Page 327 - LES DEUX BABYLONES

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évidente à cette chute dans l'apostrophe du prophète Ésaïe au roi de Babylone :
"Comment es-tu tombé des cieux, ô Lucifer, fils de l'aurore ?"
.
Le roi Babylonien prétendait être le représentant de Nemrod ou de Phaéton ; et le
prophète dans ces paroles l'avertit qu'il serait précipité de sa haute élévation aussi
sûrement que le dieu dont il se réclamait. D'après l'histoire classique, Phaéton
fut, dit-on, consumé par la foudre et, comme nous le verrons, Esculape mourut
aussi de la même manière, mais la foudre est simplement une métaphore qui
signifie la colère de Dieu, par suite de laquelle il perdit à la fois sa vie et son
royaume. Si on examine l'histoire et si on écarte la figure, on voit, comme nous
l'avons déjà montré, qu'il fut frappé par l'épé
Tel est le langage de la prophétie, et il correspond exactement au caractère, aux
actions, au sort de l'ancien type. Comment s'accorde-t-il avec le système
analogue ? Le pouvoir de la Rome impériale païenne, ce pouvoir qui le premier
persécuta l'Église de Christ, qui plaça ses soldats autour de la tombe du Fils de
Dieu lui-même pour le dévorer, si cela avait été possible, lorsqu'il ressusciterait
comme premier né d'entre les morts
pour gouverner toutes les nations,
pouvait-il être représenté par le serpent de feu ? Rien, en effet, ne pouvait le
dépeindre plus exactement.
Parmi les nombreux seigneurs et les nombreuses divinités adorées dans la ville
impériale, les deux grands objets de culte étaient le feu éternel, qui brûlait
toujours dans le temple de Vesta, et le serpent sacré d'Epidaure. Dans la Rome
païenne, ce culte du feu et ce culte du serpent étaient quelquefois séparés,
quelquefois confondus, mais tous les deux occupaient une grande place dans
l'estime des Romains. Le feu de Vesta était considéré comme l'un des principaux
protecteurs de l'empire. On disait qu'il avait été apporté de Troie par Énée à qui il
avait été confié par les soins de l'ombre d'Hector
aussi était-il conservé avec
le soin le plus jaloux par les vierges
Vestales qui, en raison de leur charge, étaient entourées des plus grands
honneurs. Le temple où elles le gardaient, dit Augustin, était le plus sacré et le
plus honoré de tous les temples de Rome
Le feu qui était gardé avec une
telle sollicitude et dont dépendaient tant de destinées, avait les mêmes caractères
que chez les anciens Babyloniens, adorateurs de cet élément. On le regardait
comme purificateur et chaque année au mois d'avril, à l'époque des Palilia, ou