Page 738 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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boit du jus de mandragore pour s'exciter à la volupté; mais elles ne peuvent rien sur les femmes, surtout
elles n'ont pas les vertus qu'on leur prête. Les bulbes de l'orchis se cueillent à la fin de l'année; on les lave,
et, après qu'on les a soumises pendant quelques minutes à l'action de l'eau bouillante, on les fait sécher au
soleil ou dans un four; c'est dans cet état qu'elles entrent dans le commerce sous le nom de salep de Perse
ou de salap; elles sont connues pour leurs propriétés nutritives, émollientes et lubrifiantes; mais c'est par
ces qualités seules, et à cause de son abondance en principes assimilants, que le salep peut être considéré
comme aphrodisiaque, et il ne l'est qu'à la manière des œufs, de la viande ou du lait, c'est-à-dire parce
qu'il est nourrissant.
— Hasselquist, Michaélis, Maundrell, de même que l'abbé Mariti (Voyage. II, 195), sont favorables à la
traduction mandragore, et leurs preuves, sans être très convaincantes, ont cependant un certain poids: ce
qui est dit du dudayim s'applique en tous points à la mandragore; c'est au temps de la moisson des blés
(mai) que leur fruit mûrit, cf. Genèse 30:14; elles ont une odeur agréable; elles peuvent se conserver, et
soutiennent une espèce de comparaison avec les grenades. Ces caractères sont, il faut l'avouer, assez
vagues pour permettre l'incertitude, et si l'on n'admet pas la traduction orchis, le mieux est peut-être de
s'en tenir a la version traditionnelle.
Pour l'étude des miracles et des fables relatives à cette plante historique (dont un des plus grands torts est
de nous avoir donné la Mandragore de Machiavel), on peut consulter Théophraste, Pline, Dioscoride,
Calmet, Hiller, et Celsius, ainsi que les monographies de Heiddeger, de Drusius, de Thomasius, de
Laurent Catelan (Rare et curieux discours de la plante appelée mandragore, Paris, 1639), de Holzbom,
1702, et de Garnier de Nîmes.
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MANNE,
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Exode 16; Nombres 11; Deutéronome 8:3; Josué 5:12. La nourriture que Dieu donna aux Israélites dans le
désert, depuis Sin, leur huitième campement, jusqu'à la fin de leur séjour. Moïse la décrit comme quelque
chose de menu, blanc, rond comme dû grésil, comme de la semence de coriandre, et ayant le goût de
beignets. Elle tombait chaque matin avec la rosée, et lorsque la rosée avait disparu sous l'action des
premiers rayons du soleil, la manne restait seule sur le roc ou sur le sable, où les Israélites venaient la
ramasser, mais seulement en quantité suffisante pour la journée, à l'exception du vendredi où il en
tombait une quantité double et où les Israélites devaient aussi faire la provision do sabbat. Elle se gâtait
du jour au lendemain, et ceux qui, se méfiant de la divine Providence, voulurent essayer d'en conserver,
la virent se corrompre et les vers s'y mettre. Chacun avait droit à un homer (litres 3, 50), et celui qui en
avait recueilli beaucoup n'en avait pas plus, comme celui qui en avait recueilli peu n'en avait pas moins,
c'est-à-dire qu'ils répartissaient entré eux, proportionnellement au nombre des membres de chaque
famille, ce qu'ils avaient ramassé, de sorte que celui qui en avait trop communiquait de son superflu à
celui qui n'avait pas assez, et ramenait l'égalité voulue de Dieu. Le passage 2 Corinthiens 8:15; semble
établir ce sens, en même temps qu'il trace aux chrétiens une ligne de conduite qui n'est malheureusement
que bien peu suivie. En commémoration de cette merveilleuse Providence qui nourrit pendant tant
d'années un peuple tout entier dans un désert, Dieu voulut qu'un homer de manne fût recueilli dans un
vase d'or et placé devant le témoignage à côté de l'arche sainte, cf. Hébreux 9:4.
Cette nourriture comme telle, et cette substance considérée en elle-même, était quelque chose de tout à
fait nouveau pour les Israélites, si bien qu'en la voyant pour la première fois couvrir le sol, ils se
demandèrent les uns aux autres: Qu'est-ce? (hébreu, man), et ce nom interrogatif resta à ce pain descendu
du ciel: man hou, qui signifiait qu'est ce que cela? fut traduit: cela est de la manne. C'est la même question
que firent plus tard les Juifs au sujet de Jésus le vrai pain céleste, Luc 4:36, car il était pour eux une
apparition également inconnue, mais plus bénie encore.
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