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d’Abraham citée constamment en exemple
trouvera son prolongement en la personne de
Jésus-Christ. Cette foi de Christ se manifeste
dans la contradiction la plus déchirante qui soit.
A l’heure de Gethsémané, Jésus a accepté de
vivre l’incompréhension la plus totale. L'esprit de
la concurrence charnelle réclame sa vie et Jésus,
en proie aux angoisses, s’abandonne
entièrement au Père qui est en Lui et dont il est
la forme visible, en disant:
«toutefois ta volonté
et non la mienne»
, car Jésus, dans un corps de
chair, avait sa propre volonté qui, quoique
parfaite, devait être soumise à sa nature divine.
En fait, Abraham aurait pu dire à Dieu:
«demande moi tout ce que tu veux, mais pas
mon fils.». Comment comprendre cet ordre si
cruel ? Comment accepter de perdre ce qui était
pourtant l’objet de la promesse ? Et par-dessus
tout, comment peut-on vaincre le sentiment
d’attachement filial, sinon par un acte
d’obéissance totale, fruit d’une confiance
absolue qui est impossible à l'homme, si ce n'est