Page 906 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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cinquante jours après la Pâque; c'est ainsi que les rabbanites l'entendent; les caraïtes comptent au
contraire les sept semaines à dater du jour de Pâque, et célèbrent ainsi la Pentecôte le jour du sabbat: il est
bien probable en effet que l'oblation des premiers pains devait correspondre à celle des premiers épis, qui
avait lieu le jour du sabbat; les sept semaines intermédiaires étaient consacrées à la moisson,
Deutéronome 16:9. La loi n'avait déterminé qu'un seul jour pour la fête, mais les Juifs depuis l'exil, et de
nos jours encore, célèbrent le lendemain, et donnent deux jours à la Pentecôte.
2.
Les pains offerts à l'Éternel étaient faits avec du levain, comme les pains dont on se servait dans
l'usage journalier; ils étaient présentés au nom de tout le peuple avec un dixième d'épha de fine farine,
Lévitique 23:17: le Talmud ajoute que les pains avaient sept pouces de long et quatre large. Les prêtres
devaient les manger de en un seul jour sans en réserver rien pour le lendemain. Ces différentes offrandes
étaient toutes tournoyées devant l'autel, Lévitique 23:17.
3.
D'après Lévitique 23:18, les offrandes consistaient en sept agneaux d'un an, un veau, deux béliers,
avec les aspersions nécessaires, plus un jeune bouc pour le péché, et deux agneaux en sacrifice de
prospérité: d'après Nombres 28:27, l'holocauste se composait de deux veaux, un bélier, sept agneaux d'un
an, et un jeune bouc de propitiation. Plusieurs auteurs n'ont pas remarqué cette différence; d'autres, et
notamment les Juifs, l'expliquent d'une manière assez satisfaisante, en regardant les offrandes du
Lévitique comme celles qui devaient accompagner les pains, et celles des Nombres comme addition ou
supplément, de sorte qu'il faudrait additionner le nombre des victimes mentionnées; c'est ce que fait aussi
Flavius Josèphe (Antiquités Judaïques 3, 10, 6) qui compte quatorze brebis, trois veaux et deux boucs; ce
dernier chiffre est probablement mis par erreur au lieu de trois.
4.
D'après Flavius Josèphe, le nom de la Pentecôte était de son temps Asartha, ou Hatsartha, fête du
rassemblement, fête en quelque sorte par excellence; et ce même nom se retrouve dans le Talmud.
5.
La Pentecôte juive n'est pas directement rattachée dans son origine à la promulgation de la loi,
mais il est aisé de voir, comme le veut la tradition, qu'elle eut lieu en effet cinquante jours environ après
la sortie d'Égypte. Les Israélites furent affranchis le quinzième jour du premier mois ou nisan, Exode 12:6,
sq., et ce fut dans les quatre ou cinq premiers jours du troisième mois qu'ils reçurent la loi en Sinaï, Exode
19:1,16, etc. Si la parfaite coïncidence des chiffres ne peut être prouvée, il n'en est pas moins vrai qu'il y a
entre les faits mêmes des rapprochements remarquables à faire. La Pâque juive représentait une
délivrance matérielle, la Pâque chrétienne une délivrance spirituelle: la Pentecôte juive ou la
promulgation de la loi était le fondement de l'ancienne économie, la Pentecôte chrétienne est celui de la
nouvelle. Cinquante jours après avoir délivré son ancien peuple, Dieu lui donna la loi; cinquante jours
après avoir sauvé l'Église, Jésus lui envoya cet Esprit qui seul peut faire aimer, comprendre, et observer la
loi.
6.
Le but moral de la fête lévitique était de rappeler aux Israélites les grâces d'un Dieu qui les avait
choisis pour être son peuple, et qui leur avait donné en héritage une terre fertile et bénie. Son but typique
était de leur rappeler qu'ils étaient l'image de l'Israël selon l'esprit, la figure de l'assemblage des Saints.
7.
La première Pentecôte eut lieu hors de la terre promise et dans un désert, juste image des suites et
de la nature de cette alliance; la seconde eut lieu à Jérusalem, ville sainte, et sur Sion, montagne de
prédilection, Psaumes 87:3; 132:13. La première n'eut pour témoins que des Juifs, la seconde des gens de
toutes nations, Actes 2:9; etc. Celle-là fut accompagnée de scènes effrayantes; celle-ci, réalisation des
prophéties qui annonçaient d'heureux jours, Jérémie 31, Joël 2, est aussi extraordinaire, mais elle n'a rien
qui fasse trembler; on entend bien un son, mais c'est celui de l'Évangile; un vent véhément se fait bien
sentir, mais c'est le Saint-Esprit qui manifeste sa vertu efficace et bienfaisante; il apparaît bien un feu,
mais c'est celui qui éclaire et qui sanctifie. (— Voir: Girard des Bergeries, Moïse dévoilé.)
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PÉNUEL,
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— Voir: Jéred #2.
— Voir: aussi 1 Chroniques 4:4; 8:25.
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