Page 391 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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L'histoire ancienne de cette contrée se perd dans les nuages de la poésie et de l'imagination des peuples
enfants. Quelques hordes venues de l'Orient, quelques Arabes dirigés par des chefs nommés Hyksos,
passèrent l'isthme de Suez, et chassèrent devant eux les premiers occupants, qui s'arrêtèrent dans la
Thébaïde, et y demeurèrent près de deux siècles, battus, mais insoumis, jusqu'au moment où leurs tribus
diverses s'étant réunies sous l'influence de Diospolis, la plus puissante d'entre elles, et guidées par
Thoutmosis III ou Mœris, elles purent secouer le joug des rois pasteurs. C'est donc avant l'invasion des
Hyksos, qu'Abraham, Isaac, Jacob et Joseph auraient visité cette contrée.
— Mais ce n'est guère que depuis Sésostris (1491 avant J.-C.), que l'histoire d'Égypte perd ce qu'elle a de
fabuleux et d'incertain; elle commence dès lors à se mêler au mythe, la vérité au roman; c'est l'époque des
constructions gigantesques et des révolutions. Le pouvoir de Sésostris offusque le parti prêtre qui,
humilié de n'occuper que le second rang dans la nation, prépare ses mesures, laisse passer avec calme
quelques générations, puis enfin, secondé par les Éthiopiens de Méroë, s'élance sur le trône dans la
personne de Séthos, et en précipite le dernier roi de la caste guerrière, Sabakon. Le prêtre-roi gouverne
avec habileté, mais les guerriers qu'il a refoulés au second rang l'abandonnent, et son autorité s'éteint avec
lui. À cet usurpateur succède l'anarchie, puis la dodécarchie, et Psamméticus après avoir supplanté par la
ruse et la force ses onze collègues, devient, en 650, maître de toute l'Égypte; sa famille occupe le trône
encore trois générations, Nécho, Psammis et Apriès, (c'est apparemment pendant le règne de l'un d'entre
eux que Nébucadnetsar fait la conquête de l'Égypte annoncée par les menaces des prophètes, Jérémie
43:12; 46:13; Ézéchiel 29:19; 30:4): Apriès est tué dans une émeute populaire, et un homme nouveau,
Amasis, est revêtu de la royauté par la volonté nationale; son règne fut le dernier moment de
l'indépendance de l'Égypte; son fils Psamménite (526) n'hérita pas de ses talents, et laissa tomber sa
couronne entre les mains de Cambyse, roi des Perses (521). L'histoire nomme encore les rois Inarus,
Achoris, Tuchos, Nectanebus qui fut dépouillé par Artaxercès Ochus (346). Dix neuf ans après c'est
Alexandre le Grand qui vient y planter ses armes (327), et qui la livre pendant trois siècles aux Ptolémées,
descendants d'un de ses généraux: Soter, Philadelphe, Évergète, Philopator, Épiphanes, Philométor,
Évergète II ou Physcon, Lathure, Cléopâtre 1er, sa fille, femme d'Alexandre 1er, neveu de Lathure,
Alexandre II, Ptol. Nothus ou Aulétés, Ptol. Dénys ou Bacchus, Cléopâtre II sa sœur. La bataille d'Actium
met (in à cette dynastie. À l'exception des Pharaons pasteurs dont il est parlé dans la Genèse et l'Exode,
l'Écriture sainte ne nous a conservé les noms propres que de quatre de ces rois d'Égypte, savoir Sisak, 1
Rois 11:40; (Sesonchis ?), Nécho, 2 Chroniques 35:20; Jérémie 46:2; So, 2 Rois 17:4; et Hophra, Jérémie
44:30.
— Voir: ces différents articles.
Les dates égyptiennes sont le labyrinthe de la chronologie; Manéthon, Hérodote, Diodore de Sicile varient
dans leurs données et ne s'accordent que rarement sur les chiffres, ce qui semble indiquer déjà que le
calendrier égyptien était jugé diversement chez les divers peuples; d'ailleurs le nombre prodigieux
d'années du règne de certains rois, et même de plusieurs suites de rois, milite passablement en faveur de
l'opinion que les années de l'Égypte n'étaient point les mêmes que les nôtres; enfin, nous avons le
témoignage de Diodore de Sicile qui dit que de son temps déjà l'on se méfiait de ces années, et que
quelques-uns les réduisaient à un mois suivant le cours de la lune; les années des Égyptiens auraient subi
diverses modifications: d'un mois d'abord, elles auraient été ensuite de deux mois, puis de quatre. C'est
dire qu'il n'y a pas moyen de s'en tirer, car l'embarras serait, en admettant même ces suppositions, de
fixer quelles années auront été d'un mois, ou de deux, ou de quatre. Le plus sûr est par conséquent de
s'en tenir pour la chronologie égyptienne à quelques dates générales, et notamment aux synchronismes
qui sont indiqués dans la Bible: ainsi la contemporanéité de Nécho et de Josias et Jéhojakim, 2 Rois 23:29
(cf. Ézéchiel 19), celle de Sédécias et de Apriès (Hophra), Jérémie 44:30, celle de l'éthiopien Tirhaca et
d'Ézéchias, 2 Rois 19:9; Ésaïe 36:6, celle de So et de Hozée, roi d'Israël, 2 Rois 17:4, celle de Sisak et de
Salomon et Jéroboam, 1 Rois 11:40, puis en remontant encore plus loin, celle de David et des Pharaons, 1
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