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Or, l'Église Romaine adopta cet oeuf mystique d'Astarté et le consacra comme un
symbole de la résurrection du Christ. Une formule de prière fut même désignée
pour être faite à ce sujet par le pape Paul V, qui faisait ainsi prier à Pâques ses
superstitieux partisans :
"Bénis, ô Dieu, nous t'en supplions, cette création qui est
la tienne ces oeufs qui sont l'oeuvre de tes mains afin qu'ils deviennent une
nourriture fortifiante pour tes serviteurs, qui les mangent en souvenir de notre
Seigneur Jésus-Christ
"
– Outre l'oeuf mystique, il y avait aussi un autre
emblème d'Easter, la déesse reine de Babylone ; c'était la Rimmon ou la grenade.
Elle est fréquemment représentée sur les anciennes médailles avec une grenade à
la main, et la maison de Rimmon, dans laquelle le roi de Damas, le maître de
Naaman le Syrien, célébrait son culte, était aussi, selon toute apparence, le
temple d'Astarté, où cette déesse était publiquement adorée avec une grenade. La
grenade est un fruit rempli de graines ; aussi a-t-on supposé qu'on l'employait
comme l'emblème de ce vaisseau dans lequel étaient conservés les germes de la
création nouvelle, par lesquels le monde devait recevoir une nouvelle semence de
l'homme et de l'animal, lorsque le déluge aurait achevé son oeuvre de
dévastation. Mais en allant plus au fond, on trouve que Rimmon ou la grenade se
rapporte à quelque chose d'entièrement différent. Astarté ou Cybèle était aussi
appelée Idaia Mater
et la montagne sacrée de Phrygie, fameuse par la
célébration des mystères de cette déesse, était appelée mont Ida, c'est-à-dire en
Chaldéen, langue sacrée de ces mystères, le mont de la science. Idaia Mater,
signifie donc la mère de la Science, en d'autres termes, notre mère Ève, qui la
première convoita la connaissance du bien et du mal, et l'acheta si chèrement
pour elle-même et pour ses enfants. Astarté, comme il est bien facile de le
prouver, était adorée non seulement comme incarnation de l'Esprit de Dieu, mais
aussi comme la mère de l'humanité
Aussi quand la mère des dieux et de la
science était représenté avec la grenade à la main
invitant ceux qui
gravissaient la montagne sacrée à l'initiation de ses mystères, peut-on douter de
la signification de ce fruit ? Elle se rapporte évidemment à son caractère
présumé ; il doit être le fruit de l'arbre de la connaissance,
"le fruit de cet arbre
dont le goût mortel amena dans le monde la mort et tous nos malheurs"
.
La connaissance à laquelle on admettait les sectateurs de la déesse du mont Ida
était précisément de la même espèce que celle qu'Ève obtint en mangeant le fruit
défendu, connaissance pratique de tout ce qui était moralement mal et hideux.
Quant à Astarté, à cet égard, les hommes étaient accoutumés à regarder leur
grande bienfaitrice comme obtenant pour eux la connaissance, et les bénédictions
en rapport avec cette connaissance qu'ils auraient en vain attendues de Celui qui