Page 833 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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qu'il essaya de prendre la défense du Messie au milieu du sanhédrin, et il se laissa réduire au silence par
une réponse aussi dure que mensongère, Jean 7:50; cf. Deutéronome 17:8; 19:16. Mais à la mort du maître
il ne cacha plus qu'il était son disciple; réveillé en quelque sorte par l'injuste condamnation qui avait
frappé le Juste, il se sentit la force en même temps que le devoir de protester publiquement contre cette
iniquité légale, et d'accord avec Joseph d'Arimathée, il vint en plein jour enlever en pleurant le corps du
supplicié, apportant un mélange des plus riches parfums pour son embaumement, 19:39; sq..
Le nom de Nicodème réveille au premier abord la double idée d'une inintelligence des vérités divines, et
d'une timidité contraire à l'esprit du christianisme dans la confession de la foi. Ses trop naïves questions
sur la nouvelle naissance* ne sont plus répétées, et peut-être vaudrait-il mieux qu'elles le fussent; le mot
de régénération a passé dans le langage chrétien, mais pour plusieurs ce n'est qu'un mot, et il ne réveille
pas toutes les idées qu'il renferme, et dont la profondeur, nouvelle pour Nicodème, lui paraissait
insondable. Heureux ceux qui savent ce que c'est; heureux aussi, ceux qui, l'ignorant, ne craignent pas de
le demander!
* (Nouvelle Naissance: signifie littéralement «régénéré d'en haut» et «régénéré dès l'origine». Action de reproduire,
de reconstituer, de libérer, de réformer, de renaître. Changement engendré par la puissance de Dieu et sa Parole
inspirée d'après son décret d'élection pour produire la foi et une nouvelle vie en et par Jésus-Christ. Une mise à part
dans la mort de Christ dans laquelle l'élu est attribué tous les mérites de son sacrifice parfait, afin de renaître avec
Lui dans une nouvelle vie de résurrection dans laquelle Christ vient habiter dans son cœur par l'Esprit de sa Sainte
Présence. Bref, une résurrection spirituelle par laquelle l'élu est libéré de la culpabilité du péché et de sa
condamnation.)
— La timidité dans la profession a depuis longtemps été flétrie du nom de nicodémisme, et il ne se trouve
que trop, à toutes les époques, de ces caractères faibles qui, sous une foule de prétextes, se contentent de
croire dans le fond de leur cœur, et craignent de témoigner, retenus soit par de faux ménagements pour la
religion d'autrui, soit par l'opprobre qu'ils redoutent, soit par simple paresse ou lâcheté d'esprit. En
disant: j'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, l'Écriture nous fait apprécier à sa juste valeur une foi qui ne parle
pas. Puissent tous les Nicodèmes en timidité devenir aussi dans les plus mauvais jours des Nicodèmes en
fermeté!
— Ajoutons encore que s'il est important de ne pas renier Jésus sur la croix, il est important aussi, et peut-
être plus difficile, de le reconnaître et de le professer dans la vie de chaque jour, alors qu'aucune
circonstance extraordinaire ne paraît provoquer une profession. La profession est un devoir de tous les
instants; nous nous la devons à nous-mêmes, à nos frères, et à Dieu. Savoir se joindre à tous les chrétiens
en tout temps, montrer toujours et partout que l'on est membre du corps de Christ, marcher non
seulement avec les chrétiens dans l'honneur, mais avec les chrétiens sous l'opprobre, c'est la science
difficile, et c'est une épreuve à laquelle Dieu nous soumet tous les jours.
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NICOLAS,
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prosélyte d'Antioche et l'un des sept diacres de l'Église de Jérusalem, Actes 6:5. C'est à lui que la plupart
des pères de l'Église depuis Irénée, attribuent l'origine de la secte honteuse des nicolaïtes, condamnée par
saint Jean, Apocalypse 2:6,15. Il ne résulte cependant pas clairement de leurs paroles que Nicolas ait été
coupable lui-même, et l'on peut croire que des hommes hérétiques et impurs ont pris occasion de
quelques paroles de ce disciple, pour justifier des désordres qu'il avait plutôt voulu condamner; c'est ainsi
que ses paroles «il faut abuser de sa chair», citées par Clément d'Alexandrie, pouvaient signifier pour lui
«il faut la mater, en réprimer les passions et les mouvements désordonnés», tandis que ses soi-disant
partisans auront pu leur donner un sens tout à fait différent, «il faut tuer la chair à force de se livrer à ses
désirs». Il règne du reste sur cette secte une telle obscurité, que son existence même n'est pas démontrée
pour tous, que plusieurs ne voient dans les paroles de l'Apocalypse qu'une prédiction relative aux erreurs
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