serpent n'est qu'un terme figuratif qui représente l'esprit de la chair en l'homme, un esprit de contrariété humaine
qui veut son indépendance de Dieu et s'oppose à toutes ses voies.)
Adam nomma sa femme Ève, c'est-à-dire vivante, parce qu'elle devait être la mère des vivants:
l'immortalité de l'individu fut remplacée sur la terre par celle de la race, mais ce fut toujours
l'immortalité. Puis l'Éternel, les ayant revêtus de robes de peaux, les chassa du paradis, dont il fit garder
l'entrée par un ange armé d'une épée flamboyante. Bientôt après naquirent Caïn et Abel portant l'un et
l'autre l'image de leur père terrestre, c'est-à-dire pécheurs et mortels comme lui. D'autres enfants en
grand nombre, des fils et des filles, furent donnés à Adam; Seth est le seul dont le nom soit conservé; il
naquit la 130e année de son père. Adam mourut huit siècles après, à l'âge de 930 ans. Lémec, père de Noé,
en avait alors 56.
Observations détachées.
1.
On a pensé, mais sans fondement, que le mot Adam signifiait premier créé; d'autres ont cru y
reconnaître le mot sanscrit Adim, qui signifie le premier; enfin, l'on a prétendu qu'il dérivait d'un mot
hébreu signifiant ressemblance. Ce qui est plus probable, c'est qu'il vient de Adamah, terre: le corps
d'Adam fut formé de terre, et c'est encore à présent la terre végétale, ou terreau, qui, varié de mille
manières, est le principe constitutif, non seulement des végétaux, mais encore des animaux.
2.
La création de l'homme est racontée de manière à nous montrer combien d'importance l'esprit de
Dieu donne à la formation de ce chef-d'œuvre sorti des mains du Créateur. Le récit ne nous dit pas
simplement que l'homme a été formé, mais il nous fait part des pensées divines qui précédèrent ce grand
et dernier acte de la création; l'Éternel tient conseil et veut que nous sachions l'idée essentielle que sa
puissance va réaliser. «Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance.»
3.
«Dieu souffla en l'homme une respiration de vie, et l'homme fut fait en âme vivante, ce qui veut
dire, non seulement que Dieu donna la vie à l'homme comme il l'avait déjà donnée aux animaux, mais
encore qu'il lui donna une âme, siège de l'intelligence et du sentiment, et qu'il le doua d'un sens moral qui
était la vie de son âme et son privilège essentiel. Par ses sens, dont rien ne troublait le libre et droit
exercice, l'homme était en rapport avec la nature matérielle, et les facultés de son entendement dans leur
force originelle le mettaient en état de saisir tous ces rapports et de les combiner, en sorte qu'il avait, hors
de lui et en lui, la source de toutes les connaissances naturelles qu'il devait progressivement acquérir.
D'un autre côté, il pouvait s'élever par le sens moral aux relations qui l'unissaient à Dieu, et les pieuses
affections de son cœur devaient tendre à se développer par la contemplation et par l'exercice. Tel nous
parait avoir dû être le premier homme quand il sortit des mains de son Créateur, sans toutefois que nous
croyions possible d'arriver à quelque chose de bien certain sur sa nature, vierge encore de toutes
impressions, que les uns croient avoir été extrêmement développée, et que d'autres comparent à celle
d'un enfant admirablement doué de la puissance d'acquérir, mais qui n'a encore rien acquis.
4.
La dégradation dans laquelle tombe le premier homme, et les rapides progrès qu'il fait dans la
voie du mal, sont vraiment effrayants. On peut remarquer trois faits dans cette chute: la faiblesse
singulière du pécheur, qui cède à la voix de sa femme; sa lâcheté à vouloir s'excuser en l'accusant; enfin,
et surtout, l'endurcissement qu'il manifeste au point de n'exprimer aucune repentance de son péché. C'est
que le repentir est impossible là où il n'y a point d'espérance, et nulle promesse de pardon n'était encore
sortie de la bouche de l'Éternel. Mais, dès que la promesse d'un libérateur eut été prononcée, il y eut pour
Adam une voie de retour à Dieu, et le nom même qu'il donna à sa femme semble indiquer qu'il entra
aussitôt dans cette voie. Il l'appela Vivante et Mère des vivants, au moment que la sentence de mort
contre elle et contre sa postérité venait d'être portée; ce qui rend probable qu'il lui donna ce nom en vue
de la promesse, c'est-à-dire par la foi.
5.
Si le Seigneur afflige quelqu'un, il en a aussi compassion selon la grandeur de ses gratuités, a dit
Jérémie, Lamentations 3:32; et non seulement, après la chute, Dieu donne la promesse d'un Rédempteur,
mais même plusieurs parties de la malédiction sont de réelles bénédictions, un bonheur dans le malheur,
de tristes remèdes, mais pourtant salutaires à l'homme. Que fussions-nous en effet devenus si, le mal
étant entré dans le monde, nous n'eussions pas été assujettis à travailler pour vivre, et que de maux
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