ordonné de lui bâtir une maison à Jérusalem. D'après le livre apocryphe du Dragon, 1:40, il aurait dit
comme Darius (#1, q.v.): Que tous les habitants de la terre craignent le Dieu de Daniel, parce que c'est le
Dieu sauveur, qui fait des prodiges et des merveilles sur la terre, et que c'est lui qui a garanti Daniel de la
gueule des lions. Suivant le livre de Bel 1, Cyrus aurait toujours eu pour Daniel une estime et une
affection toute particulière, cf. Daniel 6:28; quoique ces détails ne nous soient connus que par des livres
apocryphes, rien ne les contredit, et les déclarations de la parole de Dieu rendent fort probables des
rapports de cette nature entre ces deux hommes. Il paraît d'ailleurs, par Flavius Josèphe (Antiquités
Judaïques 11, 1), que Cyrus a eu connaissance des prophéties d'Ésaïe, et que le passage qui le concernait a
été un des moyens dont Dieu s'est servi pour l'amener à sa connaissance.
Dans le passage Ésaïe 21:7,9, qui se rapporte à Cyrus, et où il est question d'un attelage mixte d'ânes et de
chameaux, quelques-uns ont voulu voir la réunion des troupes de la Médie et de la Perse; d'autres
interprètes ont mis en avant l'opinion suivante, que nous ne citons que pour son originalité, sans qu'il
puisse être question de lui accorder aucune valeur: c'est que le conquérant dont il est parlé devait être une
espèce de métis, issu de deux animaux différents, ainsi que Cyrus en effet naquit de deux sangs
différents, du sang des Perses par son père, du sang des Mèdes par sa mère. À l'appui de ce sens, l'on cite
deux exemples où le nom de mulet est donné à Cyrus: Craignez, dit un oracle à Crésus, lorsqu'un mulet
commandera aux Mèdes; et Eusèbe (Prépar. 9, 41) rapporte, d'après un ancien auteur, que
Nébucadnetsar, quelque temps avant sa mort, rempli de l'esprit prophétique, dit aux Babyloniens: Je vous
annonce un malheur qu'aucune de vos divinités ne pourra détourner; il viendra contre vous un mulet
persan qui, aidé du secours de vos dieux, vous réduira en servitude. Ce sont des jeux de mots, et le texte
cité d'Ésaïe ne s'y prête pas même dans le cas actuel.
Admirons cette bonté divine qui, dans l'exil de son peuple, et par cet exil même, s'est rendu captive l'âme
du grand Cyrus. Après l'avoir connu guerrier et héros dès nos premières études classiques, nous le
trouvons maintenant roi théocratique, et nous le verrons un jour simple fidèle dans le royaume des cieux,
avec bien d'autres encore auxquels nous sommes peut-être loin de penser.
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