Page 613 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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l'amour est le fond de son caractère; il embrasse tout, il supporte tout; il aime tout ce qui a un cœur
d'homme, il aime surtout les faibles et les chétifs; c'est aux pauvres que l'Évangile est annoncé; il
représente l'humanité dans le sens le plus large; il prêche la fraternité universelle. On ne doit donc pas
s'étonner de voir son nom devenir si populaire, de son vivant encore, et servir aux générations de dix-
huit siècles, comme un symbole de ce qu'il y a de plus divin dans l'humanité; là même où l'Église l'a
méconnu, le peuple l'a reconnu et revendiqué, souvent mal à propos et dans l'ignorance, mais cette
ignorance est la faute de ceux qui ne l'ont pas compris eux-mêmes, lorsqu'ils étaient chargés de
l'expliquer. Aux jours de Jésus le peuple attendait le libérateur d'Israël, mais un libérateur terrestre; et
dans tous les temps Jésus a été considéré par les peuples comme le représentant d'un libéralisme
politique; c'est une erreur qu'il faut imputer avant tout à ceux qui ont voulu faire du christianisme un
moyen de régner, et qui n'ont pas voulu comprendre que son règne n'est pas de ce monde.
— Voir: Bastie, Démocratie et Religion, p. 29.
10.
Les ouvrages les plus importants à consulter sont, outre les commentaires: la Vie de Jésus par
Hess, écrite surtout en vue de l'édification; la Vie de Jésus, par Néander, écrite davantage au point de vue
scientifique et dogmatique; divers fragments de Herder dans ses Œuvres mêlées, et la plupart des
voyages en Palestine. En français nous n'avons presque rien; aucune vie de Jésus proprement dite;
quelques travaux spéciaux seulement, et limités dans leur but; quelques traductions de l'allemand,
Sander, Olshausen; puis, sur l'Oraison dominicale, Bonnet, les Discours du pasteur Bridel, de Lausanne,
et les Conférences de J. Martin, de Genève; la Famille de Béthanie, par Bonnet; quelques travaux
dogmatiques de Malan, Gaussen, Roussel; sur son Procès, l'ouvrage de M. Dupin; sur sa Passion, un
grand nombre de discours (Saurin, Ad. Monod, H. Monod, Grand-pierre), et de recueils, parmi lesquels
nous citerons Francillon, Galland, Dardier, les Homélies du R. P. Innocent, traduction du russe par A, de
Stourdza, les Conférences de J. Martin, etc. Nous rappelons aussi pour mémoire l'ouvrage fabuleux du
docteur Strauss, et les nombreuses réfutations dont il a été l'objet.
11.
On ne possède aucune donnée authentique sur la figure et la taille du Christ; les représentations
et portraits les plus anciens qu'on en a faits, n'ont aucune valeur historique: ainsi, la statue d'airain que lui
érigea, dit-on, à Panéas (Césarée), l'hémorrhoïsse qu'il avait guérie, monument qui fut détruit par ordre
de l'empereur Julien; ainsi, le portrait que Jésus aurait lui-même envoyé à Abgare, roi d'Édesse; ainsi, le
saint mouchoir qui aurait servi à essuyer sa sueur, et aurait reçu miraculeusement l'empreinte de sa
ligure (le même qui a dernièrement pâli à Rome, et dont les yeux ont lancé des éclairs d'indignation à
propos de la ruine commencée de la papauté); ainsi, les portraits que Luc aurait faits de Jésus, de Marie et
de plusieurs apôtres; ainsi encore, la description qu'en a donnée un employé romain, Publius Lentulus, et
dont les textes varient considérablement:
«Capillos verò circinos et crispos,... barbam habens copiosam et rubram,... bifurcatam, etc.» Ce que l'on
peut dire, c'est que, selon toute probabilité, Jésus n'avait pas de défauts corporels, qu'il n'avait rien non
plus de bien saillant dans son extérieur, puisque Marie l'a pu prendre d'abord pour le jardinier, que les
disciples d'Emmaüs, et une autre fois les apôtres, au bord du lac de Tibériade, sont restés quelques
moments avant de le reconnaître. Sa physionomie devait refléter la grandeur de son âme, et cet amour de
l'humanité qui était le fond de son caractère et le mobile de sa mission; il devait enfin porter l'empreinte
de la souffrance. Son regard et sa voix paraissent avoir eu quelque chose de particulièrement puissant.
Quelques pères, Clément d'Alexandrie, Origène, ont cru, mais à tort, pouvoir conclure de Ésaïe 53:2, que
l'extérieur du Seigneur était méprisable et repoussant, mais cela se rapporte plutôt à sa mission et à sa
condition qu'à son corps et à sa figure. Néanmoins, par analogie, le Cantique des cantiques semble en
donner une description anticipatoire assez juste (Can. 5 :10-16).
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