Page 918 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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leurs pères. Il est encore probable que c'étaient au commencement de vrais fidèles, et les hommes pieux
qui dans la guerre des Maccabées se sont mis en avant pour combattre et mourir en l'honneur de la
religion des pères, appartenaient peut-être à cette secte. Mais en tout temps si une œuvre de Dieu a
grandi, l'orgueil humain et l'hypocrisie la déshonorent ou la remplacent, et ceux qui étaient dans l'origine
des hommes pieux, se présentent plus tard dans l'histoire comme pharisiens, mettant tous leurs efforts à
être distingués des hommes.
Le caractère principal de leur doctrine était leur attachement aux traditions de leurs maîtres, à la Kabbala
(on peut voir, sur la Kabbale, un Discours ou dissertation du prof. Pétavel de Neuchâtel, 1838); ils en
faisaient plus de cas que de l'Écriture elle-même: leur système théologique se composait ainsi de
doctrines d'origine juive, et de doctrines d'origine étrangère, qu'ils savaient, au moyen d'une méthode
allégorique, trouver, ou, pour mieux dire, mettre dans l'Ancien Testament. Ils prétendaient que plusieurs
des faits de l'ancienne alliance n'étaient que des allégories grossières, qui révélaient à l'homme spirituel
une doctrine d'un ordre plus élevé. Ils enseignaient, contrairement à l'erreur saducéenne, l'immortalité de
l'âme, des rétributions et un jugement après la mort, et la résurrection des corps.
Leur culte était surtout extérieur; c'était une observation exacte, mais formaliste, de la loi, des exercices
ascétiques minutieux, des espèces de martyres qu'ils s'imposaient. La plupart ne cherchaient dans la
pratique de ces minuties qu'une certaine réputation de sainteté; quelques-uns cependant étaient sans
doute sérieux, et pensaient mériter de cette manière la faveur divine; mais c'était une erreur, dans un
sens, tout aussi dangereuse que l'hypocrisie des autres, puisqu'elle introduisait cette idée de mérite, de
justification propre, si fatale au salut comme à la sanctification de l'âme.
Il faut reconnaître que les pharisiens ont formé dans l'Église juive une opposition absolument nécessaire,
d'un côté, contre le bras séculier, de l'autre, contre l'esprit mondain et la civilisation incrédule des Grecs;
ils ont été les gardiens fidèles de la révélation écrite, et c'est à leur fermeté, à leur opiniâtreté, que nous
devons peut-être en grande partie la conservation du recueil des auteurs sacrés de l'ancienne alliance.
Leur autorité était grande auprès du peuple, et les princes étaient obligés de les ménager et de compter
avec eux.
On voit sous ces rapports que cette secte occupait au milieu de l'Église juive la même place que la secte
romaine au milieu de l'Église chrétienne; l'une et l'autre ont eu les mêmes qualités, les mêmes vices, le
même genre d'influence, comme jusqu'à un certain point une origine semblable, et une même mission.
Le Talmud, à sa manière, donne le tableau suivant des diverses nuances ou subdivisions du pharisaïsme:
1.
Ceux qui ont les épaules inclinées vers la terre;
2.
celui qui traîne les pieds à force de piété;
3.
celui qui se fait saigner: il ferme toujours les yeux pour ne rien voir qui l'induise en tentation, et
souvent il se heurte et se blesse;
4.
le pilon: celui qui est tout retiré, recroquevillé sur lui-même;
5.
le pharisien sincère, qui ne veut faire autre chose que son devoir;
6.
celui qui fait tout pour être récompensé de Dieu;
7.
ceux qui craignent l'Éternel: c'est la meilleure classe, (— Voir: Wettstein, Nouveau Testament, 1,
262; 474, Schœttgen, Horæ hebr, etc. 1, 176)
Les pharisiens disparaissent de l'histoire depuis l'époque de la destruction de Jérusalem par les Romains;
leur système et leurs doctrines, cependant, paraissent avoir été conservés par les talmudistes.
Néanmoins
le pharisianisme renaît dans la mouvance évangélique moderne, particulièrement chez les Pentecôtistes et les
Charismatiques.
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