Page 390 - LE MANUEL DE LA BIBLE

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notre existence est un état de travail, de recherches et d'humilité. En réalité,
d'ailleurs, l'objection porte moins sur l'Ecriture que sur notre vie et nos
habitudes de chaque jour, et le raisonnement par lequel on essaie d'enlever
à l'Ecriture son caractère, ôterait à Dieu son autorité et à l'homme tous les
motifs qui sont de nature à le porter au bien. - Ajoutons que puisque les
coutumes et les langues changent avec les pays et avec les siècles, la
révélation, à moins d'avoir été donnée en particulier à chaque peuple et à
chaque siècle, ne saurait être exempte de difficultés. Des expressions sont
aujourd'hui vieillies, et par conséquent obscures, qui un jour étaient faciles
à comprendre; des faits, jadis connus, sont maintenant oubliés, et le
rapport qui les unissait à d'autres est maintenant perdu. Il en résulte
naturellement à plusieurs égards une ignorance qui ne saurait surprendre
et qui, dans l'état actuel des connaissances humaines, est peut-être sous
plusieurs rapports sans espérance de remède.
Mais nous allons plus loin. Ces difficultés de l'Ecriture, philologiques,
historiques ou autres fournissent une des meilleures preuves de l'intégrité
et de l'authenticité de la Bible. Personne ne doute et ne peut douter que ce
livre ait été écrit dans des langues anciennes et à diverses époques. La
solution de ses difficultés a de même été graduelle et successive, et cela
pour beaucoup de raisons. Chaque siècle a ses motifs particuliers
d'incrédulité, et à chaque siècle il faut des preuves nouvelles et d'un autre
genre. Qu'on lise le traité de Lardner (Credibility), les Horae paulinae de
Paley, les Horae apostolicae ou les Horae evangelicae de Birks, on verra
d'abord que le point de vue de leur apologétique n'est pas le même que celui
de apostolique; ils répondent à des objections qui ne se sont produites que
plus tard; ils s'occupent de concilier des contradictions apparentes qui
existent soit entre les données de l'histoire sacrée et celles de l'histoire
profane, soit entre les Epîtres et les Actes, soit dans les récits des Evangiles.
L'étude attentive de ces ouvrages prouvera que les difficultés elles-mêmes
deviennent, par leur solution, l'un des arguments les plus puissants en
faveur de l'inspiration divine des saints livres; elles établissent qu'il n'y a
pas eu accord préalable entre les écrivains inspirés, et que cependant il n'y
a eu ni erreur ni contradiction réelle. Nous ne pouvons nous passer de rien
dans la Bible, pas même de ses difficultés; chacun des éléments qui la
composent, même ses contradictions apparentes, sont nécessaires à la force
de l'ensemble. - Et si l'on dit que ces difficultés sont trop nombreuses, que
les solutions ont été trop lentes à venir, nous répondrons que là encore on
peut reconnaître la sagesse d'en haut, qui a voulu réserver à chaque siècle