compter le grand vizir,le préfet du palais, le secrétaire en chef, le juge principal. Le
roiavait une garde royale pour protéger sa personne, des courriers, desscribes, des
interprètes pour sa correspondance. Le gouvernement desprovinces, culminant dans
les préfets, occupait aussi une nombreusebureaucratie.
6. Institutions sociales.
L'humanité, selon la conception babylonienne, occupe une zoneintermédiaire entre les
dieux et les animaux: au plus haut del'échelle, le roi «est semblable à dieu»; à l'autre
extrême,l'esclave «est l'ombre de l'homme»; au milieu, l'homme «est l'ombrede dieu»
(Harper,
Assyr. Babyl. Letters,
n° 652). Dans lasociété, la royauté et le clergé occupent
une place à part; le restedes sujets se divise en trois classes: les patriciens, les
plébéiens
(mush-kenu,
d'où vient le mot «mesquin»), et les esclaves (cf.Code de
Hammourapi, parag.parag. 196-205; 209-214 et pass.). Engénéral, les classes étaient
séparées par des barrières difficiles àfranchir, bien que la législation témoigne qu'il y
avait des mariagesentre membres de castes différentes
(ibid.,
parag. 175). Laclasse
moyenne, la bourgeoisie, était la plus nombreuse:agriculteurs, pâtres, petits
commerçants, fonctionnaires subalternes,formaient la base de la société. Mais, comme
souvent au cours del'histoire (en Israël et à Rome par ex.), les difficultés
économiquestendaient à concentrer la richesse dans les mains des puissants et
àréduire les petits bourgeois au rang d'esclaves, (cf. Am 2:6,Esa5:8) dont le nombre va
croissant d'une façon redoutable: à l'époquela plus ancienne, c'était exceptionnel pour
une famille d'avoir plusd'une vingtaine d'esclaves, tandis que, plus tard, on en
trouvaitsouvent plus d'une centaine dans la possession d'un seul individu. Ilne semble
pas qu'ait été rigoureusement appliquée la loi quiordonnait la délivrance, après trois
ans de servitude, du débiteurinsolvable réduit en esclavage (Code Hamm., parag. 117,
cf. Ex21:2). Les réformes sociales de certains rois, comme Ourou-kagina,Téglath-
Phalasar III et Salmanasar V, n'eurent pas de résultats plussatisfaisants que les
discours d'Amos et d'Ésaïe: en Mésopotamiecomme en Israël, l'appauvrissement
progressif de la classe moyennefut une des causes de la ruine nationale.
7.
Organisation économique.
Dans aucun autre domaine, probablement, l'influence
babylonienne n'aété aussi étendue et aussi permanente que dans les
institutionscommerciales: Babylone a trafiqué dès sa jeunesse (Esa 47:15);les
marchands de Ninive sont plus nombreux que les étoiles duciel (Na 3:16) et, par
conséquent, bon nombre de motsbabyloniens, en particulier les noms de métaux,
poids et mesures,métiers, étoffes, transactions commerciales, etc., ont passé
dansl'hébreu parlé au pays de Canaan (et aussi dans l'araméen etl'arabe). Des
caravanes babyloniennes visitaient depuis une époquereculée des pays lointains, et le
babylonien devint le langage de ladiplomatie vers 1400, comme l'atteste la
correspondanceinternationale des pharaons retrouvée à Tell-el-Amarna (un
millénaireplus tard ce sera l'aratnéen qui deviendra la
lins.ua franco).
Ondéveloppa
même des communications postales, surtout pour lescommunications officielles, on
bâtit des routes et des ponts (cf.Hérod. I, 186), on navigua sur les fleuves et les canaux