
Arminiens cherchaient à maintenir le langage Réformé et scripturaire en
parlant de l’élection, ils tranchèrent le cœur de cette vérité importante et
merveilleuse en insistant sur le fait que l’élection est conditionnelle.
Dieu choisit ceux qu’il sait d’avance vont croire, disent les Arminiens.
Dieu a élu ceux qu’il sait accepteront de leur propre choix l’Évangile qui
leur est offert. Dieu a élu ceux qu’il sait accepteront l’Évangile par un
acte de leur propre volonté et qui persévéreront également de cette manière
dans l’Évangile et garderont par eux-mêmes cette foi qu’ils ont exercée.
L’élection devient ainsi basée sur l’œuvre de l’homme et non sur la
souveraineté de Dieu. Ainsi, faisant de la foi une faculté intellectuelle et
du salut une décision personnelle, l’homme demeure le maître de son destin
et la dignité de l’homme est préservée au détriment de la vérité. La
JUSTIFICATION PAR LE CHOIX et non LA JUSTIFICATION PAR LA FOI devient ainsi
l’essence de l’élection conditionnelle de l’Arminianisme. N’est-ce pas une
répétition des évènements qui se produisirent dans le jardin d’Eden quand la
femme fut tentée par Satan d’utiliser son libre choix afin de déclarer son
indépendance pour qu’elle et son mari deviennent comme des dieux ? Il n’y a
rien de nouveau sous le soleil, nous dit l’Ecclésiaste.
L’élection est donc ce décret de Dieu par lequel, d’une liberté souveraine,
il choisit un seul peuple pour lui-même dans lequel il détermina de mettre
son amour, et lequel il délivra du péché et de la mort par Jésus-Christ,
pour participer à sa gloire éternelle. Il est important de spécifier que
Dieu a un seul peuple de disposés au salut, non un peuple national, mais
celui des élus qui est appelé irrésistiblement d’entre tous genres d’hommes.
Cette élection est souveraine, elle est le choix souverain et libre de Dieu.
Cette élection est éternelle tout comme le conseil de Dieu est éternel.
Cette élection est inchangeable tout comme le conseil de Dieu est
inchangeable. Cette élection est efficace de sorte que le décret de
l’élection lui-même soit, par Christ, la puissance par laquelle les élus
sont sauvés réellement.
En changeant l’élection inconditionnelle
pour une élection conditionnelle, le cœur de la vérité du salut est détruit
parce que la puissance de la grâce souveraine est reniée comme puissance par
laquelle Dieu sauve ceux qu’il a choisis de lui appartenir éternellement. La
rédemption particulière ou rachat limité est ainsi rejeté, quoiqu’on
enseigne cette vérité sur chaque page de l’Écriture. Conséquemment la
dépravation totale est rejetée aussi et à l'inverse plusieurs choses
louables sont trouvées en l’homme, dont la principale est sa capacité de
coopérer dans l’œuvre du salut. C’est l’élection conditionnelle qui prépare
le terrain pour toutes les autres hérésies. Tout entre en ligne de compte.
Le choix de Dieu n’est donc plus souverain, mais dépend de ce que l’homme
fera avec le salut que Dieu lui offre affectueusement, mais qui ne lui
appartiendra pas s’il ne l’accepte ou le rejette par son propre pouvoir.
C - La vérité de la Réprobation:
Dans ce contexte, nous devons mentionner
aussi la vérité de la Réprobation. En premier lieu, on doit souligner que la
vérité de l’élection et de la réprobation se tiennent ou tombent ensemble.
Nier l’élection est de nier la réprobation. Nier la réprobation est de nier
l’élection. Croire en l’élection est de croire en la réprobation. Croire en
la réprobation est de croire en l’élection. Il n’y a aucun compromis sur ce
point. Calvin a une très belle citation sur ce sujet dans ses Instituts.
Il écrit dans le Livre III, Chapitre XXIII, Para. 1 :
«Plusieurs, en effet, comme s’ils
voulaient éviter la haine de Dieu, admettent l’élection d’une telle façon à
nier que certains sont réprouvés. (C’est le cas de la grande majorité des
Baptistes et des mouvements dits Évangéliques qui se refusent l’appellation
de Arminiens.) Mais ceci est puéril et absurde, parce que l’élection
elle-même ne pourrait pas exister sans avoir son opposée dans la
réprobation. Dieu sépare ceux qui sont sauvé de ceux qui sont perdu. Ceux
que Dieu laisse de côté il les réprouve, et cela pour aucune autre cause que
sa détermination de les exclure de l’héritage qu’il a prédestiné pour ses
enfants. Or l’irritabilité des hommes est intolérable, si elle refuse d’être
retenue par la Parole de Dieu qui traite de son conseil incompréhensible,
adorés par les anges eux-mêmes. »
Le décret de Dieu sur la réprobation est
également un décret de son conseil souverain, éternel et inchangeable. Selon
ce décret dans lequel nous voyons que la Chute fut prédéterminée d’une
manière absolue, Dieu détermina de révéler sa justice, sa colère, et sa
haine du péché, et de cette façon la sainteté de son propre être divin, dans
des vaisseaux de colère préparés pour la destruction et punis éternellement
dans l’enfer en raison de leurs péchés.
Il n’est pas du tout étrange que cette
vérité de la double prédestination soit niée presque universellement.
Aujourd'hui il est évident que ceux qui adoptent la position Arminienne ne
parlent plus aucunement de la prédestination. Cette vérité divine, longtemps
négligée, ne se retrouve plus dans le christianisme moderne apostasié, car
l’Arminianisme n'a pas de place pour la prédestination, ni désirent-ils la
reconnaître. Et quand ils lui donnent quelques assentiments prétentieux, ce
n’est que pour en torde le sens à leur propre perte, confirmant ainsi leur
réprobation sans qu’ils le réalisent.
Plusieurs nient la vérité de la double
prédestination en soulevant des objections contre la doctrine. Ces
objections sont aussi anciennes que la doctrine elle-même. Les mêmes
objections que nous entendons aujourd'hui ont déjà été formulées aux jours
d'Augustin - en effet, aux jours même de l’apôtre Paul. Une catégorie de ces
objections se résume en une charge de fatalisme. Il est dit que la vérité de
la double prédestination est fataliste et qu'elle est semblable à l’horrible
doctrine de l’Islam. Mais l’Islam n’a aucune place dans sa théologie pour un
Dieu d’amour, ni pour un Rédempteur.
Ces objections, qui proviennent surtout des mouvements Évangéliques et
Œcuméniques, veulent signifier que la vérité de la double prédestination
rend les hommes négligents et en fait des pécheurs profanes. Cette doctrine
réveille chez les hommes l’affirmation: "laissez-nous péché que la grâce
surabonde." Cette doctrine force les hommes à dire: "Si je suis un élu, je
vais aller au ciel que ce soit quoique je fasse
- même si je commets les péchés que je désire faire. Ainsi je
m'amuserai dans cette vie, parce que mon péché ne peut pas changer mon
élection. Et, d'autre part, si je ne suis pas un élu, je n’irai pas au ciel
même si je vis une bonne vie. Par conséquent j'irai sûrement en enfer si je
suis un reprouvé quoique je vive saintement. Donc, je suis aussi bien jouir
de la vie et péché autant que possible. Rien ne peut changer la
détermination éternelle de Dieu." Ainsi, il est dit, la doctrine de la
double prédestination selon la Souveraineté de Dieu détruit la
responsabilité de l’homme et la raison de son existence, et fait de lui
qu’un stock vendu aux enchères.
Cet enseignement de la Réprobation ne
peut être accepté par ceux qui cherchent à se justifier devant Dieu par leur
conduite ou leurs mérites. Ainsi ils soulèvent contre Dieu l'accusation
d'être injuste, comme si Dieu leur devait le Salut éternel, malgré leur
rébellion. Ceci ne se justifie nullement, nous dit A.R. Kayayan, "Révélation
et Connaissance du Salut". «On pourrait parler d'injustice de Dieu si
l'homme pouvait avoir une quelconque prétention par rapport à Dieu.
Mais la situation est totalement autre. Car tous les hommes, sans
exception, ont abandonné Dieu pour s'adonner au péché. Personne n'a le droit
de contester Dieu pour son élection ou sa réprobation. Dans le
contexte de la Prédestination, Dieu serait injuste s'il n'avait pas appelé
les élus au salut (Mat.20:14,15; Rom.9:14,15). La doctrine du Salut par la
Grâce est nulle autre que la doctrine de la Prédestination qui comporte deux
parties: l'Élection et la Réprobation. La doctrine de l'élection laisse
entendre, naturellement, que Dieu n'a pas choisi ou élu tout le monde pour
être sauvé. S'il a décidé de sauver les uns, il a aussi décidé de réprouver
ou de ne pas sauver les autres. La réprobation peut être définie comme «le
dessein éternel de Dieu d'exclure certains hommes de sa grâce spéciale pour
les punir à cause de leurs péchés pour manifester sa justice».
Plusieurs faux chrétiens s'opposent avec
véhémence à la doctrine de la Réprobation, prétendant qu'elle n'est pas
enseignée dans les Écritures. Mais la Parole de vérité renverse leur faux
raisonnement: "Car avant que les enfants fussent nés, et qu'ils eussent fait
ni bien ni mal, afin que le dessein arrêté selon l'élection de Dieu
demeurât, non point par les oeuvres, mais par celui qui appelle, il lui fut
dit: le plus grand sera asservi au moindre. Ainsi qu'il est écrit: J'ai aimé
Jacob, et j'ai hais Ésaü. Que dirons-nous donc? Y a t'il de l'iniquité en
Dieu? A Dieu ne plaise!" (Rom.9:11-14); "Et qu'est-ce si Dieu, en voulant
montrer sa colère, et donner à connaître sa puissance, a toléré avec une
grande patience les vaisseaux de colère, préparés pour la perdition; et afin
de donner à connaître les richesses de sa gloire dans les vaisseaux de
miséricorde, qu'il a préparé pour la gloire" (Rom.9:22,23); "L'Éternel a
fait tout pour soi-même, et même le méchant pour le jour de la calamité"
(Pro.16:4); "La Pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, est devenue la
Pierre maîtresse du coin, une Pierre d'achoppement, et une Pierre de
scandale; lesquels ceux-ci se heurtent contre la Parole, et sont rebelles; à
quoi aussi ils ont été destiné" (1 Pi.2:7,8); "Car quelques-uns se sont
glissés parmi vous, qui dès longtemps auparavant ont été écrits pour une
telle condamnation; gens sans pitié, qui changent la grâce de notre Dieu en
dissolution, et qui renoncent le seul dominateur Jésus-Christ, notre Dieu et
Seigneur" (Jude 4; Version Martin).
D'autres qui suivent la Théologie
Libérale de Karl Barth, comme nous voyons chez les sectes Baptistes du
Québec (SEMBEQ), prétendent que la Réprobation dépend uniquement de l'homme
qui rejette la révélation de Dieu en Christ; doctrine qui est appuyé sur le
libre choix de l'individuel, et que nous avons démontré être fausse. Selon
Daniel G. Reid, " Dictionary of Christianity in America", la Théologie
Libérale de Karl Barth (1886-1968) avec son nouveau modernisme, exerça un
impact considérable sur le Protestantisme Américain et sur le mouvement
évangélique; mais elle fut rejetée par le grand théologien Réformé Cornélius
Van Til comme une perversion de la vérité. On ne peut donc point s'étonner
de voir ce poison s'infiltrer dans tous les adeptes du libre choix qui
prétendent être chrétiens, au détriment de la vérité biblique.
CHAPITRE 5
LOGIQUE DU RACHAT LIMITÉ
A - La Rédemption particulière ou expiation limitée :
L’œuvre rédemptrice de Christ était
destinée à sauver les élus seulement, et elle leur a véritablement assuré le
salut. Sa mort consistait à souffrir la peine du péché à la place de
certains pécheurs déterminés (substitution). En plus d’enlever le péché des
élus, la rédemption de Christ a assuré tout ce qui était nécessaire à leur
salut, incluant la foi qui les unit à lui. Le don de la foi est
infailliblement attribué à tous ceux pour lesquels Christ est mort,
garantissant ainsi leur salut.
B - Le salut est limité aux élus seulement:
Il nous faut préciser que c’est dans
cette vérité de la Rédemption Particulière que la doctrine de l'élection
souveraine (et, en fait, la prédestination souveraine avec ses deux aspects
d'élection et de réprobation) viennent en perspective. La croix est la
réalisation et la révélation objectives du but de la prédestination de Dieu.
Voici ce que disent les Canons de Dordrecht: VIII:
«Car tel a été le très libre conseil et
la très favorable volonté et intention de Dieu le Père, que l'efficacité
vivifiante et salutaire de la mort très précieuse de son Fils s'étendit à
tous les élus, pour leur donner à eux seuls la foi justifiante, et par elle
les amener infailliblement au salut. Autrement dit, Dieu a voulu que
Jésus-Christ, par le sang de la croix (par lequel il a confirmé la nouvelle
alliance), rachetât efficacement du milieu de tout peuple, de toute nation
et de toute langue, tous ceux, et ceux-là seulement, qui de toute éternité
ont été élus au salut, et lui ont été donnés par le Père; qu'il leur donnât
la foi, qu'il leur a, aussi bien que tous les autres dons du Saint-Esprit,
acquise par sa mort; les purifiât par son sang de tout péché et originel et
actuel, commis tant après qu'avant la foi; les conservât fidèlement jusqu'à
la fin, et finalement les fît comparaître devant lui, glorieux, sans aucune
tache ni souillure.»
Il est clair, selon les Écritures, que le
salut est limité aux élus. La logique de ceci est évidente, car autrement
tout le monde serait sauvé et nous tomberions dans l’hérésie d’un salut
universel. L’œuvre rédemptrice de Christ était destinée à sauver les élus
seulement, et elle leur a véritablement assuré le salut. Sa mort consistait
à souffrir la peine du péché à la place de certains pécheurs déterminés
(substitution). En plus d’enlever le péché des élus, la rédemption de Christ
a assuré tout ce qui était nécessaire à leur salut, incluant la foi qui les
unit à lui. Le don de la foi est infailliblement attribué à tous ceux pour
lesquels Christ est mort, garantissant ainsi leur salut. En posant la
question de la portée de la rédemption, nous sommes au cœur de l'Évangile,
non seulement dans le sens théologique, mais aussi dans le sens pratique. La
grâce de Dieu sera-t-il mis en échec par le choix de l'homme dont la volonté
est esclave du péché ? Christ est-il mort en vain ? Un faux pas dans
ce domaine arrive à changer tout le sens de l'Évangile. La rédemption
particulière est le message le plus important de toute l'Écriture; le
modifier pour le soumettre au libre arbitre illusoire de l'homme conduit à
une métamorphose de toute la doctrine biblique. Changer le sens de
l'adjectif "particulier" ou "limitée" et le sens du mot "rédemption" se
trouve aussi changé. Et quand on modifie le sens de la rédemption acquise à
la croix, le sens de l'élection, du péché, de la grâce et de la persévérance
sont tous changés ! Nous aboutirions ainsi avec une foi différente, un
Sauveur différent et un Dieu différent !
N’est-ce pas ce que nous voyons présentement dans le christianisme
moderne, particulièrement dans les mouvements Évangéliques qui changent le
sens de l’Évangile en attribuant à l’homme la capacité de choisir son salut?
C - L’Alliance divine :
Il nous faut donc distinguer dans
l’Alliance entre Dieu et les hommes, l’alliance dite de création, ou
alliance adamique, conclue avec Adam et, à travers lui, avec l’humanité tout
entière – il en sera de même avec l’alliance avec Noé (Gen 9) –, et
l’alliance de rédemption, conclue entre le Père et le Fils qui est son
enveloppe visible. Dans cette alliance, Dieu sauve efficacement tous ceux
qu’il a décrétés de donner à son Fils en héritage, c’est-à-dire tous ceux
qui furent prédestinés et choisis au salut avant la fondation du monde et
pour lesquels Christ est mort (Jean 17 :6 ; Rom. 8 :29). Si l’alliance de
création a été conclue avec tout le genre humain, et est, à ce titre,
universelle (grâce commune), l’alliance de grâce – expression historique de
l’alliance de rédemption – n’a quant à elle été conclue qu’en faveur des
élus, et ce, en vertu de la pure grâce de Dieu et de son bon plaisir, et
sans aucune considération de leurs œuvres (Rom 9). Il s’ensuit donc qu’il y
a un amour particulier de Dieu pour les élus, distinct de l’amour qu’il
porte pour la création en général. L’amour paternel de Dieu pour ses enfants
est particulier : c’est un amour électif qui s’exprime par le pardon
accordé aux seuls élus qui ont été donnés de recevoir l’Évangile de la
Souveraineté de Dieu dans leur vie. Dieu aime comme un père ceux qu’il a
unis à son Fils (Jean 17 :23 ; Rom 8 :15-16).
La portée de l’œuvre de la croix va bien
au-delà de sa réalisation présente : elle ne sera pleinement manifestée
qu’au retour du Christ. C’est le “ déjà-pas encore ” du Royaume de Dieu : le
salut est “ déjà ” réalisé dans la vie de tous ceux qui croient, et
cependant, il n’est “ pas encore ” manifesté dans toute sa plénitude. La
création tout entière est ainsi appelée à connaître, lors de la parousie ou
de l’apparition finale de Christ, une véritable transfiguration, dont la
résurrection des corps ne constitue que l’un des aspects.
Réalisons que le mot «Alliance» signifie
la même chose que le mot «Mariage».
Or Christ a-t-il accepté de mourir pour une épouse qu'il ne connaît
pas, se mariera-t-il avec quiconque le choisira? Cette double question situe
bien le sujet. La volonté de Christ est-elle de sauver les siens ou de
proposer le salut à une hypothétique volonté humaine? La doctrine de la
Rédemption Particulière a pour seul objet de préciser pour qui le Père a
livré son Fils à la mort et pour qui le Christ s'est donné afin de le
délivrer. En général, les réformés font leur la phrase d'Augustin relative à
la rédemption: "suffisante pour tous, efficace pour les élus". Ceci indique
que la dignité et la valeur de la croix sont suffisantes pour tous les
hommes, mais que, selon le décret éternel de la volonté divine, cette oeuvre
ne s'applique concrètement qu'au peuple de Dieu élu de toute éternité. La
suffisance de l'œuvre n'est pas révélatrice de la volonté de sauver tous les
hommes, car son aspect et son application sont clairement limité aux élus et
non au monde entier. CHRIST EST MORT POUR SES ÉLUS SEULEMENT ET NON POUR
TOUS LES HOMMES.
C'est dans le contexte de l'alliance
divine qu'il nous est possible de comprendre l'origine, la nature et les
conséquences de la mort de Christ. En sortant de la doctrine de l’Alliance
de la grâce souveraine, l'Arminianisme oppose Dieu et l'homme en se
concentrant sur la question de la capacité de la volonté humaine, ce qui a
tendance à élever la dignité humaine au niveau de la divinité. L'erreur des
Arminiens est de faire du repentir et de l'ouverture du cœur les conditions
du don de la grâce. Autrement dit, ils placent la conversion avant la
régénération et confondent les deux. L'homme aurait-il si peu que ce soit de
chaleur spirituelle? Non. Il a la température d'un cadavre, et c'est Dieu
qui descend dans la mort pour conférer la vie aux pécheurs élus.
D - Le désespoir de l’autosuffisance:
Aucun pécheur ne peut, par nature, se
donner à Christ. La tâche douloureuse du message proclamé par les élus est
de le dire. L'Arminien objectera que l'homme, certes, est pécheur, mais que
ceci ne l'empêche pas de venir à Christ. Il est tentant de s'exprimer ainsi
dans notre marche chrétienne de tous les jours. Mais l'Évangile avertit
qu'un être humain ne peut pas venir à Christ et l'accepter. Il en est
entièrement incapable. A cet égard, sa situation spirituelle est sans
espoir. Or, paradoxalement, c'est précisément là que le pécheur conscient
trouve son espérance. Il faut insister en précisant que nous avons à noyer
notre autosuffisance jusqu'à ce que nous reconnaissions le caractère
désespéré de notre situation et notre manque de toute aide pour en sortir.
Lorsque quelqu'un perçoit nettement la tragédie qu'il y a à être pécheur en
présence du Dieu saint, le miracle de la grâce sera, pour lui, de croire
qu'il est pardonné et accepté par le Seigneur. Le pécheur dépend de Dieu
seul pour son salut.
La prédication de l'Évangile de la
Souveraineté de Dieu enferme donc le pécheur avec Jésus-Christ, afin qu'il
comprenne qu'il n'y a aucune espérance, aucun recours sauf en Christ
lui-même, et qu'il en vienne à crier "Mon Dieu, je suis désespéré, sauve-moi
par ta grâce!" Il se reconnaît incapable de se sauver et il sait
intérieurement que son salut dépend de Dieu. Tel est le moteur, la
conviction, qui le pousse vers Christ. Le geôlier de Philippes, en demandant
"Qu'est-ce que je dois faire pour être sauvé?" n'a nullement la pensée qu'il
puisse faire quelque chose de positif. Il se sait perdu. C'est pourquoi il
faut affirmer qu'il y a dix mille fois plus d'espérance dans le Calvinisme,
c’est à dire dans le Souverainisme, que dans l'Arminianisme qui estime que
tous peuvent être sauvés si du moins ils le veulent bien. A la différence,
pour le Souverainisme: le pécheur est un cadavre... mais Christ est la
résurrection et la vie, et son appel à renaître est irrésistible envers ceux
qu'il a choisi dans son Conseil divin éternel.
CHAPITRE 6
IMPORTANCE DE LA GRÂCE IRRÉSISTIBLE
A - L’appel efficace de l’Esprit ou la grâce irrésistible :
Rien n’est plus crucial que la Grâce Irrésistible ou l’Appel Efficace de
l’Esprit sans laquelle personne ne peut venir à Christ.
En
plus de l’appel général extérieur qui est fait à tous ceux qui entendent
l’évangile de la Souveraineté de Dieu, le Saint-Esprit lance aux élus un
appel intérieur spécial qui les amène inévitablement au salut (Matt. 20 :16;
22 :14; Jean 10 :27 ; 15 :16,19). L’appel extérieur (lancé à tous sans
exception) peut-être (et souvent est) rejeté des réprouvés (Jean 8 :47; Héb.
4 :2). Mais l’appel intérieur (qui lui n’est fait qu’aux élus) ne peut être
rejeté ; il amène toujours à une conversion. Par cet appel spécial, l’Esprit
attire irrésistiblement les pécheurs élus à Christ. Il n’est pas limité par
la volonté de l’homme dans son oeuvre d’application du salut (Jean
1 :12,13), pas plus qu’il ne dépend de la coopération de l’homme pour
atteindre son but (Rom. 9 :18). L’Esprit amène miséricordieusement le
pécheur élu aux pieds de la croix, l’incite à s'abandonner à Celui qui s'est
donné comme son substitut, et lui donne la repentance et la foi en Christ
pour qu'il reçoive gratuitement le salut de son âme (Éph. 2 :8,9). La grâce
de Dieu est donc invincible ; elle ne faillit jamais dans l’atteinte de son
but, i.e. le salut de ceux à qui elle s’étend (Ac. 13 :48; 16 :14,31;
18 :27).
La conversion, fruit de l’élection, est
l’évidence extérieure de notre intégration au corps de Christ, ce que
l’Écriture nomme Baptême de l’Esprit (1 Cor. 12 :13) et Baptême en la mort
de Christ (Rom. 6 :3,4). En relation avec le Baptême de l’Esprit, spécifions
que les dons miraculeux de l’Esprit (langues, interprétations, prophéties,
guérisons, exorcismes), désignés pour l’enfance de l’Église, étaient des
signes de l’apostolat (Marc 16 :14,17,18; Ac. 5 :12; 2 Cor. 12 :12) des
apôtres et cessèrent (1 Cor. 13 :8) avec la mort de ceux-ci, en conjonction
avec l’achèvement des écrits du Nouveau Testament qui est l’accomplissement
de la parfaite révélation de l’amour de Dieu (1 Cor. 13 :9-13).
B - L'efficacité de l'Appel à la séparation:
L'effet attendu et certain de l'élection
est ce qui est nommé "l'appel efficace" de la Grâce qui nous sépare de la
mort du péché et nous rend la vie en Jésus-Christ. Cette efficacité de
la marginalisation phénoménale de la Grâce, qui est littéralement un
miracle, se nomme aussi "la régénération ou la nouvelle-naissance, la
circoncision spirituelle, le Baptême de l’Esprit, et la première
résurrection" (Jean 3:3-8: Rom. 2:29; Col. 2:11-13; Jean 11:25,26;
Apo.20:5). Un théologien Réformé nous dit: «Dieu appel tous les êtres
humains à reconnaître son existence à travers la nature, l'histoire, et leur
conscience. Mais cet appel est externe et ne produit point la connaissance
du Salut ni la foi en Jésus-Christ. Ainsi "Plusieurs sont appelés, mais peu
sont choisi". L'appel efficace est différencié de l'appel général, en ce
qu'il fait renaître comme enfant de Dieu le pécheur perdu qui fut élu, et le
rend participant de la vie éternelle en Jésus-Christ.»
Cet appel efficace est non seulement une
invitation, mais une action dynamique du Saint-Esprit qui nous introduit
dans une relation vivante avec Jésus-Christ. Le mot "appel", (qui
malheureusement est traduit souvent par "vocation" dans plusieurs versions
de la Bible), est généralement utilisé comme signifiant seulement "une
invitation"; mais dans les Épîtres ce mot est utilisé dans le sens "de
commander", et en même temps "de produire, de provoquer, d'occasionner
d'être". En ce sens, cela nous indique que le mot "appel" porte la même
signification que celle de "Créer". Ceci est approprié dans le sens
que "naître de nouveau" signifie "être créé de nouveau":
"Car nous sommes son ouvrage, étant créés
en Jésus-Christ" (Eph.2:10); "Si donc quelqu'un est en Christ, il est une
nouvelle créature; les choses anciennes sont passées: voici toutes choses
sont faites nouvelles" (2 Cor.5:17).
C'est pour cette raison que la
résurrection de Lazare est le modèle par excellence du chrétien né de
nouveau. Ainsi dans les ÉpÎtres "être appelé" signifie "être disposé au
Salut par la Grâce", dont l'effet est une action divine par laquelle
l'aveuglement spirituel du pécheur est enlevé, afin que le Seigneur
Jésus-Christ soit perçu et embrassé comme le seul vrai Sauveur et Fils de
Dieu. L'intelligence de l'élu est ainsi libérée de l'esclavage du péché et
de l'ignorance spirituelle qui formèrent une barrière impénétrable entre lui
et le Seigneur Jésus. Cet appel, qui est irrésistible, n'enlève point la
responsabilité du croyant (1 Tim. 6:12) qui doit constamment placé sa foi en
Christ par la puissance de l’Esprit qui l’habite; mais lui donne toujours la
puissance de le suivre sous ses directions, lui accordant aussi l'assurance
nécessaire pour son futur:
"Or le Dieu de paix lui-même vous
sanctifie entièrement; et que votre esprit, votre âme, et votre corps tout
entiers, soient conservés sans reproche en la venue de notre Seigneur
Jésus-Christ. Celui qui vous appelle est fidèle; c'est pourquoi il fera ces
choses en vous" (l Thess. 5:23,24).
Subjectivement, nous dit le grand
Théologien Louis Berkhof, l'union entre Christ et le croyant est produite
par le Saint-Esprit d'une manière mystérieuse et surnaturelle; et pour cette
raison elle est généralement désignée comme "l'union mystique". Cette union
fait partie de l'Alliance de la Rédemption qui est la base de l'Alliance de
la Grâce. Dans ce Conseil de Paix, Christ prit volontairement sur lui-même
d'être la Tête et l'Assurance des élus. Ainsi il fut destiné à constituer
une nouvelle humanité, et établir la justice des élus devant Dieu en payant
la pénalité pour leur péché; assurant ainsi leur droit à la vie éternelle.
Dans cette Alliance éternelle le péché des élus fut imputé, c'est à dire
"attribué" à Christ; et la justice de Christ fut attribuée aux élus.
C - La reproduction de Christ :
Cette imputation de Christ est
représentée dans l'Alliance de la Rédemption comme étant une justification
de toute éternité, sur laquelle est basée la justification par la foi.
Puisque le croyant est une nouvelle créature et est justifié seulement en
Christ, ceci veut dire que notre union avec lui vient avant notre
régénération et notre justification par la foi; quoique chronologiquement,
le moment où nous sommes unis à Christ est aussi le moment de notre
régénération et de notre justification. Par cette union les croyants sont
changés ou transformés en l'image de Christ comme il fut dans sa nature
humaine. En un sens, Christ occasionne dans ses élus une reproduction de
lui-même, et ils subissent une répétition des événements de son ministère.
Non seulement objectivement, mais aussi dans un sens subjectif; ils
souffrent, portent leur croix, sont crucifiés, meurent, et ressuscitent dans
une nouvelle vie avec Christ. Ainsi ils partagent, en une certaine mesure,
les expériences de leur Seigneur; sans que leur personnalité distincte soit
intégrée en une seule ! De ce fait, le pécheur élu devient conscient de sa
position en Christ par la puissance du Saint-Esprit; et ressent le besoin de
dépendre sur Christ dans le plus profond de lui-même. Ce sentiment
l'empêche de se glorifier. C'est en ce sens qu'un disciple devient un
témoin de Christ véritable, car le mot "Témoin", du Grec "MARTURION" (d'où
nous avons le mot Martyr), signifie aussi "re-présence"; donc chaque élu est
non seulement un représentant, mais une re-présence du Seigneur Jésus qui
habite en lui par son Esprit.
D - Le Renoncement :
L'appel efficace engendre instantanément
une marginalisation ou séparation d'un état d'être à un autre. Ceci est la
phase objective de la Grâce qui opère sa puissance de transformation dans
les profondeurs secrètes du cœur de l'homme. Mais subjectivement elle fait
surgir dans la conscience de l'homme pécheur le besoin de renoncement, de
repentance, et de conversion; et lui donne la puissance d'exécuter sous sa
direction ces choses par le moyen de la foi en Christ comme don gratuit. Le
Salut ne consiste donc pas à «accepter Christ comme son Sauveur personnel»,
comme exercice du libre choix; mais à renoncer à soi-même, c'est à dire
abandonner sa vie et tout ce qu'elle contient entre les mains de Celui qui
est seul digne de toute confiance:
"Puis il disait à tous: Si quelqu'un veut
venir après moi, qu'il renonce à soi-même, et qu'il charge de jour en jour
sa croix, et me suive" (Lc.9:23); "Et quiconque ne prend pas sa croix, et ne
vient après moi, n'est pas digne de moi" (Mat.10:38); "
... il ne, peut être mon disciple" (Lc.14:27).
Cet enseignement essentiel de Jésus est
la clé par laquelle nous le recevons:
"Celui qui vous reçoit, me reçoit; et
celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé" (Mat.10:40).
Ce renoncement est l'effet extérieur de
la Grâce intérieure par laquelle l'homme engage sa conscience sous la
direction de l’Esprit dans un champ d'action précis. Son engagement n'a donc
aucun mérite puisqu'il est attiré par la Grâce à agir ainsi:
"Tous ceux que le Père me donne viendront
à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi" (Jean 6:37).
Cet enseignement crucial sur la Grâce
irrésistible et particulière, nous indique aussi que le renoncement initial
au Salut produit conséquemment une vie de renoncement qui est décrite comme
"porter sa croix"; c'est à dire, le fardeau de combattre contre les
affections de la chair par la puissance de l'Esprit de Christ en nous (Rom.
8:7,13,14), et de nous opposer contre les puissances de ce monde de ténèbres
(Éph. 6 :12) qui dominent tous les niveaux de la vie sociale.
Le renoncement au Salut comporte deux
éléments essentiels qui sont des termes contractés dans l'Alliance de la
Grâce, à savoir: la repentance et la conversion:
"Repentez-vous donc et convertissez-vous,
pour que vos péchés soient effacés" (Ac.3:19).
Berkhof nous dit que la traduction de
"Metanoia" par le mot "repentance" ne fait pas justice au sens original qui
inclut une opposition consciente à une condition antérieure. Il indique un
changement intellectuel et moral par un acte de foi destiné à produire un
effet. La traduction la plus précise que nous pouvons lui donner est
"Reconsidérer"; c'est à dire: reprendre sous la direction de l’Esprit
l'examen d'une situation ou d'une question en vue d'une nouvelle décision;
de rectifier nos manières de penser et d'agir, et de réformer notre vie à la
lumière de la Parole de Dieu. Avec la foi, la repentance que nous pouvons
nommer "la reconsidération", devient un élément expéditif dans la
Conversion.
Le mot "Conversion" ne rend pas lui aussi
complètement justice à son sens original qui est de "renouveler"; c'est dire
transformer ou altérer notre condition d'être et la direction de notre vie
par la puissance de l’Esprit. Ce renouvellement est occasionné par la
tristesse de notre condition de pécheur qui produit en nous la repentance ou
la reconsidération à salut:
"Car la tristesse qui est selon Dieu,
produit une repentance à salut, et dont on ne se repent jamais; au lieu que
la tristesse du monde produit la mort" (2 Cor.7:10).
Il est évident que la tristesse qui nous
porte au salut, est une tristesse spirituelle et non charnelle ou naturelle.
La tristesse naturelle produit la mort dans l'âme; c'est à dire la
dépression ou l'état de chagrin qui afflige celui qui s'est fait prendre la
main dans le sac, ou qui est le résultat d'une conséquence pénible. Ce genre
de tristesse est issu de l'ennui ou de l'inquiétude et produit l'amertume
dans le cœur. Mais la tristesse spirituelle est le fruit d'une conviction du
Saint-Esprit:
"Et quand il (le Saint Esprit) sera venu,
il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement" (Jn.16:8).
La tristesse spirituelle est donc une
prise de conscience sur notre condition lamentable et désespérée de pécheur,
produite par le Saint-Esprit qui nous appelle à la séparation et à la
délivrance. Elle est décrite par le prophète Ézéchiel en ces termes :
"Vous vous souviendrez alors de votre
mauvaise voie, et de vos actions qui n'étaient pas bonnes; vous aurez
horreur de vous mêmes, à cause de vos iniquités et de vos abominations"
(Ez.36:31; Version Ostervald, édition 1996).
Jacques, le frère du Seigneur, nous
exprime le même concept en ces mots:
"Approchez-vous de Dieu, et il
s'approchera de vous. Pécheurs, nettoyez vos mains; et vous qui avez le cœur
partagé, purifiez vos cœurs. Sentez vos misères, et soyez dans le deuil, et
pleurez; que votre rire se change en pleurs, et votre joie en tristesse.
Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera" (Jc.4:8-10).
Lorsque nous considérons toutes ces
choses, il est évident qu'il y a très peu de conversion réelle parmi les
disciples du libre-choix, pour qui le Salut consiste simplement à réciter
une prière pré-formulée par laquelle ils disent accepter Jésus comme leur
Sauveur personnel. Peut-on dire vraiment qu'une telle conversion contient
tous les éléments nécessaires aux Salut, comme nous venons de voir ci-haut?
Si non, il est évident que nous ne pouvons considérer ces gens comme des
chrétiens authentiques.
Leur situation nous indique qu’ils ont plutôt subi une certaine
expérience de transformation, que nous savons être issue d'influences
psychologiques qui peuvent modifiées le comportement et donner une apparence
chrétienne. En effet c’est la pratique courante des prédicateurs Arminiens,
particulièrement des télé-évangélistes, d’utiliser des techniques
psychologiques qui produisent des effets voulus.
Ce genre de salut dépend entièrement de leur foi et de leur obéissance
évangélique, et non de l'appel efficace de la Grâce qui a pour objet le
Seigneur Jésus-Christ. La foi et non l'objet de la foi devient pour ceux-ci
l'élément essentiel, faisant du Salut un salut par les oeuvres méritoires de
leur obéissance.
Il est important de remarquer que la
Conversion est le résultat direct de l'appel intérieur qui produit la
régénération ou nouvelle naissance indépendamment de celle-ci. Ce qui nous
indique que la régénération vient avant la conversion, et que souvent il
peut y avoir un laps de temps entre les deux avant qu'une personne vienne
consciente de son appel et répondre par la foi. Ceci est un élément
extrêmement important pour comprendre l'Alliance de la Grâce qui est issue
de l'élection; car nous entrons dans l'Alliance par la foi uniquement après
avoir été régénéré par l'appel efficace et irrésistible de la Grâce. Notre
réveil et notre union à Christ est ce qu'on appelle le Baptême du Saint
Esprit par lequel nous sommes fait des nouvelles créatures et intégré au
Corps de Christ (Rom. 6:3-5; 1 Cor. 12:13; Eph. 4:5). Ainsi dans l'ordre des
choses, l'élection vient en premier et est suivie par l'appel efficace
irrésistible qui nous régénère, et produit la conversion qui nous introduit
dans l'Alliance de la Grâce avec toutes ses bénédictions spirituelles. Cet
ordre est irréversible dans le contexte de la Souveraineté de Dieu, et ne
peut être altéré par la volonté de l'homme; quoique certains Théologiens et
Pasteurs désirent ardemment le renverser à leur perte.
CHAPITRE 7
PERSÉVÉRANCE DES SAINTS OU ASSURANCE DU
SALUT
A - Dieu est celui qui persévère pour
nous :
Tous ceux qui furent choisis par Dieu,
rachetés par Christ et auxquels l’Esprit a donné la foi sont sauvés
éternellement. Ils sont gardés dans la foi par la puissance du Dieu
tout-puissant et, par conséquent, persévèrent jusqu’à la fin. Leur salut est
donc assuré et ne peut se perdre puisqu'il dépend de la Souveraineté de Dieu
et non d'une faculté humaine.
A strictement parler, l’assurance du
salut réside dans le fait que Dieu est celui qui persévère en notre faveur.
On peut définir cela comme l’opération continuelle du Saint-Esprit dans le
croyant, par laquelle l’œuvre de la grâce divine commencée dans le cœur est
continuée et amenée avec certitude à la perfection lors de la manifestation
finale de la gloire de Christ. Elle est enseignée dans les textes suivants:
Prov. 24: 16; Jean 10: 28, 29; Rom. 11: 29; Phil. 1: 6; 2 Thess. 3: 3; 2
Tim. 1: 12; 4: 18. C’est lorsque nous croyons à la vérité infaillible de la
persévérance de Dieu que nous pouvons vivre dans cette vie et recevoir
l’assurance de notre salut (Héb. 3: 14; 6: 11; 10: 22; 2 Pierre 1: 10). En
dehors des cercles Calvinistes ou Souverainistes, cette doctrine ne trouve
guère de faveur.
La persévérance des saints dans la foi a
son fondement dans la certitude que Dieu préserve ses enfants rachetés. Elle
est le don de Dieu sans aucun effort de la part des croyants, ces derniers
la reçoivent par révélation de l’Esprit dans la Parole inspirée. Le Seigneur
Jésus-Christ ayant véritablement expié leur faute, le péché n’est plus le
maître tyrannique qui les asservit à son pouvoir; ils ne sont plus soumis à
la domination de Satan, car Christ les a délivrés de son joug. Plus rien ne
peut les séparer de l’amour que Dieu leur a manifesté en Christ. Nul ne peut
les ravir des mains du Bon Berger, car non seulement ils sont entre ses
mains, ce qui est un style figuratif de leur préservation, mais ils font
parti de son corps et Christ n’est pas manchot. Ils sont passés de la mort à
la vie éternelle. Ils ont reçu une entrée libre dans le sanctuaire céleste.
Avec une entière assurance, ils s’approchent du trône de la grâce (Héb. 11:
1, 6). Dieu demeure en eux et il leur réserve «dans les cieux un héritage
qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir… à vous qui êtes gardés
par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps» (1
Pierre 1: 4, 5).
B - La certitude du salut :
Notre certitude d’être ainsi gardés par
Dieu repose entièrement sur ce que Christ a accompli durant son ministère
actuel de Médiateur. Nous sommes sauvé par ce que Christ a fait et non par
ce que nous faisons.
Nous avons été réconciliés avec Dieu tandis que nous étions encore
pécheurs. A plus forte raison, maintenant que nous sommes justifiés,
serons-nous sauvés par lui de la colère à venir; car si nous avons été
réconciliés lorsque nous étions ennemis, nous serons sauvés par sa vie.
Christ intercède au ciel en faveur des siens. A cause de son intercession
parfaite, notre foi ne défaillira pas. Et quoique «le juste tombe sept fois,
il sera relevé» (Prov. 24: 16).
L’amour de Dieu révélé en Christ est un
amour éternel. Dieu a aimé ceux à qui il a donné la foi dès avant la
fondation du monde. Il ne se repentira pas de ses dons et de son appel. Ceux
que Dieu a appelés seront aussi glorifiés. Son Alliance est immuable. Il
n’arrête pas à mi-chemin ce qu’il a commencé. Il nous affermira jusqu’à la
fin pour que nous soyons irréprochables au jour du Seigneur Jésus-Christ. Il
nous conserve irrépréhensibles pour son avènement. Il ne permet pas que des
tentations, qui seraient au-delà de nos forces, nous assaillent. A la fin
des temps, période dans laquelle nous vivons présentement, il abrégera les
jours de détresses, afin que les élus ne soient pas séduits et emportés par
le Malin dans tous vents de doctrines, qui renversent la foi en la
Souveraineté de Dieu pour la dignité et la souveraineté de l’homme. Ainsi la
semence de Dieu demeure-t-elle en nous; tout ce qui est né de Dieu vaincra
le monde. La charité des enfants de Dieu demeure pour toujours.
Dieu nous garde. Notre «conservation dans
la foi» par lui, ce don merveilleux qu’il nous fait, nous pousse
inévitablement à lui soumettre notre foi dans un esprit d’amour et de
gratitude. Ainsi nous aurons à cœur de nous maintenir dans l’amour de Dieu
et des frères, un amour sans hypocrisie qui est basé solidement sur la
vérité, car l’amour et la vérité sont inséparable. La vie du chrétien s’agit
ainsi d’une vie de soumission dont l’origine se trouve dans la foi, d’une
persévérance de cette soumission qui est celle des croyants. De bonnes
œuvres de foi sont issues de cette soumission par la reconnaissance que nous
éprouvons pour l’œuvre parfaite de Christ, laquelle demeure la base
suffisante et exclusive du salut. La vie de conversion et de soumission
n’est pas une contribution que nous aurions apportée en vue de la
réconciliation. Elle n’est que la réponse indispensable à la promesse du
salut reçue par la foi. Les œuvres nécessaires sont celles qui manifestent
la confiance totale du chrétien en la perfection de l’œuvre de Christ. Il ne
peut donc être question de coopération entre celle-ci et celle de la chair
qui est impuissante autant au niveau de la sanctification que de la
persévérance dans la foi. Les œuvres accomplies par la soumission de la foi
à Christ en nous, engendrent notre reconnaissance que JÉSUS EST SEIGNEUR,
qu’il est NOTRE ROI SOUVERAIN. C’est Lui qui nous a délivré de la puissance
du péché, et c’est Lui qui nous sanctifie et qui nous garde dans la foi; et
c’est à Lui que revient toutes les honneurs, toute la puissance et toute la
gloire.
C - Quelques passages difficiles :
Il importe ici de toucher quelques
passages de la Bible que certains ont des difficultés à comprendre et par
lesquels ils parviennent à la fausse conclusion qu’un chrétien puisse perdre
son salut. Les exhortations sont un moyen dont Dieu se sert pour garder les
siens. On ne peut invoquer contre l’assurance du salut les passages relatifs
à une éventuelle chute ou relapse des membres du corps de Christ en ce
monde. Certes il y aura des chutes, mais ceux qui disent avoir
définitivement abandonné la foi donneront l’évidence qu’ils ne l’avaient
jamais eu ! Ainsi que l’affirme
l’apôtre Jean, «ils sont partis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas
des nôtres; car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec
nous» (1 Jean 2:19). Au début des premiers siècles, Augustin a parlé de
l’inadmissibilité de l’amour. Si à un certain moment l’amour prend fin,
l’explication certaine est qu’il n’a jamais existé. Procédons ainsi à
regarder quelques passages dont «les ignorants et les mal-assurés tordent à
leur propre perdition» (2 Pierre 3: 16).
1- «Et vous serez haïs de tous à cause de
mon nom; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin, c’est celui-là qui sera
sauvé» (Matt. 10: 22).
Ce passage est souvent utilisé pour
tenter de montrer que la persévérance est l’effort d’un chrétien, et que
s’il néglige de persévérer dans la foi il perdra son salut. Ceux qui
maintiennent une telle interprétation, négligent de réaliser que ce passage
n’a aucun rapport avec notre salut éternel, mais qu’il s’applique uniquement
aux douze apôtres qui reçurent l’ordre de Jésus d’aller prêcher l’Évangile
seulement à ceux d’Israël (v. 5, 6). Il est évident que c’est uniquement
dans ce contexte historique que nous devons comprendre ce passage en
question. Premièrement, le verbe «persévérer» dans ce passage provient du
grec HUPOMÉNÔ dont les significations sont «demeurer, rester, endurer,
persévérer, résister». L’autre mot qu’il nous faut regarder est le mot «fin»
qui en grec est TELOS et dont les significations sont «limite, conclusion,
accomplissement, extrémité». Le fait que Jésus dit à ses apôtres qu’ils
«seront hais de tous», nous indique que l’expression «persévéra jusqu’à la
fin» a plutôt la signification de «résister jusqu’à l’extrémité» devant la
haine qu’ils encoururent de la part des Juifs incrédules. C’est une question
d’endurance jusqu’à la limite afin d’être délivré (sauvé) du fardeau de
cette épreuve lors du temps de tout leur ministère en Israël. La Parole de
Dieu nous indique clairement que les apôtres furent délivrés à maintes
reprises de la haine des Juifs, quoique non d’une manière absolue car
souvent ils subirent des souffrances de leur part, mais ils résistèrent
jusqu’au bout et furent «joyeux d’avoir été digne de souffrir des opprobres
pour le nom de Jésus» (Actes 5: 41).
2- «Mes brebis entendent ma voix, et je
les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle, elles ne
périront jamais, et nul ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a
données, est plus grand que tous; et personne ne peut les ravir de la main
de mon Père.» (Jean 10: 27-29).
Il importe de préciser davantage ces
passages pour enlever toutes prétentions à ceux qui veulent renverser la
foi. On entend souvent dire qu’il est peut-être vrai qu’un chrétien est dans
la main de Dieu mais qu’il peut en sortir lui-même s’il le désire. Il faut
dire que ces gens croient dans un Dieu faible qui n’a pas la capacité de
garder les siens. Par une telle interprétation ils disent que la volonté de
l’homme est plus puissante que la volonté de Dieu. Comme nous l’avons déjà
remarqué, Jésus utilise ici une forme figurative pour expliquer l’assurance
du salut à ses disciples, car le croyant fait partie du corps de Christ et
n’en sera jamais séparé ni ne désirerait-il l’être, une telle pensée
n’entrerait même pas dans son cœur. Seulement les réprouvés peuvent avoir de
telles pensées et oser dire ou enseigner de telles abominations. Nous ne
pouvons quitter de nous même la main de Dieu tout simplement parce que nous
faisons partie de Sa main, et cela pour l’éternité.
3- «Que personne ne vous séduise en
aucune manière; car il faut que la révolte (l’apostasie) soit arrivée
auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, le fils de la
perdition, l'adversaire et celui qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on
appelle Dieu, ou qu'on adore, jusqu'à s'asseoir comme dieu dans le temple de
Dieu, se proclamant lui-même dieu.» (2 Thess. 2: 3, 4).
Le mot «apostasie» n’a pas manqué de stimuler l’imagination de ceux qui ont
reçu «une puissance d’égarement pour croire au mensonge» qu’il est possible
de perdre son salut. Pour justifier leur position, ces réprouvés disent que
le mot «apostasie» signifie «abandonner la foi» et donc qu’il est possible à
un chrétien d’abandonner la foi et perdre son salut. Il faut préciser qu’on
ne peut pas perdre ce qu’on a pas. Dans le contexte de ces passages, le mot
«apostasie» ne signifie pas abandonner la foi mais «renverser la foi» ou
plus précisément «inverser la foi», c’est à dire «changer le sens de la foi»
pour lui donner une autre signification qui s’y oppose intensément. Ainsi la
Justification par la Foi est renversée pour lui donner le sens de
«justification par le choix» et la Souveraineté de Dieu est renversée par la
souveraineté de l’homme.
La grande apostasie ou le renversement de la foi est la propagation de
l’Arminianisme qui établit la souveraineté de l'homme en présentant un faux
évangile, un faux salut, un faux Sauveur et un faux Dieu. Le titre de fils
de perdition attribué à Judas qui a trahit Jésus (Jean 6 : 70, 71) est ici
une désignation collective, nous indiquant que l’Antichrist n’est nul autre
que l'esprit de la justification par le choix dans une période où la
souveraineté de l'homme dominera dans le christianisme.
Il est évident aussi que cet esprit a son représentant officiel dans la
papauté. Voici ces mêmes passages dans la Bible de l’Épée: «Que
personne ne vous séduise en aucune manière; car il faut que le
renversement de la foi (l'apostasie) soit arrivée auparavant par
la justification par le choix, et qu'on ait vu paraître l'homme du
péché, le fils de la perdition, lui qui s'oppose comme souveraineté
de l'homme sur tout ce qu'on proclame de Dieu, ou qu'on adore, siégeant
comme Dieu dans un sanctuaire pour Dieu, montrant qu'il est lui-même Dieu.»
(2 Thess. 2: 3, 4).
4- «Car ceux qui ont été une fois
illuminés, qui ont goûté le don céleste, qui sont devenus participants du
Saint-Esprit, Et qui ont goûté la bonne parole de Dieu, et les puissances du
siècle à venir, Et qui sont tombés,
il est impossible de les renouveler encore pour la repentance, puisqu'ils
crucifient pour eux-mêmes le Fils de Dieu, et l'exposent à l'ignominie. Car
la terre qui est abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle, et qui
produit une herbe appropriée à ceux pour qui elle est cultivée, reçoit une
bénédiction de Dieu. Mais celle qui produit des épines et des chardons, est
réprouvée et près d'être maudite; sa fin est d'être brûlée.» (Héb. 6: 4-8).
Aucuns passages n’ont semé plus la
terreur dans les cœurs de ceux qui sont mal-assuré de leur salut. Ils ont
été éduqués à penser que ces passages parlent du péché contre le
Saint-Esprit. Leurs esprits sont tourmentés parce qu’ils se demandent avec
frayeur s’ils se sont rendus coupables de ce péché. Des pasteurs rapaces
utilisent cette frayeur à leur avantage et prêchent la perte du salut à
partir de ces passages dans le but de maintenir leurs membres sous contrôle
et de dominer sur leur foi. Pour défaire leur emprise, et pour trouver le
vrai sens de ces passages, il s’agit ici que de remarquer à qui cette épître
s’adresse. Or il est évident qu’elle s’adresse aux Hébreux (au Juifs) et non
aux Gentils, c’est à dire ceux qui ne sont pas de la race juive. Tout le
long son contenu traite des pratiques de la loi sous l’ancienne alliance qui
sont comparées à la nouvelle alliance dans le sang de Christ dans le but
d’en ressortir les significations spirituelles applicables sous la grâce.
Son message ne s’adresse pas à des chrétiens qui sont sauvés, mais à des
Juifs incrédules qui persistent à se justifier par les œuvres de la loi
devant la délivrance de la grâce qui leur est présentée. Il est
incontestable que les Juifs sont ceux «qui ont été une fois illuminés» et
que tout le contexte de ces passages se rapportent uniquement à eux.
L’apôtre Paul explique cela davantage dans son épître aux Romains: «Toi
donc, qui portes le nom de Juif, et qui te reposes sur la loi, et qui te
glorifies en Dieu; Qui connaissent sa volonté, et discernes ce qui y est
contraire, étant instruit par la loi; Qui croient être le conducteur des
aveugles, la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres, Le docteur des
ignorants, le maître des simples, ayant dans la loi la règle de la science
et de la vérité; Toi donc, qui enseignes les autres, tu ne t'enseignes pas
toi-même!…» Rom. 2: 17-20). C’est à cause de leur persistance à se justifier
par la loi que Paul dit «qu’ils sont tombés et qu’il est impossible de les
renouveler encore pour la repentance, puisqu'ils crucifient pour eux-mêmes
le Fils de Dieu, et l'exposent à l'ignominie», car «personne ne sera
justifié par les œuvres de la loi» (Gal. 2: 16). Ils étaient donc impossible
pour eux d’être «renouveler pour la repentance» car par leur rébellion
devant la grâce, le sacrifice de Christ sur la croix «devient inutile» et
Christ est dérobé des honneurs des mérites de son sacrifice. Aucune action
n’est plus infâme, aucun enseignement n’est plus répugnant que celui de se
justifier par les œuvres de la loi. «Christ devient inutile à l’égard de
vous qui voulez être justifiés par la loi; et vous êtes déchus de la grâce»
(Gal. 5: 4). Que cela serve d’avertissement aux Arminiens qui persistent à
se justifier par le choix, faisant de la foi une faculté intellectuelle et
du salut une décision personnelle, car il n’y a aucune différence entre la
justification par la loi et la justification par le choix, les deux
impliquent des efforts pour plaire à Dieu et les deux élèvent la dignité de
l’homme et sa souveraineté au détriment de la Souveraineté de Dieu et de la
Royauté de Christ. – Cette même explication s’applique aussi à Héb. 10: 26,
38, 39.
Contrairement à ces erreurs, la Parole de
Dieu affirme que le croyant ne doit sa sanctification, sa persévérance dans
la foi et l’assurance de son salut qu’à la grâce et au pouvoir de Dieu. Le
Texte Sacré arrache donc le salut du pécheur élu à sa faible main pour le
placer dans la main sûre et toute-puissante de Dieu, le Seigneur
Jésus-Christ.
Dieu, Souverain de notre salut et de
notre sanctification, garde ses élus comme il garde sa Parole. De cela nous
voyons que la doctrine de la Persévérance est reliée intrinsèquement à
l’Inspiration Perpétuelle et à la Préservation Providentielle des Saintes
Écritures. De là est issue la Bible des Réformateurs, basée sur le Texte
Reçu Grec et traduit en langue française, qui est la pure Parole de Dieu
dans tout son intégralité, et complètement inspirée dans tout son contenu.
CHAPITRE 8
ÉVANGILE DE LA SOUVERAINETÉ DE DIEU
A - L’Épée de l’Évangile :
Le message de la puissance de la grâce
souveraine est une Bonne Nouvelle pour les élus et une méchante nouvelle
pour les réprouvés. Les élus n’acceptent point Christ d’une manière active,
mais reçoivent Christ d’une manière passive.
L’Évangile est une épée à deux tranchants, un qui donne la vie éternelle et
l’autre qui donne la mort éternelle. Dieu est Souverain dans la présentation
et l’effet du message, et non point l’homme pécheur. Le salut est
inconditionnel à la foi car il provient de la prédestination avant la
fondation du monde. La foi n’est que le moyen déterminé par Dieu au même
moment et donné de Lui pour amener les élus à Christ. Le pécheur élu est
justifié par la foi qui lui a été donné d’avoir par la Parole de Dieu, et
cela de par son élection. Son obéissance n’est pas essentielle à son salut,
mais il marche continuellement dans la soumission et l’application de sa foi
en Christ dans une confiance certaine engendré par le Saint-Esprit. Celle-ci
provient de l’œuvre que Dieu a commencé en ses élus et qu’il rendra
parfaite. La justification par la foi annule complètement la justification
par le choix.
B - La Situation Contemporaine :
La situation contemporaine parait
contredire la bonne nouvelle du Salut par la grâce souveraine,
particulièrement parmi les groupes évangéliques qui l'ont transformé en
salut par les oeuvres par leur proclamation d'un faux Évangile du
libre-choix. Mais la Rédemption est un acte décisif de la Souveraineté
de Dieu, unique dans l'Histoire qui s'est accompli il y a deux mille ans et
qui dure autant que l'histoire du monde. Le mal est vaincu, le péché n'est
plus le maître du monde, les élus ont été rachetés par le Fils de Dieu.
Il importe donc de clarifier quelques
termes qui se rapportent au glorieux Évangile du salut par la grâce.
Pourquoi les chrétiens à travers le monde croient-ils en un Christ crucifié
? C'est parce que, lors de la mort de Jésus, cinq choses se sont accomplies:
1- La Rédemption :
Dans la Sainte Bible, ce mot signifie
qu'une somme d'argent a été payée pour le rachat d'un esclave. Il s'agit de
la libération de celui ou celle qui est retenu en esclavage ou en prison. Le
rachat était pratiqué chez les romains du temps de Jésus comme dans
l'antiquité. Les paroles mêmes du Christ nous montrent que sa mission dans
le monde fut une mission de rachat au moyen d'une rançon. Il déclara qu'il
n'était pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en
rançon uniquement pour les siens. Nous voyons dans Psm. 49 :7,8 (Bible
Martin), qu’un homme ne pourra jamais payer une telle rançon pour son âme,
le prix est trop considérable. Seulement Jésus, qui est Dieu manifesté dans
la chair, peut payer ce prix pour les siens.
Dans ce contexte la Rédemption est particulière, c'est à dire qu'elle
est limitée aux élus et non à tous les hommes. II voyait les pécheurs
élus liés à Satan, enchaînés par leurs propres convoitises, esclaves du mal.
Et d'une manière extraordinaire, dont Dieu Seul a le secret, Jésus a payé le
prix de la libération de ceux qu’il a choisi en mourant sur le bois du mont
Calvaire, subissant le châtiment éternel qui nous était réservé. Dans
l'offre particulière de sa grâce Christ a payé le prix uniquement pour ses
élus, autrement il nous faudrait parler d’un salut universel, ce qui est
contraire aux Saintes Écritures. L'offre particulière du salut se
rapporte uniquement aux élus (ceux qu'Il a choisit avant la fondation du
monde), et cela selon la Souveraineté de Dieu indépendamment du choix de
l'homme.
2- L' Expiation :
Expier est la traduction du verbe arabe
"Kafara" (Takfir), qui signifie couvrir. Son sens est merveilleux, au-dessus
de la portée de l'homme ordinaire. Ce mot signifie que sur la croix le
Christ a répondu aux exigences de la loi morale pour chacun d’entre nous, et
qu'il a pris le péché de son peuple particulier sur lui. Le principe de la
loi est que le mal doit être puni. Principe formulé dans la Sainte Bible à
maintes reprises: "Dieu ne tient pas le coupable pour innocent".
Contrairement aux idées modernes subversives qui se véhiculent dans certains
groupes qui disent que Dieu aime tous les hommes, il nous faut spécifier que
Dieu n'aime pas le pécheur ni le péché. Et nous savons que tous les
hommes ont péché et sont privés de la gloire de Dieu, et ils sont
gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption (du
rachat) qui est dans le Christ Jésus. Sur la croix notre condamnation
éternelle a tombé sur Lui. Pour un moment, sur cette croix, le temps a
touché à l'éternité et Christ a payé le châtiment éternel qui nous était
réservé.
Expier c’est endurer une peine que d’autres ont méritée.
Le pardon des péchés dépend de la doctrine de l’Expiation.
Or la mort de Jésus-Christ sur la croix fournit les deux éléments
suivants :
-
Témoignage d’un amour sacrificiel
sublime, la mort de Christ brise la révolte et l’orgueil du pécheur élu
en même temps qu’elle lui montre les horribles conséquences de son
péché. Elle crée la
capacité du repentir dans le cœur attristé par sa condition.
-
Sacrifice du Saint et du Juste qui
meurt à la place des coupables, la mort de Christ ouvre à Dieu le moyen
de pardonner, puisque sa justice a été satisfaite.
3- La Réconciliation :
La Sainte Bible affirme que tous les
hommes sont des ennemis de Dieu, hommes femmes ou enfants. Mais lorsque nous
étions encore pécheurs, c'est-à-dire ennemis de Dieu, Christ est mort pour
nous, afin de nous réconcilier avec Dieu. Être réconcilié, c'est être ramené
dans une relation parfaite avec Dieu. Dieu a décrété que ses élus seraient
réconciliés, son Esprit nous pousse chacun et chacune, à abandonner notre
péché et reconnaître en toute humilité que le Christ, dans son amour, nous
assure la réconciliation avec Dieu comme notre seul Médiateur.
4- La Justification :
C'est-là ce que Dieu opère pour nous en
changeant notre d'attitude. La Bible enseigne que, même si Dieu est un Dieu
d'amour et de miséricorde, Il est aussi un Dieu de justice. L'homme a violé
la loi : il lui faut plus que le pardon, plus que la purification, il lui
faut la grâce d'une vie nouvelle. Il a besoin d'être mis en présence de Dieu
comme s'il n'avait jamais péché, il a besoin d’être rectifié. C'est cela la
justification. Être "recréé" juste devant Dieu, c'est bien plus qu'être
pardonné. Le mot justification devrait signifier pour nous "être comme si
nous avions toujours été innocents". Nous ne pouvons pas être justifiés par
nos propres bonnes oeuvres, ni par notre propre volonté ou notre choix
personnel (Jean 1: 12, 13). Gardons-nous de la fausse doctrine de la
justification par le choix enseignée dans les mouvements évangéliques. Le
salut n’est pas une décision personnelle
comme proclament ces hérétiques. Nous sommes justifiés par Jésus-Christ
seul. Nous devons croire en Jésus-Christ, qui a acquis notre justification
par sa mort sur la croix. Soulignons que la foi est un don de Dieu et non
une faculté humaine. La Bible dit : "Ils sont gratuitement justifiés par la
grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ." La justice de
Dieu a été satisfaite par Jésus-Christ, et le chemin de la justification,
c'est la foi qu'Il nous donne d'avoir en Lui.
5- La Substitution :
Dans les sacrifices d’expiation de
l’Ancien Testament, le sacrificateur posa sa main sur la tête de la victime,
celui qui offre un sacrifice s’identifie avec la victime offerte en
sacrifice (Lév. 4 :4) et voit en elle son représentant : elle lui est
substituée.
Dans le chapitre 53 du livre d’Ésaie, nous voyons que le Messie ou
Christ a porté nos péchés sur lui (v. 4,5,6,11,12), c’est ce qui se nomme
«la substitution». Par la grâce
nous sommes donné de croire que Jésus est vraiment mort sur la croix comme
notre substitut pour que nous soyons justifiés; plus, nous sommes révélés
que nous sommes morts en Lui avec Lui. C’est en plein cela que signifie
l’expression «Expiation Vicariale», car le terme «vicaire» signifie
«substitut», nous indiquant ainsi que Christ est mort à notre place comme
notre substitut, qu’il subit sur lui-même la pleine colère de Dieu pour nos
péchés à notre place. De cette
substitution vient notre délivrance.
Un des éléments des plus important à se
rappeler sur le sujet de la substitution est que la vie entière de Christ
est une vie substitutive envers ses élus, particulièrement son ministère de
trois ans et demi. De quelque manière et de différentes façons, chaque élu
traverse l’expérience de la vie de Christ dans certaines phases de sa vie.
Voilà donc pour ceux qui croient, les
bienfaits qui découlent de "la croix" tant décriée. Elle n'a, en elle-même,
aucun pouvoir magique, mais elle est d'une importance capitale dans la
mesure où elle est le signe de ce que le Christ a accompli, une fois pour
toutes, pour nous tous. Pour vous, elle n'aura son sens seulement quand vous
serez donné de renoncer à vous-mêmes, de vous humilier et de reconnaître le
Christ comme votre Sauveur, votre Roi, et votre Dieu. Vous pouvez, vous
aussi, dans notre monde troublé, posséder une paix qui surpasse toute
intelligence et une joie qui ne peut vous être ôtée, lorsque votre confiance
est dirigée dans l'amour sacrificiel de Dieu manifesté sur la croix, en
Jésus-Christ.
Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié,
une folie ? Non, mille fois non, c'est-là, au contraire, "la sagesse de
Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée
pour notre gloire. "
C - Le vrai Évangile et les contrefaçons :
L’Apôtre Paul vivait une grande détresse
et une angoisse quand il écrivit sa lettre aux Galates. La Gloire de Dieu
ainsi que le salut de plusieurs étaient en jeu. De faux enseignants
l’avaient suivi et altéré l’Évangile qu’il prêchait. Ils ne reniaient pas la
foi en Christ pas plus qu’ils ne rejetaient la grâce de Dieu, ils ne firent
que le renverser subtilement
en ajoutant le rituel de la circoncision, et l’obéissance à la loi
Mosaïque aux conditions d’acceptation de Dieu. Cependant l’Apôtre Paul
considérait avec raison qu’ils prêchaient un autre évangile. Il écrit:
"Je m’étonne que vous vous détourniez si
promptement de Celui qui vous a appelés par la grâce de Christ pour passer à
un autre évangile; non pas qu’il y ait un autre évangile, mais il y des gens
qui vous troublent et qui veulent renverser l’Évangile de Christ. Mais quand
nous –mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre évangile que celui
que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème!" (Gal. 1: 6-8).
Si l’Apôtre Paul considérait que le
rajout des lois divines sur la circoncision, invalidait l’évangile, comment
doit-on bibliquement juger l’évangile prêché par l’Église Catholique
Romaine ? L’évangile de Rome favorise la foi plus les oeuvres, la
grâce plus le mérite, Christ plus l’église, la régénération par le baptême,
les pénitences, les messes, le chapelet, les indulgences, Marie, les
souffrances du Purgatoire, et j’en passe. Paul avertit ceux qui ajoutent à
leur foi en Christ, leur tentative de se justifier par les rituels ou par
leurs oeuvres. L’Apôtre leur déclare qu’ils sont séparés de Christ et qu’ils
sont déchus de la grâce. (Galates 5: 2-4).
Ainsi à l'intérieur de cette Église même,
nous y trouvons le paganisme le plus attristant (Mariolâtrie, adoration des
saints et de leurs statues, justice des œuvres, sacrilège de la Messe) et à
certaines époques le massacre de milliers de martyrs qui, dans la vraie Foi,
se sont opposés à ce paganisme antichrétien de l’ancien culte du Soleil du
dieu Mithra, déguisé sous une forme chrétienne.
Mais le Catholicisme n'est pas la seule
religion prétendument chrétienne à pervertir le vrai Évangile de la
Souveraineté de Dieu avec sa doctrine du libre-choix, doctrine connue aussi
sous le nom de "Arminianisme" par laquelle on induit les gens en erreur,
leur disant qu'ils ont le choix de croire en Christ ou non.
Plusieurs autres dénominations et groupes
non-dénominationnels, particulièrement parmi les Évangéliques (Baptistes,
Pentecôtistes, Armée du Salut, et autres), offrent aussi une fausse voie de
salut identique qui plaît à la nature pécheresse de l'homme. Cette voie, qui
engendre le légalisme, se réalise dans l'effort des oeuvres, de ce que
l'homme peut accomplir par lui-même d'après son libre choix, ou d'un effort
simultané de l'homme et de la divinité; soit par des croyances, des rituels
ou pratiques tels que le baptême d'eau, le parler en langues, les
prophéties, les guérisons, l’obéissance à la loi, l’assistance régulière à
l’église, payer sa dîme, etc..., et une façon de vivre qui veut pacifier un
dieu isolé et impersonnel par ses mérites acquises. Elles ont leur source
dans le sentiment de culpabilité qui réside dans la conscience de l'homme
qui cherche à justifier ses imperfections (Rom. 2: 14); dans le vide
intérieur issu de la Chute (Gen. 3: 1-24), dont la rupture avec Dieu a
causée une soif de l'infini qui n'est jamais assouvie; et dans l'obsession
de rechercher un bonheur total et évasif, ou de satisfaire une curiosité
nocive.
Si certaines de ces Religions présentent
la seule voie biblique du salut, c'est à dire "le salut par la Grâce par le
moyen de la foi sans les oeuvres de la loi, qui est un don de Dieu" (Eph. 2:
8, 9); elles ajoutent en surplus de ce moyen des Dogmes, des Credos, des
Sacrements ou Ordonnances, des formes de discipline, ou d'autres pratiques
bizarres qui n'ont qu'une apparence biblique; annulant ainsi l'efficacité de
la Grâce de Dieu, contredisant l'injonction de la Parole de Dieu: "Prenez
garde qu'aucun ne se prive de la Grâce de Dieu" (Héb. 12:15); ... nous
vous prions aussi, que vous n'ayez point reçu la Grâce de Dieu en vain" (2
Cor. 6:1).
D - Le Faux Évangile Arminien :
Il n'existe de plus merveilleuse nouvelle
que le pécheur élu, déchu, corrompu et perdu, puisse être pardonné et sauvé
par la Grâce par le moyen de la foi en Jésus-Christ; et posséder l'assurance
immédiate de son salut éternel qui est donné comme un don gratuit de Dieu à
ceux qu’il a choisi: "Car vous êtes sauvés par grâce, par la foi; et
cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu: non point par les
oeuvres; afin que personne ne se glorifie" (Éph. 2: 8, 9). Cette bonne
nouvelle ou plus précisément «puissance de la grâce» (littéralement
Évangile) qui, au premier abord, est la simplicité même, «Crois au Seigneur
Jésus-Christ; et tu seras sauvé, toi et ta famille» (Ac. 16 :31), devient
complexe par le fait de ses implications. La nécessité nous est
imposée de l'expliquer clairement afin d'enlever tout doute. Ceci est
nécessaire dû au poison de l'Arminianisme (ou disciples du libre choix) qui
est propagé par certains hérétiques, des chrétiens imposteurs qui se disent
Évangéliques et Fondamentalistes, et qui séduisent les âmes simples avec
leur faux évangile du libre-choix.
Qu'il existe un faux Évangile, un faux
Jésus et un faux esprit qui sont proclamé et reçu par plusieurs, est
clairement attesté par la Parole de Dieu: "Je m'étonne qu'abandonnant
Jésus-Christ, qui vous a appelés par sa grâce, que vous avez passé si
soudainement à un autre évangile, qui n'est pas un autre évangile; mais il y
a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'Évangile de
Christ" (Gal. 1: 6, 7). "Mais je crains que comme le serpent séduisit
Ève par sa ruse, vos pensées aussi ne se corrompent, en se détournant de la
simplicité qui est en Christ. Car si quelqu'un venait vous prêcher un
autre Jésus que nous n'avons prêché; ou si vous receviez un autre esprit que
celui que vous avez reçu, feriez-vous bien de l'endurer ?" (2 Cor. 11: 3,
4). "Or nous ne falsifions point la Parole de Dieu, comme font
plusieurs; mais nous parlons de Christ avec sincérité, comme de la part de
Dieu, et devant Dieu" (2 Cor. 2: 17).
E – Quel est le vrai Évangile?
Quel est le vrai Évangile? Dans le monde
d'aujourd'hui, aucune question n'ait plus d'importance. Il en est ainsi
parce que seul le vrai Évangile peut nous fournir la réponse qui nous
sauvera de la certitude d'avoir à passer l'éternité sous la colère de Dieu.
Ainsi, à mesure que nous chercherons dans cette étude à identifier le vrai
Évangile, nous essayerons de découvrir la réponse aux questions suivantes:
Quel est l'autorité qui régit et définit le vrai Évangile? Quel est le
message de cet Évangile? Quel est le mandat que nous donne cet Évangile?
Nous entendons des sermons sur tous les
sujets; nous lisons la Bible un peu; nous entendons en général beaucoup de
bonnes choses sur l'Évangile. Nous entendons des instructions sur la manière
dont nous devons nous conduire en tant que chrétiens; nous trouvons dans la
Bible des règles que Dieu nous a données pour le plus grand bien du genre
humain. Mais, nous commençons à nous demander quel est le fondement
essentiel de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ? Est-il possible d'écarter
les aspects secondaires pour arriver au fond, au noyau-même de l'Évangile?
Il nous faut remarquer premièrement que
dans la Bible c'est en général l'expression "l'Évangile du Royaume de Dieu
qui est utilisé, soit par Jean Baptiste ou Jésus lui-même. Cette
expression est par après relié aux termes "Évangile de Dieu" et "Évangile de
Christ", les trois ayant la même signification. Le mot clé dans tout
ceci est "Royaume", dont le grec "BASILEIA" signifie dans son sens primaire
"Royauté" et dont le terme "Souveraineté" est identique, tout comme le mot
Roi signifie Souverain. L'Évangile de la Royauté de Christ et
l'Évangile de la Souveraineté de Dieu signifie une seule et même chose.
Dans ce contexte nous voyons que la volonté de Dieu est suprême et au-dessus
de toute la pensée des hommes. Aucun homme ne peut s'y opposer n'y
même y contribuer quoique ce soit.
Comme l'Apôtre Paul dit: "Il a
donc compassion de celui qu'il veut, et il endurcit celui qu'il veut"
(Rom. 9: 18). La Parole de Dieu est clair sur ce sujet, l'Évangile est
selon le bon plaisir de la volonté suprême de Dieu. C'est dans la
profondeur de cette vérité que nous trouvons la grâce du salut qui est
accordé gratuitement aux élus avant même la fondation du monde. Avant
même qu'ils existèrent en ce monde, Dieu les avait choisit et prédestiné au
salut: "Selon qu'il nous a élus au salut en lui avant la
fondation du monde, afin que nous soyons saints et sans reproches devant lui
dans la charité; Nous ayant prédestinés au salut pour
être ses enfants adoptifs par le moyen de Jésus-Christ, d'après le bon
plaisir de sa volonté; A la louange de la gloire de sa grâce, qu'il
nous a gratuitement accordée en son Bien-aimé. En qui nous
avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon les
richesses de sa grâce... C'est en lui aussi que nous sommes devenus
héritiers, ayant été prédestinés au salut, d'après le décret
de Celui qui opère toutes choses selon le conseil de sa volonté;..." (Éph.
1: 4-7, 11). Ce que nous voyons ici est que le message de la
Prédestination n’est nul autre que "l'Évangile de la Souveraineté de Dieu",
c'est à dire "l'Évangile de la Royauté de Christ". Dans une telle
Souveraineté il n'existe aucune place pour le libre-choix illusoire de
l'homme. C'est soit que Dieu est Souverain et que sa volonté est
suprême ou bien c'est l'homme qui l'est. Ceux qui disent que l'homme a
un rôle à jouer dans son salut (libre de croire en Christ ou non, de
l'accepter comme sauveur personnel ou non), le font au péril de leurs âmes.
F - L'Autorité qui détermine le vrai Évangile :
Pour savoir ce qu'est le vrai Évangile,
il faut d'abord déterminer l'autorité qui le régit et le délimite. En effet,
la nature du vrai Évangile est définie et établie par son autorité divine.
En fait, la nature de toute religion sur l'évangile (c'est à dire plan de
salut ou proclamation de la grâce souveraine), est le système idéologique
qui est définie et établie par son autorité légitime.
A titre d'exemple, le musulman désirant
vivre comme un bon musulman consultera soigneusement le Coran, le livre à
travers lequel les mahométans croient faussement
que Dieu a parlé. Par conséquent, le Coran constitue l'autorité écrite qui
établit l'évangile musulman, c'est à dire la religion musulmane. Le juif
orthodoxe suit une autre autorité. Celle-ci comprend ce que nous appelons
notre Ancien Testament qui contient les écrits des patriarches et des
prophètes qu’on reconnaît comme divinement inspirés. Il faut dire en plus,
que le Talmud et la Kabbale jouent un rôle important dans leurs traditions.
Telle est l'autorité qui établit la nature et le caractère de la religion
juive. D'autre part, le mormon a pour autorité divine la Bible, mais plus
les écrits inventés du Livre de Mormon, qu'il croit être d'inspiration
divine. Mais ce livre fictif venant à la suite de la Bible, occulte toute la
Bible. C'est à dire, celui ou celle qui suit l'évangile mormon examine tout
ce qu'il ou elle lit dans la Bible à la lumière de ce qui est écrit dans le
Livre de Mormon.
De même, les catholiques suivent encore
un autre évangile. L'autorité qui définit et régit leur évangile a comme
point de départ la Bible. Mais les livres deutérocanoniques en font partie
également, tout comme les visions de Jeanne d'Arc, les visions de Fatima, et
les proclamations infaillibles du Pape. On considère tous ces textes comme
divinement inspirés, et ensemble, ils constituent l'autorité qui définit le
caractère de l'évangile catholique.
Il en est de même pour ce qui est de
l'évangile pentecôtiste-charismatique. Les fidèles de cet évangile croient
que la Bible est la Parole de Dieu, mais ils croient aussi à la révélation
divine par l'intermédiaire de visions et de prophéties, voix, ou langues,
qui étendent l'autorité de l'évangile pentecôtistes au-delà de la Bible. Cet
évangile se base sur la Bible ainsi que sur les messages qui ont été soit
disant reçus de Dieu au travers de visions, voix, langues, etc. Cette
autorité qui va au-delà de la Bible, régit et définit le caractère de
l'évangile pentecôtistes.
De même les Baptistes déclarent
ouvertement que la Bible est la Parole de Dieu, tout en affirmant le
contraire dans leurs doctrines. Pour eux ce n'est que les écrits
autographiques, les originaux de la main des apôtres, qui sont la Parole de
Dieu et non la Bible actuelle qu'ils ont entre les mains. Leur foi
repose sur une Bible fantôme. A vrai dire, la secte Baptiste supporte les
mêmes textes que celui du Vatican; mais ils ne sont pas les seuls à le
faire. Toutes les sectes dites chrétiennes, Pentecôtistes, Darbystes,
Disciples de Christ, Adventistes, et même les Réformées, suivent dans la
même voie tortueuse.
N'oublions pas que chaque fois que nous
suivons une autorité différente, nous embrassons un évangile différent, un
Sauveur différent et un Dieu différent. En d'autres termes, tout évangile ou
plan de salut est défini et régi par son autorité, ce qui fait que si
l'autorité d'un évangile particulier s'éloigne de celle du vrai Évangile de
la Souveraineté de Dieu, alors cet évangile sera forcément différent du vrai
Évangile.
Mais quel est le vrai Évangile du
Seigneur Jésus-Christ, qui seul peut sauver les hommes et les femmes des
conséquences de leurs péchés? Quelle est l'autorité divine par laquelle il
est défini et régi? Ce sont quelques-unes des questions les plus importantes
que doit se poser le christianisme d'aujourd'hui, car nous vivons à une
époque où les évangiles, (ou plans de salut) se multiplient sans cesse. Où
que nous allions, nous trouvons des évangiles différents. Nous pouvons
vraiment nous demander: comment puis-je savoir pour de bon si je suis le
vrai Évangile?
Or, il est évident pour tout chrétien
réel, que la Bible est la véritable autorité divine et qu’elle est dans le
présent même entièrement inspirée. Elle est la seule autorité qui établit
complètement l'Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ. En raison du fait
qu'elle constitue notre autorité divine, en raison du fait qu'elle vient de
Dieu, nous devons nous y soumettre comme étant l'autorité absolue dans notre
vie. Nous devons la lire avidement; nous devons l'étudier soigneusement en
vue d’être transformé par son contenu sacré. Or l'autorité suprême des
Écritures nous indique de par son essence que nous avons la nature et le
caractère du vrai Évangile dans la Souveraineté de Dieu.
Si nous suivons une autorité plus étroite
ou plus large que la Bible seule dans tout son intégralité, la Bible Martin,
la Bible Ostervald, et la Bible de l’Épée étant les seules versions de la
Bible francophone complètement intégrales, nous ne suivons pas l'Évangile de
la Bible qui nous révèle la Souveraineté de Dieu dans sa totalité. Peu
importe combien un différent évangile puisse paraître saint, il ne mènera
pas au salut mais seulement qu'à l'approximation d'une expérience
psychologique téméraire. Si la version de la Bible que nous avons entre nos
mains n’est pas considérée comme étant inspirée, si son texte n’est pas
intégral, qu’il y manque plusieurs mots, versets et paragraphes, nous
n’avons plus aucune autorité pour régir notre foi et proclamer le vrai
Évangile.
Portez attention aux exemples ci-bas concernant la doctrine de
l’Expiation qui se trouvent dans les versions modernes de la Bible :
Considérez les retranchements dans le
Tableau suivant sur cette doctrine essentielle, sans laquelle il n’y a point
de salut.
Seuls les ennemis de la croix peuvent lancer une telle attaque contre
le sacrifice expiatoire et vicarial du Seigneur Jésus-Christ pour nos
péchés.
TABLEAU DES RETRANCHEMENTS
-
MATTHIEU 20 :22 – Dans ce passage important qui se rapporte
directement à l’expiation dont le terme est une des nuances du mot
«baptiser», les versions modernes ont enlevés les mots «et être baptisés du
baptême dont je dois être baptisé».
La même chose se produit dans le verset 23 où nous voyons que ces mots
furent retranchés : «et que vous serez baptisés du baptême dont je serai
baptisé».
-
COLOSSIENS 1 :14 – Les versions modernes enlèvent la phrase cruciale
«par son sang».
-
COLOSSIENS 2 :11 – Cette fois-ci les mots «des péchés» sont enlevés
des versions modernes pour donner la fausse impression que la circoncision
de Christ n’a aucun rapport avec les péchés mais seulement avec la chair.
-
HÉBREUX 1 :3 – Les mots «ayant fait par soi-même» sont enlevés dans
les versions modernes dans le but d’affaiblir le témoignage de ce que Christ
a accomplit de lui-même sur la croix.
-
1 PIERRE 4 :1 – Les versions adultérées enlèvent les mots «pour
nous», insinuant que Christ n’a pas souffert pour nous, nous éradiquant
complètement comme les sujets de ses souffrances.
-
1 CORINTHIENS 5 :7 – Encore une fois nous voyons que «pour nous» est
enlevé des versions modernes pour nous dire que Christ, notre pâque n’a pas
été sacrifié pour nous.
C’est une attaque directe au sacrifice de la croix et à notre salut.
Un évangile qui n’est que partiel est un
évangile imparfait avec un message défaillant et impotent. Mais grâce soit
rendu à Dieu qui corrige cette situation aberrante en comblant les lacunes
par d’autres passages, afin que ses élus puissent parvenir à la vérité du
vrai Évangile; et de là il les conduit vers une version intégrale de sa
Parole afin qu’ils se nourrissent d’un repas complet de toute Parole de
Dieu.
G - Le Message central du vrai Évangile :
Maintenant que nous reconnaissons que la
Bible des Réformateurs est l'autorité qui établit le vrai Évangile, et non
pas n'importe quelle Bible, nous nous demandons quel est le message central
de cet Évangile. On pourrait dire que l'Évangile est la lettre d'amour de
Dieu adressée à ceux qu'il a choisi d'avance, nous montrant comment il nous
fait devenir justes en Christ, comment il nous révèle l'amour de Dieu,
comment il nous fait connaître une vie plus abondante, ou bien comment il
nous dirige à vivre pour la gloire de Dieu.
Mais le problème terrible de l'homme
c'est que nous sommes tous pécheurs. N'oublions pas Romains 3 :10,11: «Il
n'y a point de juste, pas même un seul; nul n'est intelligent, nul ne
cherche Dieu; tous sont égarés, tous sont pervertis». Le cœur de l'homme
est, par nature, désespérément méchant, comme nous pouvons le lire dans
Jérémie 17 : 9.
Parce que nous avons péché, même si ce
n'est qu'une seule fois, nous périrons. Parce que nous avons, depuis la
chute, décidé d'être indépendant, d'être au contrôle de notre destin, Dieu
nous tient, chacun de nous, complètement responsables devant Lui de toutes
nos actions, car chacune d’elle, chacun de nos choix, est l’évidence de
notre condamnation. Dieu a fixé un jour à la fin du monde où nous serons
jugés. La Bible dit dans l'Épître aux Hébreux 9 :27: «...il est réservé aux
hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement...». Et
puisque chacun d'entre nous est pécheur, sans la révélation de l'Évangile de
la Souveraineté de Dieu, nous sommes tous en route pour l'enfer, que l'on
peut décrire comme l'isolation totale et sans fin dans des souffrances
inexprimables de la conséquence de nos péchés inassouvis qui brûle l'âme
éternellement. Qu’une personne refuse de croire en l’enfer ne change rien au
fait qu’elle s’y trouvera pour l’éternité à cause de ses péchés !
Il n’y aura aucun incroyant en enfer.
Nous ne pouvons pas nous rendre compte de
cette terrible vérité de nos propres yeux parce que nous ne pouvons pas
regarder dans l'avenir. Mais ce que nous voyons de nos yeux humains n'est
pas tout. Ce n'est qu'une partie très étroite de la réalité. Chaque jour
environ 200,000 personnes meurent quelque part sur la terre. Quand nous nous
rendons compte que la plus grande majorité de ces gens meurent sans avoir
été sauvé, et que la première chose qu'ils connaîtront après leur mort,
c'est qu'ils se tiendront devant le trône du jugement de Dieu, sujets à la
damnation éternelle où il n’y aura pas de commutation de peine, ni de mise
en liberté conditionnelle, car il n’y aura absolument aucun échappatoire
pour les réprouvés, nous nous trouvons en face d'une histoire d'horreur de
proportions gigantesques. Ce qui est horrible, c'est qu'après la mort vient
le jugement. La justice parfaite de Dieu exige la damnation éternelle comme
paiement de nos péchés.
Malheureusement, les sermons de nos jours
abordent rarement ce côté de l'Évangile, car il ne faut pas oublier que
l'Évangile est une épée à deux tranchants. C'est à dire qu'elle est
une odeur de vie pour les élus et une odeur de mort pour les réprouvés.
C'est tellement répréhensible, c'est tellement grave et misérable. C'est
tellement affreux que nous voudrions tous l'oublier. Nous préférerions de
loin parler de l'amour de Dieu, de la nécessité de mener une vie correcte et
morale. Nous préférerions parler de toutes sortes de choses autres que cet
enseignement extrêmement important de l'Évangile.
Heureusement, le fait que l'enfer attend
le genre humain n'est pas la fin de l'histoire. Si Dieu avait écrit la Bible
simplement pour nous dire que nous sommes tous en route pour l'enfer, nous
pourrions toujours le louer pour cet avertissement. Mais le fait de le
savoir ne nous aurait pas fait beaucoup de bien, car nous sommes tous
pécheurs, et à cause de nos péchés, nous finirions toujours en enfer. Mais,
tissé à travers la tapisserie de l'Évangile de la Royauté du Seigneur
Jésus-Christ, tel un fil d'or qui se retrouve dans toute la Bible, est le
message d'espoir que les élus peuvent connaître l'amour de Dieu en mettant
leur confiance en Jésus-Christ comme leur Seigneur et Sauveur. Il est
important de noter que cette confiance ne vient point de nous, de notre
capacité de choisir. La foi, quoiqu'elle ne soit pas le but de notre
salut, est un don de Dieu qui nous dirige au but, à savoir Christ lui-même
(Jean 1:13; Éph. 2:8,9). Voilà l'autre tranchant de l'Épée de
l'Évangile, le noyau du message de l'Évangile que nous trouvons dans Jean
3 :16:
«Car
Dieu a tant aimé ceux qu’il a disposés, qu'il a donné son seul Fils
engendré, afin que chacun d’eux qui croit en lui ne périsse point, mais
qu'il ait la vie éternelle.»
(Bible de l’Épée, édition T.U.L.I.P.E., 2005)
Remarquez que la traduction plus haute
n’indique pas un amour universel de tous les hommes, mais un amour sélectif
qui se rapporte uniquement à ceux qui ont été disposés à la grâce.
Ceci se voit dans le fait que le mot «monde» ou «KOSMOS» en grec, est un
terme singulier qui représente un pluriel et qui signifie plus proprement
«les disposés ou les conciliés». Maintenant, comment cela fait-il que les
élus qui croient en Lui, qui ont été disposé à la grâce du salut, n'irons
pas en enfer? La Bible nous dit qu'il en est ainsi parce que Christ est
devenu péché pour nous! Nous lisons dans 2 Corinthiens 5 :21 : «Celui qui
n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous
devenions en lui justice de Dieu.» Ou bien, comme nous lisons dans Ésaïe
53 :6 : «...Et l'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous»
(c'est à dire de tous ceux qui ont été appelé à dépendre de Lui de tout leur
cœur, de tous ceux qui ont renié leur confiance en eux-mêmes et qui se sont
humilié et reconnu leurs défaillances et leur perdition pour se soumettre à
Christ): "Quiconque veut venir après moi, qu'il renonce à soi-même,
qu'il se charge de cette croix, et qu'il me suive. Car quiconque
voudra sauver sa vie, la perdra; mais quiconque perdra sa vie à cause de moi
et de l'Évangile, la sauvera. Car que servirait-il à un homme de
gagner tout le monde, s'il perdait son âme?" Marc 8: 34-36; "Car
quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé"
(Luc 14: 11).
Voilà le message principal de l'Évangile
de la Souveraineté de Dieu. Il n'y a aucune autre nouvelle qui peut lui être
comparée. Il commence par l'annonce que Dieu est Souverain sur toutes
choses, puis présente la terrible vérité que l'homme est désespérément
pécheur, et qu'il est en route pour l'enfer. Mais nous avons aussi
l'assurance merveilleuse que tous ceux des pécheurs élus qui appellent à la
miséricorde du Seigneur Jésus-Christ, et qui dépendent ainsi de Lui de tout
leur être, peuvent être délivrés de la certitude de l'enfer parce qu'Il est
devenu péché pour nous. Chargé de nos péchés, Il nous remplace devant le
trône du jugement de Dieu tout comme il s'est tenu devant Ponce Pilate. Il a
été jugé coupable de nos péchés, et Dieu l'a condamné à une peine
équivalente à une éternité en enfer pour chacun d'entre nous qui croirait en
Lui. C'était de cette manière qu'Il a payé le prix de tous nos péchés. Il a
satisfait à la justice parfaite de Dieu qui exige la damnation éternelle
comme châtiment du péché. Puisque nos péchés ont été ainsi expiés, l'enfer
ne nous menace plus. Nous ne sommes plus sujets à la loi qui décrète que
nous devons aller en enfer. Nous sommes désormais convertis par la grâce.
Par la grâce de Dieu, nous sommes devenus ses enfants. Nous avons quitté le
royaume de Satan, du raisonnement de notre esprit charnel (dans lequel nous
nous trouvions avant d'avoir été sauvés) et nous sommes devenus citoyens du
Royaume du Seigneur Jésus-Christ.
Cependant, il est malheureux que, dans
une grande mesure, le Christianisme d'aujourd'hui a perdu toute conscience
de ce message. Cela a été le cas dans une certaine mesure à travers toute
l'histoire, mais c'est particulièrement vrai aujourd'hui. Évidemment, il y a
des exceptions, et que Dieu soit loué pour ces exceptions! Mais dans une
grande mesure, le Christianisme n'est plus sensible à la nature profonde de
l'Évangile de la Souveraineté de Dieu. Trop nombreux sont ceux qui ne
parlent plus de l'enfer éternel, ou qui l’interprète d’une manière
figurative comme signifiant l’inexistence des âmes condamnées. Ceux qui se
moquent de l’enfer ont intérêt à relire le chapitre 14 de l'Apocalypse, où
il est dit que «la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles...»
(verset 11). Ils ont intérêt à relire Matthieu 13, Marc 9, et Matthieu 25 où
Jésus dit qu'il y aura «des pleurs et des grincements de dents» (Matthieu
13:42), et que «leur ver ne meurt point (Marc 9:48)", et où il parle de la
damnation éternelle (Matthieu 25:46). La seule raison pour laquelle nous ne
lisons pas ces passages c'est qu'ils font tellement peur, particulièrement
aux réprouvés. Mais nous avons intérêt à avoir peur si nous ne sommes pas
sauvés, parce que l'enfer est réel et ses souffrances sont éternelles.
H - Le Mandat de l'Évangile :
Avons-nous vraiment reçu le commandement
de proclamer le message de l'Évangile au monde entier: «Allez par tout le
monde, et prêchez la Bonne Nouvelle à toute la création» (Marc l6: l5). La
même chose se trouve dans Matt. 28 :19,20.
Mais il est important de remarquer que Jésus a ordonné cela à ses
apôtres seulement. Nul part
déclare-t-il que cela s’applique à tous les croyants.
Non pas que le message de la puissance de la grâce (l’Évangile) a
cessé, mais que le ministère spécifique des apôtres est terminé une fois
pour toute. A moins de prétendre d’être apôtre, personne depuis n’a reçu cet
ordre du Seigneur Jésus «d’aller prêcher la Bonne Nouvelle à toute la
création». Nul, dans nos temps
modernes, n’a le droit de s’attribuer un appel à proclamer l’Évangile sur la
base des versets mentionnés plus haut.
Mais quoique le ministère particulier a cessé la proclamation n’a pas
cessé (Jean 17 :20), toutefois la fonction est attribuée maintenant au
ministère universel de tous les élus (1 Pierre 2 :9), non comme un
commandement mais comme l’impulsion normale qui provient de la présence de
Christ en nous. Ainsi on doit
toujours regarder la proclamation de l’Évangile dans l'optique de la
direction du Saint-Esprit. Ce n'est pas quelque chose que nous puissions
faire de nous-même dans une prétendue obéissance qui glorifie notre chair.
Nous devons premièrement vive l’Évangile en nous même avant d’être en mesure
de l’annoncer à d’autres, nous devons connaître quelles sont les
implications de la Souveraineté de Dieu dans notre vie avant de l’enseigner.
En d’autres mots, annoncer l’Évangile c’est témoigner de la Sainte-Présence
de Christ en nous dans tous nos agissements de chaque jour.
De ce fait, la proclamation de l'Évangile
n'est pas un programme monté par quelques prétendues églises dans le but de
remplir leurs bancs et leurs coffres. Ni doit-elle se faire sous
pression et sans discernement. La proclamation de l'Évangile est issue
de l'amour de la vérité et d'un esprit de compassion. Nous devons
rester ouvert à l'appel et à la direction de l'Esprit de Christ qui est le
Maître de toutes les circonstances et de tous les événements. Il saura
lui-même nous diriger vers ceux qui ont besoin d'entendre le message de la
délivrance et de la séparation. Nous ne devons jamais agir avant que
le Seigneur nous l'indique clairement. Si le Seigneur décide
d’utiliser quelques-uns d’entre nous pour aller et porter le message de
l’Évangile à un non-croyant, il ne manquera pas de nous le laisser savoir.
Cela ne veut pas dire pourtant que ceux qui sont utilisé sont des apôtres ou
des évangélistes, mais qu’ils sont des enfants de Dieu soumis à sa
direction. Dans ce contexte, il ne faut pas oublier que l'Évangile est une
Épée à deux tranchants, un tranchant qui donne la mort et un tranchant qui
donne la vie. Or l'efficacité de l'Évangile de la Souveraineté de Dieu
rejoint des gens de tous milieux, hommes, femmes et enfants.
I - Il nous faut l'Évangile seul :
Soyons absolument certains que nous
proclamons l'Évangile de la Bible qui est l’Évangile de la Souveraineté de
Dieu, et non pas l'Évangile des Baptistes, des Pentecôtistes, de l’Armée du
Salut, des Catholiques, ou tout autre évangile dénaturé. Tant que nous
mettons l'accent sur les éléments fondamentaux de la grâce, le vrai Évangile
de la Souveraineté de Dieu est absolument le même dans tous les pays du
monde, quel que soit le pays dans lequel nous vivons. Nous avons tous
exactement le même besoin spirituel du même antidote spirituel. Nous avons
tous besoin d'être affranchis du péché par le sang de Christ. Une fois
libérés du péché, sachant que Christ a souffert l'enfer éternel pour nous,
alors, même si nous devons mener le reste de notre vie dans un camp de
concentration, sous la torture, ou dans la famine, nous avons toujours tout.
Il faut entendre par "enfer" le lac de feu où les réprouvés seront
tourmentés éternellement (Apoc. 20: 10; Héb. 12 :29) et non point la fausse
doctrine de la non-existence des Témoins de Jéhovah et des Adventistes du
Septième Jour. Que nous soyons obligés d'exister purement et
simplement comme Lazare en tant que mendiant, n'ayant que les chiens pour
lécher nos ulcères, ou bien que nous habitions un palais jouissant de toutes
les bénédictions de ce monde, cela ne diffère en aucun point. Si nous sommes
sauvés, nous pouvons savoir que nous avons le plus grand bien que nous ne
puissions jamais posséder.
La Bible dit aussi que nous devons aimer
notre prochain comme nous-même (Luc 10:27). Mais que signifie aimer notre
prochain comme nous-même? Jésus a déclaré dans l'Évangile selon Jean 13:34:
«Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme
je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres». Cela
établit la nature de l'amour sacrificiel que nous devons éprouver pour les
autres. Nous devons aimer nos prochains comme Christ nous a aimés,
particulièrement nos frères dans la foi.
Quelle était la nature de l'amour de
Christ pour vous et pour moi? Est-Il venu pour nous apporter la sécurité
économique ou la liberté politique ou une bonne santé? Christ n’a-t-Il
garanti aucune de ces bénédictions à Lazare (lire Luc chapitre 16)? La
réponse est non. Absolument pas. Dans Son amour pour nous, Il a donné Sa
vie. Il a souffert la colère de Dieu, l'équivalent d'un séjour en enfer pour
toute l'éternité, afin que nous puissions avoir la vie éternelle, nous
évitant d'aller en enfer nous-mêmes.
Jésus nous a commandés «... Aimez-vous
les uns les autres; comme je vous ai aimés...» (Jean 13: 34). Si Christ a
voulu que je possède la vie éternelle à tel point qu'Il est allé au Calvaire
et a souffert la colère de Dieu afin que je puisse être sauvé, si ce désir
était le point de mire de Son amour, alors ce désir doit aussi être le point
de mire de mon amour envers les autres. L'amour de Christ est un amour
sacrificiel dont le nom grec est "Agape". Nous comprenons ainsi mieux
les paroles de Jésus qui dit à ses disciples lorsqu'ils célébrèrent la Pâque
ensemble: "Faites ceci en mémoire de moi" (Luc 22: 19). Par ces
paroles il n'établissait pas un nouveau rituel comme plusieurs le pensent,
mais il indiquait à ses disciples une pratique de l'amour sacrificiel qui
devait être le caractéristique prédominant dans la communion fraternelle, à
savoir le partage. Ce caractéristique de renoncement à soi-même est le
message central du Seigneur Jésus. C'est dans ce renoncement à
soi-même pour les frères que se trouve le vrai Repas du Seigneur et la Pâque
spirituelle de tous les chrétiens, et c’est dans ce renoncement que nous
annonçons l’Évangile.
Remarquez que Jésus a dit: «Tu aimeras
ton prochain comme toi-même.» Mais comment dois-je m'aimer? Quel est le plus
grand bien que je puisse désirer pour moi-même? Puis-je jouir d'une
prospérité plus abondante? Est-ce là le plus grand bien pour moi? Pas du
tout. En effet, il se peut que cela me tente de ne pas servir le Seigneur
comme je devrais le faire. Mais alors, est-ce qu'il s'agit d'être renommé?
S'agit-il de se faire un grand nom? Est-ce qu'il s'agit d'avoir toutes les
choses auxquelles aspirent les gens du monde? La réponse en est non. Le plus
grand bien n'est aucune de ces choses. Le plus grand bien pour moi, c'est ce
que je dois renoncer à moi-même et placer ma confiance en Christ. Nous
devons aussi désirer cela pour les autres. De quoi s'agit-il? La seule chose
dont il faut que je sois absolument certain, c'est que je suis sauvé. C'est
à dire, je dois être certain que mes péchés ont été expiés, de sorte qu'il
ne soit plus possible que j'aille en enfer après ma mort. Je dois donc
m'abaisser aux pieds de la croix pour être relevé dans la vie éternelle.
Y a-t-il un vivant sur la terre osant
penser qu'il ou elle puisse échapper à la mort? Le monde existe déjà pour
environ sept mille ans, et à seulement deux exceptions de près (Hénoch et
Élie), tout être humain qui n’ait jamais marché sur la terre est mort -
tous! Il n'y a pas un seul qui y a échappé, sauf Christ. Et cela s'accorde
avec le principe biblique qu'il est réservé aux hommes de mourir une seule
fois, après quoi vient le jugement (Héb. 9: 27). Alors cela veut dire que
c'est ce qui va m'arriver aussi - à moins, bien entendu, que le Seigneur ne
revienne ou plutôt n’apparaisse auparavant. Ainsi, si je m'aime vraiment, je
ne vais pas aspirer à posséder davantage de choses de ce monde. Je ne vais
pas aspirer à jouir d'une meilleure position dans ce monde, car dans la
mesure où je désirerais avoir ces choses, je m'écarterais du chemin qui est
le meilleur pour moi. Ma préoccupation la plus importante doit être que je
sois absolument certain que je suis enfant de Dieu, que je suis sauvé, et
que ma communion est avec Christ dans une confiance absolue en sa
Souveraineté et en sa Présence en moi. C'est seulement alors que je me
rendrai compte que toutes ces autres choses n'ont aucune importance. Rien
n’est plus important que la présence de Christ en nous.
Pouvons-nous maintenant commencer à voir
la vérité plus clairement? Le fil d'or qui se retrouve à travers toute la
Bible est le message du salut. Chaque fois que nous perdons ce fil, ou ce
point de mire, nous pouvons être sûrs que nous n'avons plus l'Évangile de la
Bible. Nous aurons un évangile qui a été conçu dans l'esprit de l'homme, et
nous nous attirerons des problèmes dans nos tentatives pour le proclamer à
d'autres gens.
Mais, évidemment, le vrai Évangile de la
Souveraineté de Dieu aussi rencontrera une ferme résistance, surtout de la
part de ceux qui se disent chrétiens au sein des mouvements évangéliques. Il
est odieux aux yeux de l'homme et de ceux qui valorisent la dignité humaine
avec un faux évangile du libre-choix. L'homme n'aime pas que l'on lui dise
que Dieu est Souverain et qu'il est en route pour l'enfer. Personne ne veut
l'entendre. L'esprit de l'homme naturel (ou inconverti) trouve qu'il est
odieux d'entendre qu'il ne puisse rien faire pour se sauver lui-même,
surtout qu’il n’a pas la capacité de choisir de croire. Une telle résistance
peut être changée seulement dans le cœur de ceux qui réalisent qu’ils ne
sont pas maître de leur vie, et qui deviennent sauvés en s'écriant à Dieu:
«O Dieu, aie pitié de moi, un pécheur.» Être sauvé signifie que tout notre
égoïsme doit être brisé en éclats, il ne doit en rester rien. Être sauvé
signifie faire crouler notre respect de soi, abattre notre dignité. Être
sauvé doit mettre en pièces tout ce que je suis personnellement, toutes mes
facultés et toutes mes aspirations. Bref, le salut implique la souffrance à
deux niveaux : la souffrance du brisement et la souffrance de marcher dans
la foi.
Si nous sommes devenus enfants de Dieu,
nous aurions reconnu que le plus grand bien dans notre vie est que nous
soyons sauvés de la colère de Dieu; l'enfer ne peut plus jeter le grappin
sur nous. Nous n'allons plus jamais avoir à nous tenir devant le Trône de
Jugement de Dieu pour rendre compte de nos péchés. Christ a tout payé pour
nous. Nous sommes couverts par Son sang. Nous lisons dans Jean 5 :24, que
ceux qui croient à Lui ne viennent point en jugement, mais sont passés de la
mort à la vie. Le passage de Rom. 8 :1 nous dit la même chose. Voilà le
message que Dieu nous appelle à proclamer fidèlement à ceux envers qui il
nous dirige. Maintenant, tout ce qui nous importe c'est d'être tout entier à
Son service. Nous brûlons du désir que les autres puissent entendre
l'Évangile de la Royauté de Christ qui règne présentement en notre cœur, de
sorte qu'ils puissent, eux aussi, connaître ce merveilleux salut que Dieu a
si abondamment offert.
N'avons-nous pas un merveilleux Sauveur
et Seigneur? N'avons-nous pas un merveilleux Évangile, si toutefois nous
comprenons l'Évangile comme il le faut? Nous restons stupéfaits face à la
gloire de Dieu alors qu'Il Se glorifie à travers ce genre d'Évangile. Alors,
soyons certains que nous gardons toujours ce message en tête ainsi que dans
notre cœur. Si nous constatons, à n'importe quel moment, que l'évangile que
nous proclamons commence à s'écarter du vrai Évangile de la Souveraineté de
Dieu en la Royauté de Christ, que nous nous écriions à Dieu en disant: «O
Dieu, pardonne-moi pour avoir eu quelque chose d'autre en tête quand
j'essayais de partager avec les autres le vrai Évangile façonné à mes
propres désirs charnels.» Le vrai Évangile est ceci: Christ est le Dieu
Souverain et Tout-Puissant, mort pour mes péchés et ressuscité pour ma
justification, je désire par sa grâce qu’il m’accorde dans sa
prédestination, que ce merveilleux salut appartienne à tous ceux auquel il
m’amène à le présenter, et en raison du fait que seulement les élus sont
sauvés, je participerai avec eux à la gloire éternelle. Il n'y rien
d'autre au monde dont j'ai besoin le plus que de demeurer dans une communion
constante avec mon Sauveur et Seigneur, et de partager avec mes frères et
mes sœurs dans la foi cette grande bénédiction avec ceux qui nous entourent
dans la vie de tous les jours. Que sa lumière qui reluie dans nos cœurs
manifeste la connaissance de la gloire de Dieu en Jésus-Christ, notre
Souverain à qui appartient tous honneurs, toutes louanges, toutes confiances
et toutes puissances, maintenant et éternellement.
A Christ seul soit la Gloire |