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La conclusion: “Crains Dieu et garde ses commandements,” est vraie, ainsi
qu'un grand nombre d'appels et de réflexions incidentes; mais il importe de se
rappeler qu'un grand nombre de paroles ou de maximes sont mises dans la
bouche du vieil homme, du pécheur égaré, et qu'elles ne doivent être comprises
que dans ce sens. Le psaume LXXIII, comparé à l'Ecclésiaste, le fera peut-être
mieux comprendre; il en est un diminutif, un abrégé, de même que le psaume
XLV est un diminutif du Cantique.
Si l'on est d'accord à reconnaître que le but principal de ce livre est de
recommander la religion comme étant “le tout de l'homme,” on varie sur les
détails, sur leur interprétation et sur la valeur des arguments. Selon quelques-
uns, Salomon voudrait dire qu'en dehors de la religion tout est vanité, mais
qu'avec la religion toutes choses acquièrent une importance réelle. Luther, au
contraire, pense que l'idée de Salomon est celle-ci: Soyez pieux, et, pour tout le
reste, ne vous en inquiétez pas; il n'en vaut pas la peine. Ces deux idées ont du
reste l'une et l'autre un côté vrai. En dehors de la religion, toutes choses, en
effet, ne sont que vanité, mais elles ne le sont ni au même titre, ni au même
degré; et avec la religion rien ne peut nous être nuisible, quoique cependant la
folie et la sagesse soient loin d'être indifférentes, et qu'un même accident
n'arrive pas également à tous.
Le mot sagesse dans l'Ecclésiaste signifie science, tandis que dans les
Proverbes il a davantage le sens de piété.
Plusieurs incrédules modernes, et à leur tête le grand Frédéric et Voltaire,
appréciaient et applaudissaient hautement les passages les plus matérialistes
de l'Ecclésiaste, ceux où Salomon raconte ses anciens égarements. Quant à la
conclusion du livre (chap. XII), ils paraissent l'avoir entièrement ignorée et
passée sous silence. Etrange symptôme de la dépravation de la nature
humaine !
La canonicité de l'Ecclésiaste a été reconnue par les plus anciens écrivains de
l'Eglise chrétienne, et si ce livre n'est pas cité formellement par notre Seigneur
ou par ses apôtres, il y est fait plusieurs allusions dans le Nouveau-Testament.
- Les Juifs le comptaient parmi les livres poétiques du canon, bien qu'il soit