Page 687 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

Version HTML de base

— Voir: Lévitique 13:1; sq. 14:1; sq. Nombres 5:1-4; Deutéronome 24:8-9.
Lorsqu'un homme était reconnu lépreux, le sacrificateur le déclarait impur, l'excluait du commerce des
hommes, le reléguait à la campagne dans la société d'autres lépreux, 2 Rois 7:3; Luc 17:12, ou dans des
lieux inhabités; on lui déchirait ses vêtements en signe de deuil, et s'il voyait quelque étranger
s'approcher de lui sans défiance, il était tenu de l'avertir en lui criant de loin, Souillé! souillé! Aucun rang
ne pouvait soustraire à cet isolement; la sœur de Moïse dut sortir du camp, Nombres 12:15, et Hozias
demeurait dans une maison écartée, 2 Chroniques 26:21. Cette solitude n'était cependant pas un
emprisonnement, et on les voit dans l'Évangile, comme de nos jours encore en Arabie, se promener
librement; il paraîtrait même, d'après Lightfoot, qu'ils étaient admis dans les synagogues. Lorsqu'un
lépreux se croyait guéri, il allait se montrer au sacrificateur, sans la permission duquel il ne pouvait
rentrer chez lui, et s'il était véritablement reconnu net, il passait par diverses cérémonies et purifications
destinées à représenter la purification de l'âme par l'aspersion du sang de Christ, puis il rentrait dans la
société des hommes purs, et dans l'usage des choses saintes.
Cette maladie, apportée en Europe par les saints et galants chevaliers des croisades, a été dans un temps
tellement commune, que l'on comptait jusqu'à 19,000 ladreries, lazareries, lazarets ou léproseries;
maintenant elle a presque disparu de chez nous, ou du moins elle a changé de nature, et quelques habiles
médecins veulent en reconnaître une variété dans les maux secrets; mais on la retrouve en Égypte et dans
les deux Indes avec tous les caractères que nous avons mentionnés. Le voyageur Caunter raconte, dans
les termes suivants, la rencontre qu'il fit un jour d'un lépreux dans l'Inde: «Pendant que je me promenais
un soir sur le rivage de la mer, je vis venir vers moi un être si extraordinaire que je ne pus en détacher
mes yeux; c'était un homme vêtu seulement d'un morceau d'étoffe autour du corps (c'est le vêtement des
castes inférieures de l'Inde). Il avait la peau tout-à-fait blanche, comme si elle avait été brûlée avec un fer
rouge. Il avait la tête nue, et ses cheveux, absolument de la couleur de sa peau, tombaient en longues
mèches» sur ses épaules décharnées. Ses yeux, à l'exception de la prunelle, étaient d'un rouge foncé; il les
tenait constamment fixés vers la terre comme s'il lui eût été douloureux de regarder en l'air; il marchait
avec lenteur et faiblesse, et sa maigreur était aussi effrayante à voir que celle d'un squelette vivant. Il
s'arrêta à quelques pas de moi; je m'avançai, mais il recula. Alors il nie supplia de lui donner quelque
chose pour l'empêcher de mourir, parce qu'il était pour tous un sujet de mépris et qu'il ne pouvait aller ni
chez lui, ni chez ses amis. Il me dit de ne pas m'approcher d'une créature souillée, objet d'aversion pour
tout le monde, contre laquelle chacun levait la main et qui n'inspirait de pitié à personne. Je le
questionnai: il me dit qu'il avait souffert de la lèpre pendant plusieurs années d'une manière horrible, et
que le mal, quoique guéri maintenant, lui avait laissé ces marques de souillure qui l'empêchaient de
retourner vers ses semblables. En effet, la couleur de sa peau était aussi blanche que celle d'un cadavre, et
en le voyant, personne ne pouvait douter qu'il n'eût eu la lèpre.»
Le christianisme prend soin des lépreux; le paganisme des Indes les brûlent vivants.
— Moïse parle encore de la lèpre des maisons et de celle des étoffes, Lévitique 13:47-59; 14:33-53; mais la
science moderne n'est pas encore fixée sur la solution de ce problème d'histoire naturelle; quelques
savants (Michaélis, Winer, Volney, I, 55) voient dans la lèpre des maisons l'effet du salpêtre sur les murs,
taches d'un rouge verdâtre qui rongent peu à peu les pierres et la chaux, et qui, sans endommager peut-
être d'une manière notable les bâtiments, corrompent l'atmosphère et peuvent menacer la santé des
habitants; Calmet croit que cette espèce de lèpre est causée par de petits vers qui rongent la pierre, longs
d'environ deux lignes, grisâtres et munis de quatre mâchoires; les rabbins ne s'expliquent pas sur ce
point, ils y voient d'une manière générale une plaie divine. II est probable que l'on ne tardera pas à
obtenir plus de lumières sur ce sujet par les études qui sont commencées en Égypte, où ce curieux
phénomène a encore été remarqué par Volney. La lèpre des étoffes est aussi peu connue; on l'a
remarquée, non seulement sur des draps de laine, mais encore sur des peaux et sur du cuir; elle se trahit
685