Page 518 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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C'est de ce patriarche que les Hébreux ont pris leur nom, et l'on ne sera pas étonné que parmi tous ses
ancêtres Abraham ait choisi celui-ci pour en faire plus spécialement le chef de sa postérité, si l'on réfléchit
à ce qui a été dit sur la longévité proportionnellement si grande de Héber, si on se le représente à travers
les siècles présidant toujours à de nouvelles naissances et à de nouvelles morts; si l'on se rappelle que
jusqu'à Héber aucun des ancêtres d'Abraham n'a été proprement un chef de famille, puisqu'Héher était
toujours au-dessus d'eux; si l'on se rappelle enfin que c'est au temps d'Héber qu'eut lieu la dispersion des
peuples révoltés, et que la famille hébérienne ayant soigneusement conservé le bon dépôt de la vérité, il
importait à Abraham de se rattacher à elle par un même nom, comme il lui était uni déjà par une même
foi.
— Peut-être aussi la signification du nom d'Héber (de l'autre côté, au-delà), est-elle entrée pour beaucoup
dans le choix qu'Abraham a fait de ce nom. «C'est en Abraham que le nom d'Héber trouve son
accomplissement littéral; car les descendants d'Héber par Péleg s'établirent au-delà de l'Euphrate, tandis
que les autres ne franchirent pas ce fleuve.» Schrœder. C'est aussi l'explication de Jarchi et de
Maïmonides. Nombres 24:24, Héber est mis pour les Hébreux, comme ailleurs Israël pour les Israélites.
2.
Héber, descendant de Hobab le beau-frère de Moïse. Sa famille, sans doute prosélyte, s'attacha
d'abord à la tribu de Juda, et s'établit à Jérico; puis elle descendit vers le sud, et dressa ses tentes dans les
déserts de Juda, près de Harad, ou même plus au sud encore, sur le territoire d'Hamalec, 1 Samuel 15:6. Il
paraît que Héber se sépara de sa famille lors de la guerre de Jabin, car on le trouve à cette époque établi
avec Jahel, sa femme, auprès d'une forêt de chênes vers Kédès, où ses tentes sont dressées, Juges 1:16.
4:11; 5:24. Il était Kénien d'origine, et compta dans sa postérité Réchab et Jonadab, 2 Rois 10:15.
3.
Héber, 1 Chroniques 4:18; Josué 15:35, père de Soco, ville de Juda.
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HÉBREUX
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Pour éviter des répétitions inutiles, et pour ne pas renfermer sous ce titre tous les articles du Dictionnaire,
car il serait facile de grouper en un seul article tout ce qui concerne la vie nationale des Hébreux, leur
législation, leurs coutumes, leur religion, leur histoire, la géographie de leur pays, etc., nous devons
renvoyer aux articles spéciaux, et nous borner ici à quelques considérations générales sur leur langue et
sur leur histoire.
La langue hébraïque est appelée, dans l'Ancien Testament, langue de Canaan, Ésaïe 19:18, et langue
judaïque, 2 Rois 18:26; Néhémie 13:24. Les Juifs, dans leurs Targums, l'appellent volontiers langue sainte,
et le Nouveau Testament l'appelle langue ou dialecte hébraïque. L'hébreu appartient à la catégorie de
langues qu'on a longtemps appelées orientales d'après saint Jérôme, et que l'on a commencé depuis
quelques années à appeler sémitiques, dénomination plus précise, quoiqu'elle laisse encore quelque chose
à désirer. L'hébreu est une langue pauvre en mots; il n'en possède que 5,642, d'après le savant Leusden, et
à peine 500 racines; mais il est riche par l'ingénieux développement de son organisme grammatical, la
flexibilité de ses verbes, et le grand nombre de nuances synonymiques qu'il possède, principalement pour
exprimer des idées abstraites: ainsi l'on a compté 18 mots pour l'idée de briser, broyer; 14 pour la
confiance en Dieu; 25 pour l'observation de la loi, etc.
— Voir: sur ce sujet, qui n'intéresse directement qu'un petit nombre de personnes, l'excellente grammaire
de M. le professeur Preiswerk (Genève 1838), et, en allemand, celles de Gesenius, de Freytag, d'Ewald et
de Stier (1re partie).
Nous n'indiquons que celles-là, quoiqu'il y en ait d'autres en latin, en allemand, en anglais, et même en
français (Cellérier); mais elles sont, les unes abandonnées, les autres discréditées, faibles ou mauvaises, et
les cinq ci-dessus nommées, surtout le Lehrgebaüde de Gesenius, et celui de Stier, suffisent amplement
pour une étude approfondie du texte sacré, comme la grammaire française de Preiswerk suffit à celui qui
veut seulement se mettre à même d'étudier dans l'original le sens de la parole divine: l'introduction à ce
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