Page 624 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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Voici quelques paroles de l'abbé Fleury sur le jeûne; il regrette les anciens temps, et après avoir cité pour
modèles les Juifs, les apôtres et les premiers chrétiens, il ajoute: «Je sais que l'on est aujourd'hui peu
touché de ces exemples. On croit que ces anciennes austérités ne sont plus praticables. La nature, dit-on,
est affaiblie depuis tant de siècles. On ne vit plus si longtemps. Les corps ne sont plus si robustes. Mais je
demanderais volontiers des preuves de ce changement; car il n'est point ici question des temps héroïques
de la Grèce, ni de la vie des patriarches ou des hommes avant le déluge: il s'agit du temps des premiers
empereurs romains, et des auteurs grecs et latins les plus connus. Que l'on y cherche tant que l'on voudra,
on ne trouvera point que la vie des hommes soit accourcie depuis seize cents ans. Dès lors, et longtemps
devant, elle était bornée à soixante-dix ou quatre-vingts ans. Dans les premiers siècles du christianisme,
quoiqu'il y eût encore quelques Grecs et quelques Romains qui pratiquassent les exercices de la
gymnastique pour se faire de bons corps, il y en avait encore plus qui s'affaiblissaient par les débauches,
particulièrement par celles qui minent le plus la santé, et qui font qu'aujourd'hui plusieurs d'entre les
Levantins (Orientaux) vieillissent de bonne heure. Cependant de ces débauchés d'Égypte et de Syrie sont
venus les plus grands jeûneurs, et ces grands jeûneurs ont vécu plus longtemps que les autres hommes.»
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JEUX.
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Les Hébreux n'étaient riches en divertissements d'aucun genre; leur caractère était trop sérieux, leur
éducation trop sévère, leur religion trop pure, même dans son formalisme. Les vers de Racine le font
admirablement sentir:
Quels sont donc vos plaisirs? — Quelquefois à l'autel
Je présente au grand prêtre ou l'encens ou le sel:
J'entends chanter de Dieu les grandeurs infinies;
Je vois l'ordre pompeux de ses cérémonies.
Sans doute, les enfants s'amusaient quelquefois; on les voit jouer dans les rues, Zacharie 8:5; Matthieu
11:16; Job 40:24; semble indiquer qu'ils aimaient à apprivoiser des oiseaux, et Zacharie, 12:3; qu'ils
connaissaient le jeu du disque ou un exercice gymnastique de ce genre, comme le jet de la pierre des
montagnards suisses. Ce sont les seules traces qui nous soient laissées de divertissements quelconques; et
du reste, on ne trouve chez eux aucune sorte de jeux particuliers, pas même le jeu de dés si usité chez les
anciens, ni jeux de hasard, ni jeux de représentations, ni théâtres, ni courses de chevaux, ni combats
d'hommes ou d'animaux. Et Salomon, qui avoue qu'il ne s'est refusé aucun plaisir, ne parle de rien de
semblable (Calmet); il ne parle que de beaux bâtiments, de jardins, de vignes, de vergers, de réservoirs
d'eau, de bonne chère, d'amas d'or et d'argent, de musiciens et de musiciennes. Dans le passage 2 Samuel
2:14, il n'est pas question d'un jeu, mais d'un véritable combat. La musique, Lamentations 5:14, le chant et
la conversation aux portes de la ville étaient les seuls délassements des Hébreux, leurs seules distractions.
Plus tard, après l'exil, lorsqu'ils se corrompirent par le contact des Grecs, ils acceptèrent leurs jeux, et les
pontifes eux-mêmes introduisirent dans les écoles publiques et dans les gymnases la lutte, la course, le
palet, 2 Maccabées 4:12; cf. 1 Maccabées 1:15; puis quand à la domination grecque eut succédé la
domination romaine, les Hérodes firent construire des théâtres et des amphithéâtres en plusieurs villes de
la Palestine, et y firent représenter des pièces et des jeux de tous genres, divertissement fort honnête, fort
innocent en lui-même, qui tendait seulement à faire aimer les choses visibles au détriment des choses
invisibles, et qui ne prépara pas les cœurs à recevoir le roi humble et débonnaire qui allait venir.
— Saint Paul fait quelques allusions aux jeux et aux combats des Grecs: 1 Corinthiens 9:24,27; 2 Timothée
2:4,5; peut-être aussi 1 Corinthiens 15:32; cf. 4:9, quoiqu'il ne soit pas très sûr (Rückert) que les bêtes
féroces dont il est parlé dans ce passage, soient de celles auxquelles on livrait quelquefois les malfaiteurs
pour satisfaire la curiosité théâtrale du public; une des principales objections, c'est que Paul était citoyen
romain, et que cette qualité devait le soustraire au supplice, mais son titre n'a pas toujours été connu ou
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