Page 905 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

Version HTML de base

4.
On a dit encore que l'état moral du peuple, tel qu'il nous est représenté dans les livres
postérieurs, ne peut se concilier avec la supposition que le Pentateuque fût connu. Mais la loi s'accorde-t-
elle donc tant avec les inclinations de l'homme naturel, que l'on ne puisse pas comprendre que, tout en
étant connue, elle n'était pas mise en pratique? Avec cet argument-là ne pourrait-on pas renverser aussi
l'authenticité du Nouveau Testament, et prouver que la chrétienté contemporaine n'en a pas eu
connaissance?
5.
Enfin, on a fait grand bruit de cet exemplaire du livre de la loi trouvé dans le temple sous le roi
Josias, 2 Chroniques 34:14, et l'on en a conclu que ce livre pouvait bien avoir été fabriqué par les prêtres.
Mais que le Pentateuque (car c'est de ce livre tout entier qu'il s'agit dans ce passage) existât du temps de
Josias et avant, c'est ce que prouvent les nombreuses allusions des prophètes, et en particulier de Jérémie.
Il est naturel de supposer que c'était l'exemplaire sacré, écrit de la main même de Moïse, qui avait été
égaré sous des rois impies, et l'on comprend que sa découverte, surtout dans les circonstances où se
trouvait le royaume, ait dû faire une profonde impression.
Sous le rapport littéraire, nous nous bornerons à citer ici les paroles d'un écrivain qui, sans négliger peut-
être le fond, s'attache davantage à la forme, et dont le témoignage, en pareille matière, est intéressant,
quoiqu'il ne soit pas neuf: «Il n'est pas nécessaire, dit-il dans sa Bibliothèque sacrée, d'insister sur
l'excellence du Pentateuque, à le considérer seulement sous le rapport littéraire. On sait que tous les
peuples se sont accordés à y chercher les modèles du sublime, et que l'histoire de Joseph, qui termine la
Genèse, est un chef-d'œuvre de naïveté, d'éloquence et de sentiment, auquel rien ne peut être comparé
dans l'ancienne littérature.» (Nodier).
M. Grandpierre, dans ses Essais sur le Pentateuque (que leur titre ne caractérise pas d'une manière très
exacte), a examiné la plupart des questions qui, dans les livres de Moïse, soulèvent des difficultés
morales, historiques ou naturelles. Son travail, sur les points qu'il traite, est bon à consulter comme
commentaire; c'est même à peu près le seul ouvrage que nous possédions dans ce genre.
________________________________________
PENTECÔTE.
________________________________________
C'était la seconde des trois grandes fêtes solennelles que les Juifs célébraient à Jérusalem. Son nom vient
du grec, et signifie cinquantième: Elle fut dans l'origine instituée en mémoire de la promulgation de la loi
sur le mont Sinaï, qui eut lieu cinquante jours après la sortie d'Égypte. Elle portait aussi les noms de fête
de la moisson, Exode 23:16; fête des semaines ou des sept semaines, Exode 34:22; Deutéronome 16:16; fête
des prémices ou des premiers fruits, Nombres 28:26, parce que, célébrée cinquante jours après le
commencement de la moisson, ou sept semaines après le lendemain du sabbat de Pâque, elle était un
service public d'actions de grâces pour la moisson heureusement terminée, Lévitique 23:15; Exode 23:16.
Outre les sacrifices et les oblations ordinaires, les Israélites devaient présenter en ce jour un gâteau
nouveau, deux pains levés, et un bouc pour le péché, Lévitique 23, Nombres 28, Deutéronome 16:10. De
joyeux repas égayaient cette fête du bonheur que les Juifs fréquentèrent toujours avec empressement,
même après que les jours de l'exil eurent détruit plusieurs de leurs habitudes religieuses, Actes 2:5; 20:16.
Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 14, 13; 4, et ailleurs. Un nouveau cinquantième jour, une nouvelle
Pentecôte eut lieu après que les disciples du Sauveur eurent célébré avec la dernière Pâque juive la
première Pâque chrétienne; cette Pentecôte a fait oublier l'ancienne, comme le Saint-Esprit a remplacé la
loi dans le cœur de ceux qui sont devenus de nouvelles créatures.
— Quelques remarques de détail achèveront de déterminer le caractère de la Pentecôte juive, ainsi que ses
rapports avec celle des chrétiens.
1.
D'après Lévitique 23:15-16; cf. verset 11, les sept semaines étaient comptées du jour qui suivait le
sabbat de Pâque, c'est-à-dire du 16 nisan, de sorte que la fête était célébrée un lendemain de sabbat,
903