pasteurs (la 17e), mais on ne s'expliquerait plus bien leurs rapports réciproques; et le caractère même d'un
Pharaon conquérant serait étrange, tel du moins qu'il se peint dans sa conduite avec Abraham.
2.
Pharaon, contemporain de Joseph, Genèse 37:39, et 40. Il fait mettre en prison Joseph; puis, plus
tard, deux de ses serviteurs, son échanson et son panetier, pour des crimes qui nous sont inconnus. Sa
sévérité, puis sa grâce pour l'un des captifs, et la peine de mort qu'il prononce contre l'autre, ne furent
peut-être que des caprices, des suites d'intrigues, quelques changements dans la faveur toujours mobile
des cours de l'Orient et de l'antiquité. Deux songes qui le troublent amènent la grâce et l'élévation de
Joseph, qu'il fait son premier ministre, et qu'il autorise à appeler auprès de lui, en Égypte, toute sa famille;
il leur assigne pour demeure le district de Goscen, pour ménager la susceptibilité des Égyptiens, peut-être
aussi pour mettre la famille de Jacob à l'abri des conflits continuels qui devaient avoir lieu entre la
nouvelle dynastie et l'ancienne, mécontente, et ambitieuse de reprendre sa place. Deux opinions sont en
présence: la chronologie vulgaire fait Joseph contemporain de la 18e dynastie; la chronologie de
Champollion le fait vivre au commencement de la 17e de celle des rois pasteurs. Indépendamment des
considérations chronologiques, la première opinion s'appuie sur ce que dit Joseph à ses frères, que les
Égyptiens ont en horreur les bergers, et elle attribue cet avertissement à la haine profonde que le souvenir
de la domination étrangère avait laissée dans le cœur des Égyptiens. Mais les paroles de Joseph doivent
s'entendre des nomades, et non des bergers, ce qui serait ridicule, puisque les Égyptiens eux-mêmes
étaient bergers, possesseurs de troupeaux. Joseph veut dire à ses frères: «Ne vivez pas en nomades, mais
fixez-vous quelque part, «et il choisit pour lieu de leur résidence la terre de Goscen, remplissant ainsi le
double but de les soustraire à la haine des Égyptiens, et de les éloigner du théâtre probable de guerres
intestines. La chronologie nouvelle s'appuie sur des raisons intérieures qui ne sont pas sans force: il est
évident que l'administration de l'Égypte pendant la famine, n'avait rien de national, et qu'elle ressemblait
plutôt à une exploitation qu'à un gouvernement. Il n'y avait qu'un étranger qui pût, en échange de la vie,
demander à ses sujets leur or, leur argent, leur bétail, puis leurs terres, et enfin leur liberté. Une vente
aussi impitoyable ne pouvait être le fait que d'un avide conquérant, sans rapports d'origine avec ses
administrés; d'ailleurs il faut ajouter qu'un roi légitime, et véritablement égyptien, n'eût pu acheter la
liberté de ses sujets, puisque ceux-ci, en leur qualité de sujets, eussent été déjà ses esclaves. Quelques
détails encore trahissent un monarque étranger: cette ombrageuse concentration des Égyptiens dans les
villes, mesure peut-être moins générale que le texte ne paraît l'indiquer, et restreinte à certaines familles, à
certains individus suspects, espèce d'arrêts domestiques destinés à prévenir des complots, isolement forcé
sous la surveillance de la haute police, déplacement des intelligences et des influences, Genèse 47:21; ces
complaisances affectées et intéressées pour la caste sacerdotale (41:45; 47:22,26); ces relations suivies et
fréquentes, malgré le malheur des temps, des Pharaons avec Canaan, leur première patrie, celle des
Hycsos et des rois pasteurs, Genèse 47:14-15. La 18e dynastie, Pharaons égyptiens rétablis sur les ruines
des étrangers, n'eut pas mis à la tête de l'État un Joseph étranger, et, jalouse à l'excès de sa nationalité, elle
l'eût conservée en acceptant les conseils, peut-être aussi les services, mais non la personne d'un prisonnier
venu de Canaan.
— C'est ce Pharaon dont le nom se retrouve Actes 7:10,13.
3.
Pharaon, 1 Chroniques 4:18, n'est connu que pour avoir donné sa fille en mariage à Méred,
descendant de Juda; mais cette date même est inconnue. Toutefois cette alliance prouve que les Hébreux
n'étaient pas encore esclaves sur la terre égyptienne, et ce Pharaon a dû être l'un des premiers successeurs
du précédent, par conséquent un roi pasteur; c'est probablement lui aussi qui protégea les travaux de Hel
et de Jokim, 1 Chroniques 4:21-23.
4.
Pharaon, l'un des trois ou quatre rois contemporains de Moïse. On ne peut dire si le «nouveau
roi», Exode 1:8, qui se signala par une oppression si impolitique des Hébreux, et qui en donna l'exemple,
est le même que celui qui donna l'ordre plus barbare encore de faire périr leurs enfants mâles, Exode 1:16-
22, et qui, sans le savoir, servit de père adoptif à l'un d'entre eux, à Moïse, qu'il élevait à sa cour, et qui
devait affranchir ses frères captifs. Si ce sont deux personnages distincts, le premier est inconnu; le second
serait, d'après la chronologie nouvelle, Thoutmosis II, cinquième roi de la 18e dynastie, qui est monté sur
le trône l'an 1736 avant J.-C. Son nom se retrouve Actes 7:18; Hébreux 11:23.
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