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lesquelles établissent que Pierre se serait trouvé à Jérusalem précisément à la
même époque où l'on prétend qu'il était à Rome. Dans toute cette épître, il n'est
fait aucune mention de Pierre comme ayant jamais été à Rome. D'ailleurs, si
Pierre avait été dans cette ville, et surtout s'il y avait fondé l'Eglise et l'avait
présidée, il serait impossible d'expliquer comment Paul aurait passé ce fait
sous silence. Enfin, si Pierre avait été à Rome, lorsque Paul écrivit cette épître,
il aurait été certainement nommé dans l'énumération si détaillée des personnes
auxquelles les salutations sont adressées (chap. XVI).
La date de cette épître peut être fixée d'une manière très-exacte par les
indications suivantes. Paul n'avait pas encore été à Rome (I, 11, 13, 15). Il avait
l'intention de s'y rendre après son premier voyage à Jérusalem (XV, 23-28); or,
ce projet, nous savons qu'il le forma pendant les trois mois de son séjour à
Corinthe (Actes, XIX, 21). Il était sur le point de porter une collecte de
Macédoine et d'Achaïe à Jérusalem (XV, 26, 31); et il porta en effet une collecte
de Corinthe à Jérusalem, ainsi qu'il le rappelle vers la fin de sa visite (Actes,
XXIV, 17). Quand il écrivit l'épître aux Romains, Timothée, Sosipater, Gaïus et
Eraste étaient avec lui (XVI, 21, 23). Or, Gaïus était son hôte et résidait à
Corinthe (I Cor., 1, 14). Eraste était lui-même Corinthien et avait été envoyé
peu auparavant d'Ephèse avec Timothée, lorsqu'ils se rendaient par Corinthe
en Macédoine (Actes, XIX, 22. 1 Cor., XVI, 10, 11). - Les trois premiers sont
expressément mentionnés dans les Actes (XX, 4) comme étant avec Paul à
Corinthe. Phoebé, porteur de l'épître, était une diaconesse de l'Eglise de
Cenchrée, port de Corinthe (XVI, 1). Ainsi, comme Paul se préparait à visiter
Jérusalem, une de ses disciples partait en même temps de Corinthe, mais dans
une direction opposée, pour Rome, et c'est par elle que cette épître fut portée
dans cette ville. La date en est ainsi fixée à l'an 58 de J.-C.
Le caractère de l'Eglise de Rome peut être déduit de cette même épître. Elle
renfermait quelques convertis du judaïsme (III, 4, 14, etc.), mais la majorité
était évidemment d'origine païenne (I, 13; XV, 14, 15). Les uns et les autres
avaient besoin d'une exposition complète et inspirée de la vérité divine, et c'est
ce que l'Apôtre leur présente ici.