Page 64 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

Version HTML de base

100,000 du royaume d'Israël, pour les envoyer contre les Iduméens qui s'étaient soustraits sous Joram à
l'obéissance des rois de Juda, environ cinquante ans auparavant. Mais un prophète lui ayant rappelé que
toute alliance avec les tribus rebelles serait fâcheuse au royaume de Juda, il comprit que c'est Dieu seul
qui donne la victoire et qui met en fuite, et il se hâta de licencier les troupes étrangères, en faisant le
sacrifice des cent talents (près d'un million) qu'il avait donnés pour les enrôler. La victoire se prononça en
faveur de celui qui avait cru; il vainquit les Iduméens dans la vallée du Sel. Ici s'arrête la première partie
de la vie d'Amatsia; sa foi ne l'accompagna pas dans toute sa carrière, parce que ce n'était pas une foi
véritable; il se détourna de l'Éternel, et la fin de ses jours, à dater de cette victoire, ne fut plus que péchés
et malheurs. Au nombre des objets pris sur l'armée d'Édom se trouvaient les idoles de Séhir. Amatsia les
adora; puis, lorsqu'un prophète vint lui reprocher son incroyable idolâtrie, le culte de ces dieux vaincus,
Amatsia lui répondit: «Qui t'a établi conseiller du roi. Cesse de m'importuner, car pourquoi te ferais-tu
tuer?» Le prophète se retira donc, après lui avoir annoncé les châtiments que Dieu ferait tomber sur lui. Et
Dieu aussi s'était retiré de la cour et des conseils du malheureux roi. Enivré de sa récente victoire, il osa
défier son voisin d'Israël, et lui offrit le combat. On peut croire que la cause ou le prétexte de cette guerre,
ce furent les déprédations que les 100,000 Israélites, frustrés du butin qu'ils avaient espéré de remporter
sur Édom, avaient commises en s'en retournant dans leur pays, et dont le roi de Juda crut devoir
demander satisfaction. Joas, roi d'Israël, se comparant lui-même au cèdre du Liban, et son adversaire à
quelques ronces de la montagne, voulut le dissuader de son entreprise téméraire; mais Amatsia ne
l'écouta point (car cela venait de Dieu). Les deux armées se rencontrèrent à Bethsémès, et le roi de Juda,
fait prisonnier avec une partie de son armée, vit les remparts de Jérusalem démolis, ses trésors
transportés à Samarie, et les principaux des siens emmenés comme otages. Il survécut encore quinze ans à
Joas, et par conséquent à sa défaite; mais la fin de son règne fut sans gloire, et il périt victime d'une
conjuration. Il fut assassiné à Lakis où il s'était réfugié, et son corps fut transporté à Jérusalem où on
l'ensevelit avec ses pères.
2.
Amatsia, sacrificateur du veau d'or à Béthel (784 avant J.-C.), Amos 7:10 et sq., dénonça à
Jéroboam les prophéties d'Amos, et ses menaces contre le culte idolâtre d'Israël. Amos répondit au faux
prophète, qui l'engageait à s'enfuir de devant la colère du roi: «Je n'étais qu'un bouvier, piquant des
figues sauvages (pour les faire mûrir), lorsque l'Éternel me dit: Va et prophétise à la maison d'Israël.» Et
après avoir donné à Amatsia la preuve de sa divine mission, Amos lui annonça à lui-même les maux qui
fondraient sur sa maison, sur sa femme, et sur ses enfants.
— Cyrille d'Alexandrie, Épiphane et d'autres pères, ajoutent qu'Amatsia employa la violence pour forcer
le prophète à se taire, et qu'il lui fit souffrir divers supplices.
________________________________________
AMBASSADEUR,
________________________________________
officier d'un prince, envoyé pour annoncer quelque importante nouvelle, ou pour traiter quelque grande
affaire. Les anciens n'avaient pas d'ambassadeurs titrés et à poste fixe; ce n'était qu'une charge
temporaire, en vue d'un objet unique, et qui cessait après la négociation terminée. Élihézer, serviteur du
patriarche Abraham, fut l'ambassadeur de ce riche et puissant prince auprès de Nacor, Genèse 24:1. Plus
tard cette mission prit un caractère plus politique, ainsi que nous le voyons 2 Chroniques 32:9,31.
— Les ministres de l'Évangile sont appelés ambassadeurs de Christ, parce qu'au nom de ce Roi des rois,
peu nombreux sur la terre, ils sont chargés de dire aux hommes sa volonté, et de proclamer le traité de
grâce qu'il a fait avec eux; 2 Corinthiens 5:20. Éphésiens 6:20.
________________________________________
ÂME.
________________________________________
C'est le mot par lequel on traduit ordinairement l'hébreu néphesh dans l'Ancien Testament, et le grec
ψυχή dans le Nouveau, cf. Deutéronome 6:5; Matthieu 22:37. L'hébreu leb, cœur, et le grec καρδια,
désignent l'organe par lequel l'âme a la conscience d'elle-même, et perçoit les impressions, cf. Genèse 8:21;
62