Page 519 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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dernier ouvrage renferme l'histoire de la langue hébraïque, et des considérations générales sur la
structure de l'hébreu, qui ne seront pas sans intérêt même pour des lecteurs étrangers à cette étude.
L'histoire des Hébreux appartient à la partie la plus admirable et la plus sûre de l'histoire ancienne, et
quoiqu'elle se présente rarement unie à celle des autres nations, quoiqu'elle ne soit guère entrée dans le
concert politique de ces temps reculés, elle n'en mérite pas moins, comme elle l'a toujours obtenue,
l'attention des sages, des savants et des historiens. L'Écriture sainte est la seule source authentique qui
nous ait transmis les faits et gestes des Hébreux; es qu'en racontent les auteurs profanes est empreint de
l'ignorance dans laquelle ils étaient sur une nation qui leur fermait en quelque sorte ses portes par son
isolement, et l'on trouve chez eux les fables les plus ridicules et les accusations les plus étranges; Flavius
Josèphe qui a puisé aux sources inspirées, peut être accusé d'avoir quelquefois embelli par patriotisme, et
aux dépens de l'exacte vérité, les faits dont il avait connaissance; mais son histoire n'en est pas moins utile
à consulter,
— Voir: encore en français Prideaux et G. Monod (Essai, etc.).
On divise ordinairement en quatre, périodes l'histoire des Hébreux jusqu'à l'exil:
1.
D'Abraham à Moïse, environ 600 ans;
2.
de Moïse à l'établissement de la royauté, 500 ans;
3.
de Saül à Salomon, 120 ans;
4.
depuis le schisme des deux royaumes jusqu'à l'exil, 387 ans (de 975 à 588 avant J.-C.).
Dans la première période, la postérité d'Abraham se multiplie et devient peuple; dans la seconde, elle
reçoit et accepte une constitution théocratique dont Dieu est le roi: c'est une époque de miracles,
l'intervention divine dans le gouvernement direct; dans la troisième, changement de constitution: le roi
est faillible, et le sort du peuple dépend de la fidélité de son roi; dans la quatrième, rivalités, schismes,
usurpations, guerres civiles, meurtres, idolâtrie et châtiments. Avec Juda, Jérusalem tombe en ruines, 587
avant J.-C. Le chef-lieu politique et le sanctuaire religieux sont renversés; le peuple est emmené captif, il
n'y a plus de Juifs, mais seulement des colons, et les Hébreux eussent perdu à tout jamais leur nationalité,
s'ils eussent pu la perdre.
Épître aux Hébreux. Elle a été écrite pour des Juifs, comme son titre l'indique, ou pour des chrétiens
convertis du judaïsme; il paraît en outre, par divers détails, qu'elle était adressée à une congrégation
particulière; cela se voit par la salutation que l'auteur adresse à ses lecteurs de la part des fidèles d'Italie,
et par la promesse qu'il leur fait de se rendre bientôt auprès d'eux avec Timothée. Storr a pensé aux Juifs
de la Galatie, Bengel à ceux de l'Asie Mineure (Pont, Cappadoce, Galatie et Bithynie); Semler à ceux de la
Macédoine, d'autres à ceux de Home, d'autres à ceux d'Espagne, Ziegler et Bœhme à ceux d'Antioche,
Hase à ceux d'une portion peu visitée de la Palestine, que notre Sauveur n'avait pas évangélisée, et qui
était livrée aux influences des Nazaréens et des Ébionites. On voit que les hypothèses ont fait le tour de
l'empire romain; on a cherché les Hébreux partout ailleurs que dans leur siège naturel, la Palestine, et
Jérusalem en particulier; c'est là cependant qu'il faut, selon toute apparence, les chercher; les lecteurs de
cette épître se présentent en effet d'une manière bien différente des Juifs ou des judaïsants, ordinairement
combattus par saint Paul; on voit en eux des hommes qui ont conservé un grand attachement pour le
régime lévitique du temple, ainsi que pour la hiérarchie sacerdotale, dispositions qui se comprennent
mieux chez des habitants du centre théocratique que chez des exilés. L'épître, d'ailleurs, ne trahit aucun
indice de la présence ou du voisinage de chrétiens d'origine païenne, ou de démêlés entre les uns et les
autres, et des allusions à ce fait n'eussent pas manqué, si les Juifs s'étaient trouvés hors de leur patrie
religieuse. Nous n'hésitons pas à nous ranger sur ce point à l'opinion des Pères, Clément d'Alexandrie,
Eusèbe, Chrysostôme (?), Jérôme et Théodoret.
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