Page 312 - Les jours de No

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croissait d’une force telle que la Grèce continentale ne l’avait
jamais connu, démontrant un épanouissement sans précédent au
sein du monde grec.
Vers -1000, seule la cité-palais de Cnossos garde une relative
puissance grâce à la position stratégique de l’île de Crète. Mais
l’Idée de civilisation minoenne est finie, comme autant engloutie
que l’a été une partie de l’archipel égéen. C’est depuis cette
concomitance entre une disparition physique (engloutissement) et
cette disparition pleine de mystères, de souvenirs et de fascination
(la civilisation éteinte) que le mythe de l’Atlantide a forcément
jailli.
Entre -1400 et -1200, les Mycéniens sont finalement parvenus à
s’installer définitivement en Crète, et a fortiori dans l’ensemble de
l’archipel des îles égéennes pour des raisons économiques:
recherche de minerais. Ils s’affaissent à leur tour, dès le XIIe siècle
avant notre ère, sous les coups de boutoirs d’un peuple grec venu
de Macédoine et d’Epire (nord de la péninsule grecque): les
Doriens. Les excursions répétées de ces derniers devinrent
invasion: les historiens ont appelé cela les « siècles obscurs »,
période phare pour l’oralité. Par l’étude des tombes de l’époque,
les historiens ont cru voir le signe d’une extinction de la
population, dont ils chiffraient la perte des Grecs continentaux
aux trois-quarts. Mais il n’en est rien: le peuple grec avait tout