Page 246 - LES DEUX BABYLONES

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les plus profonds, comme si le bruit de ces sanglots devait détourner la colère
d'un Dieu justement irrité. Grégoire surnommé le Grand, semble avoir été le
premier à introduire dans l'église romaine, sur une large échelle, ces processions
religieuses. En 590, alors que Rome souffrait de la peste sous la main sévère de
Dieu, il exhorta le peuple à s'unir publiquement en prières : au point du jour on
devait se rassembler en sept groupes différents suivant l'âge, le sexe, les stations,
et marcher en sept processions différentes, tout en récitant des litanies ou des
prières jusqu'à ce que tous se fussent réunis dans un même lieu
C'est ce qu'ils
firent ; ils se mirent à chanter et à répéter ces paroles :
"Seigneur, ayez pitié de
nous !"
portant avec eux, comme le raconte Baronius, une statue de la Vierge
L'idée même de ces processions était une injure à la Majesté du ciel ; elle
impliquait que ce Dieu qui est un Esprit, voyait avec les yeux de la chair et
pouvait être touché par cet imposant et pittoresque spectacle, comme le seraient
des mortels. Comme expérience, cette tentative n'eut que peu de succès. Dans
l'espace d'une heure, tandis que les choses marchaient ainsi, quatre-vingts
personnes tombèrent a terre, et rendirent le dernier soupir
Et cependant
aujourd'hui encore, les Bretons estiment que c'est là le meilleur moyen de
détourner la colère de Dieu dans un temps de détresse nationale.
"Si cette
calamité, dit le Dr. Wiseman, parlant de nos désastres dans l'Inde, avait frappé
nos ancêtres dans les jours du catholicisme, on aurait vu les rues de Londres
encombrées dans toutes les directions de processions de pénitents criant comme
David lorsque la peste avait frappé son peuple."
. Si
cette allusion à David est fondée, si elle a quelque signification, elle doit vouloir
dire que David, au moment de la peste, était à la tête d'une procession de
pénitents. Mais le Dr. Wiseman doit, ou devrait savoir que David ne fit rien de
semblable ; que sa repentance ne s'exprimait point par des processions, encore
moins par des processions d'idoles, comme aux jours catholiques de nos ancêtres
auxquels on nous invite à revenir. Cette allusion à David est donc un simple
mensonge destiné à égarer ceux qui ne lisent pas la Bible, comme si de pareilles
processions pouvaient être fondées sur quelque passage de l'Écriture. Le Times,
commentant cette recommandation du chef de la papauté, lui a enfoncé, comme
on dit, le clou sur la tête.
"L'idée historique, dit ce journal, est assez simple, et