Ainsi parle du Nil et de l'Égypte le grand conquérant de notre siècle, tout ensemble profond observateur
et grand écrivain. À ces extraits de ses Mémoires, nous ajouterons quelques détails sur le rôle que le Nil
occupe dans l'Écriture. Il y est presque partout désigné par le mot égyptien yeôr qui signifie le fleuve,
nom qui se retrouve sur l'inscription de Rosette, et qui est conservé dans les dialectes memphitiques et
sahidiques (Jaro et Jero): le Nil était le fleuve par excellence de l'Égypte, comme le Jourdain était celui de
la Palestine, et le nom de fleuve suffisait à le désigner. Ce n'est que beaucoup plus tard que le nom
égyptien ayant passé dans la langue des Hébreux comme nom commun, servit à désigner, et une seule
fois, Daniel 12:5-7, un autre fleuve que le Nil, le Tigre. Le nom de Sihor désigne évidemment aussi le Mil,
Ésaïe 23:3; Jérémie 2:18, et probablement Josué 13:3; 1 Chroniques 13:5;
— Voir: Sihor.
Les inondations de ce fleuve, qui s'élève de 16 à 22 pieds au-dessus de son niveau ordinaire, lui donnent
facilement l'air d'un grand lac ou d'une mer intérieure, Ésaïe 19:5; cf. le Coran 20:39, sur laquelle les villes
et les villages apparaissent comme des îles au milieu d'une contrée submergée, Amos 8:8; 9:5. L'eau du
Nil, comme celle du Tibre à Rome, est naturellement trouble, mais se clarifie facilement au moyen du
filtrage; elle jouit alors d'un goût agréable et sain, auquel il est peut-être fait allusion Jérémie 2:18; de là
aussi les louanges que les Égyptiens accordaient à leur fleuve, les honneurs qu'ils lui rendaient, et les
récits exagérés faits de ses différentes vertus; il donnait la fécondité aux hommes et aux animaux. Le Nil
était, comme il l'est encore, fort poissonneux, Ésaïe 19:8; cf. Nombres 11:5, à tel point qu'une partie de la
population ne se nourrit presque que de poissons dans les mois d'avril et de mai. Des crocodiles habitent
ses rives ombragées, surtout dans la Haute-Égypte.
— On comprend que les bienfaits des inondations du Nil aient fait considérer ce fleuve comme le
bienfaiteur du pays, et lui aient mérité des païens les surnoms de bienveillant et de béni; les prophètes
aussi, parmi les maux dont ils menacent l'Égypte, n'oublient pas de compter le dessèchement de ses
marais et de ses canaux, Ésaïe 19:5; Ézéchiel 29:10; 30:12. Le sept années d'abondance et les sept années de
famine qui eurent lieu pendant l'administration de Joseph, ont dû se rattacher évidemment au plus ou
moins grand accroissement des eaux du Nil, Genèse 41:1; sq..
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NIMRAH, ou Beth-Nimra,
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Nombres 32:3, nommée aussi Beth-Nimra, Nombres 32:36; Josué 13:27, ville de la tribu de Gad, à 5 milles
nord de Beth-Haran ou Livias, d'après Eusèbe qui l'appelle Bethnabris; Burckhardt croit en avoir vu les
ruines. Les Talmudistes l'appellent Beth-Nimrin ou Beth-Namer. C'est dans ces environs, et un peu au
nord, que Seetzen, dans sa carte, a dessiné une petite rivière appelée Nahar-Nimrim ou Wadyschoaïb, qui
coule vers le Jourdain: il est probable que c'étaient là les eaux de Nimrim, Ésaïe 15:6; Jérémie 48:34.
Quelques auteurs ont cru que le voisinage de panthères (— Voir: Léopard), avait fait donner ce nom à
cette ville, mais il paraît avec plus de raison, et la racine namer peut justifier l'un et l'autre sens, que
Nimra était ainsi nommée à cause des eaux claires, transparentes et peut-être minérales qui se trouvaient
dans ses environs. Les prophètes, dans les passages cités plus haut, rattachent la ruine du pays au
dessèchement des eaux et des puits par les ennemis, cf. 2 Rois 3:25.
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NIMRIM,
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— Voir: Nimrah, ci-dessus.
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NIMROD (OU NEMROD),
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