Page 124 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

Version HTML de base

ASTRES.
________________________________________
Le soleil, la lune et les étoiles sont appelés, dans l'Écriture, l'armée des cieux, l'armée de l'Éternel. C'est le
plus magnifique spectacle que Dieu ait donné à notre terre; il est digne de l'admiration des hommes, et
doit élever leurs cœurs vers l'Être suprême, créateur de ce vaste univers. Mais comme la pauvre créature,
pécheresse et corrompue depuis la chute, ne saurait admirer sans être tentée d'adorer et de rendre un
culte, l'Esprit-Saint qui, dans les trois premiers chapitres de la Genèse, semble avoir renfermé le plus
sublime manuel de dogmatique, a pris soin de raconter la création de ces divers luminaires auxquels Dieu
n'a donné l'existence que pour l'agrément et l'utilité de l'homme. Ces astres ne sont point des dieux, ce
sont des choses créées qui s'en iront et s'envieilliront; ces astres ne sont que des serviteurs de Dieu,
destinés à l'usage de l'homme; un jour ils passeront, mais l'homme vivra éternellement. Les peuples, sans
connaissance du vrai Dieu, sont tous arrivés à une astrolâtrie, qui est bien la plus concevable et la plus
noble des idolâtries, mais qui n'est cependant qu'une idolâtrie. L'éclat, la beauté de ces astres, leur
influence réelle, mais éloignée, sur l'ordre du monde, la fixité des uns, la régularité des autres dans leur
cours, le retour des saisons qui en dépend, les effets de la lune sur quelques maladies, en un mot, tout ce
qu'il y a en eux de grand et de mystérieux, leur a fait attribuer, par différents peuples et dans presque
tous les temps, une force, une connaissance, une espèce de vie, une action, une influence magique sur les
destinées de ce monde, bonne ou mauvaise suivant la constellation sous laquelle tel homme est né,
suivant la conjonction d'étoiles dans laquelle telle entreprise se forme ou s'exécute; de là l'astrologie si
généralement crue des anciens, et même de quelques modernes (Bodin, de Thou, Montaigne), et dont
l'Écriture nous montre des traces chez les Babyloniens, q.v. Ésaïe 47:13; Daniel 1:20. Les Juifs semblent
avoir puisé dans leur captivité de soixante et dix années, quelques idées astrologiques; Philon fait à cet
égard une profession de foi très explicite, et les rabbins plus modernes ne se sont pas fait faute des mêmes
erreurs. Maïmonides en particulier, estime qu'entre les sages il ne peut pas y avoir deux opinions pour ce
qui regarde les astres: chaque herbe doit avoir son étoile particulière, chaque homme de même, sans
toutefois que sa liberté morale en soit atteinte ni détruite; les astres n'ont d'influence que sur les choses
extérieures, sur le corps, la santé, la génération et la corruption des êtres. On trouve à la vérité, dans
l'Écriture, des passages où les astres sont traités comme des créatures intelligentes, invitées à louer le
Seigneur, capables de recevoir des ordres et d'y obéir, exerçant même une espèce d'influence particulière
sur les produits du sol, Job 9:7; Psaumes 148:3; Deutéronome 33:14; Psaumes 104:19, etc. Mais tous ces
passages sont pris dans un sens poétique, et ne peuvent pas plus favoriser l'astrologie, que tant d'autres
passages où la terre, l'herbe, les eaux sont personnifiées, ne prouvent que ces objets soient effectivement
animés. Moïse se prononce très fortement contre le penchant à l'astrolâtrie; il interdit au peuple de Dieu
de se faire aucune espèce d'image ou d'effigie «de peur, ajoute-t-il, qu'élevant tes yeux vers les cieux, et
qu'ayant vu le soleil, la lune et les étoiles, toute l'armée des cieux, tu ne sois poussé à te prosterner devant
elles, et que tu ne les serves, vu que l'Éternel ton Dieu les a données en partage à tous les peuples qui sont
sous tous les cieux», Deutéronome 4:19. Et Job, parlant de la supposition où il aurait pu se laisser aller à
adorer le soleil qui brille et la lune qui marche noblement, dit: «C'eût été une iniquité toute jugée, car
j'eusse renié le Dieu d'en haut», 31:26,28.
Quant à l'astronomie des Hébreux, elle ne paraît pas avoir été fort avancée, non plus que celle des autres
peuples de l'antiquité. Elle reposait sur les observations que les pâtres pouvaient faire en gardant leurs
troupeaux dans de vastes steppes dont aucune montagne ne bornait l'horizon: de là vient aussi que la
plupart des noms que les constellations ont reçus, sont empruntés à la vie champêtre de ces premiers
astronomes, le Bélier, le Taureau, etc. Les patriarches ont déjà senti leurs cœurs s'émouvoir à la
contemplation des beautés célestes, cf. Genèse 15:5; 37:9, et leur langue emprunta plus d'une figure à la
langue des cieux. Le soleil et la lune furent distingués naturellement au milieu des autres habitants de
l'espace, à cause de leur grandeur et de leur éclat, cf. Genèse 1:16, et la lune amena la première division
du temps en mois et années (q.v.). On célébrait chaque nouvelle lune par des fêtes solennelles; cf.
Psaumes 81:4; 1 Samuel 20:5; etc. Les principales étoiles ou constellations mentionnées dans la Bible, sont:
122