Page 247 - LES DEUX BABYLONES

Version HTML de base

247
aussi ancienne qu'elle peut l'être."
Nous la trouvons dans Homère, à propos de la
procession d'Hécube et des matrones de Troie au sanctuaire de Minerve, dans
l'Acropole de cette ville. C'était pour Troie un moment de terreur et de détresse ;
Diomède chassait tout devant lui avec une force irrésistible, et la ruine de la fière
cité paraissait imminente. Pour éviter cette destinée en apparence inévitable, la
reine de Troie reçut du ciel l'ordre de
"conduire un cortège des principales
matrones au temple de Minerve... Elle sort du palais, accompagnée de
nombreuses et vénérables Troyennes. Elles arrivent au temple de Minerve sur le
sommet de la citadelle : la belle Théano, fille de Cissé, épouse d'Anténor, leur
ouvre les portes, car les Troyens l'ont nommée prêtresse de la déesse. Toutes les
femmes, jetant des cris de détresse, lèvent les mains vers Minerve
"
Voilà un précédent des processions de pénitence de l'idolâtrie qui va droit au but
que nous nous proposons : on en chercherait vainement une semblable dans
l'histoire de David, ou d'un des saints de l'Ancien Testament. Les processions
religieuses et surtout les processions avec des statues, ayant un caractère triste ou
joyeux, sont entièrement païennes. La Parole de Dieu nous fournit deux
exemples où les processions sont faites avec la sanction divine ; mais si l'on
compare l'objet de ces deux processions avec l'objet avoué et le caractère des
processions romaines, on verra qu'il n'y a aucune analogie entre elles. Les deux
faits dont je parle sont la marche pendant sept jours autour de Jéricho
;
, et la procession lors du transfert de l'arche de Kirjath-
Jearim dans la cité de David
;
. Dans
le premier cas, les processions, quoique entourées des symboles du culte divin,
n'étaient pas des actes du culte religieux, mais simplement une manière
miraculeuse de faire la guerre à un moment où le peuple implorait l'intervention
divine. Dans l'autre, il s'agissait uniquement de transporter l'arche, symbole de la
présence de Jéhovah, d'un lieu où elle était demeurée longtemps dans l'obscurité,
à un autre que le Seigneur lui-même avait choisi pour sa demeure, et dans une
pareille occasion, il convenait que ce transfert s'opérât avec la plus grande
solennité religieuse.