8.
La durée de son ministère ne peut être déterminée d'une manière exacte et sûre.
Néanmoins selon
le prophète Daniel le ministère de Christ est de 3 ans et demi
. On trouverait les éléments de cette recherche
dans le nombre des Pâques que Jésus a célébrées, mais les trois premiers évangélistes ne mentionnent que
la dernière, et Jean qui parle de cinq fêtes juives que Jésus aurait faites à Jérusalem, outre une Pâque qu'il
a passée en Galilée, ne les détermine pas assez nettement pour qu’on n’en puisse rien conclure à coup sûr.
Trois Pâques au moins sont cependant indiquées: la première, Jean 2:13, peu après le baptême de Jésus,
ainsi presque au commencement de son ministère; la seconde, Jean 6:4, Jésus est en Galilée; la troisième et
dans tous les cas la dernière, Jean 12 et 13. Le ministère de Jésus aurait ainsi duré un peu plus de deux
ans. Mais si la fête des Juifs, Jean 5:1, doit être entendue de la Pâque, ce serait une année de plus qu'il
faudrait ajouter à la durée de sa carrière publique. Sans entrer dans des détails qui sont du ressort des
commentaires, on peut dire que le mot fête, même sans article, désigne souvent la Pâque, Matthieu 27:15;
Marc 15:6; Luc 23:17; cf. Jean 18:39; que Jean, qui a l'habitude de mesurer le temps par les fêtes, n'a pas
voulu dire simplement qu'il y avait une fête, mais la fête, ce qui semble se rapporter plus spécialement à
la Pâque; qu'il ne peut guère être question ici, ni de la fête de Pentecôte, ni de celle des Tabernacles, ni de
celle de Purim, quoique ce soit l'opinion de Keppler, proposée pour la première fois en 1615, et adoptée
aujourd'hui par Hug, Neander, Olshausen, Tholuck, Meyer, Wieseler; que la plupart des auteurs anciens
et modernes se prononcent pour la Pâque; ainsi Irénée: «Et posthac iterum secundâ vice adscendit (Jésus)
in diem Paschæ in Hierusalem, quando paralyticum, qui juxta natatoriam jacebat XXXVIII annos, curavit,
etc.;» c'est l'opinion d'Eusèbe et de Théodoret, de Luther, Scaliger, Grotius, Lightfoot, Leclerc, Lampe,
Hengstenberg, Greswell, etc. Cyrille et Chrysostome, Érasme, Calvin, Bèze et Bengel, pensent qu'il s'agit
de la Pentecôte. Lücke et De Wette laissent la question indécise.
On voit que les limites de la vie publique de Jésus sont entre deux ans et demi et trois ans et demi.
D'après ce que nous avons dit de l'époque de sa naissance, et en se rappelant qu'il commença son
ministère à l'âge d'environ trente ans, il serait mort à l'âge de trente-deux ou trente-trois ans, et vers l'an
28 ou 29 de 1ère chrétienne; les termes extrêmes sont l'an 781 et l'an 783 de Rome, quoique plusieurs pères
de l'Église le fassent mourir à un âge beaucoup plus avancé, quarante ou cinquante ans, et ne lui donnent
en outre qu'une carrière publique de huit à dix mois, d'un an au plus. Selon la prophétie des 70 semaines
du prophète Daniel, le ministère de Jésus semble avoir été de trois ans et demi, puisque Christ est
retranché dans la moitié de la dernière semaine lorsqu’il fait cesser le sacrifice du temple par le sien,
établissant ainsi la Nouvelle Alliance en son sang versé sur la croix (Dan. 9:26,27).
— Voir: Winer, Realw.
9.
Calme et tranquille dans la pacifique révolution qu'il apporte au monde, Jésus ne veut pas
démolir le judaïsme avant d'avoir établi le christianisme. Il continue d'observer lui-même les
prescriptions de la loi, et s'il les maintient dans toute leur sévérité, en opposition à la lâche tolérance des
prêtres d'alors, c'est peut-être pour constater une dernière fois qu'il est impossible à l'homme d'être sauvé
par les œuvres. En observant la loi il en détermine l'esprit. Il fait du bien à tous, aux païens comme aux
Juifs, au centenier de Capernaüm, à la syrophénicienne, comme à Jaïrus, le chef de la synagogue; il
supporte les intolérants Samaritains, et les protège contre l'intolérance de ses disciples; il ne craint pas de
s'entretenir publiquement avec une femme de cette nation détestée des Juifs; peu soucieux de l'opinion
publique, et la bravant, il s'établit en Galilée, et choisit ses amis et ses disciples parmi les humbles et
méprisés Galiléens, protestant ainsi de diverses manières contre les préjugés de l'orgueil humain, de
l'orgueil national, de l'orgueil hiérarchique, et de l'orgueil personnel. Il pardonne aux pécheurs, il est
l'ami des pauvres, des péagers, des gens de mauvaise vie; il habite avec eux, et les reprend avec douceur,
les relevant au lieu de les abaisser; il semble n'avoir de paroles sévères que pour les grands de ce monde
et les dignitaires du temple; Hérode est un renard, les prêtres et tout ce qui est à leur dévotion, une race
de vipères. On le voit pleurer avec ceux qui pleurent, avec la veuve de Naïn, avec la famille de Lazare;
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