Page 34 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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Quant à la défense d'atteler à une même charrue des animaux différents, Flavius Josèphe et Philon la
regardent comme une loi d'humanité en faveur des animaux laboureurs; on sait, en effet, que de
semblables attelages sont pour l'un et l'autre animal une charge pénible et difficile, à cause de la
différence de pas, de forces et d'allure.
Les rabbins ont donné encore beaucoup d'autres explications, toutes plus ou moins satisfaisantes: ils ont
dit, par exemple, qu'il était défendu au peuple de porter des vêtements mi-laine, parce que ce devait être
le costume des seuls sacrificateurs, ce qui n'est pas prouvé. Ils ont dit encore que par laine la loi
n'entendait absolument que la laine de moutons, et qu'elle permettait celle de chameaux et d'autres
animaux; que cette défense ne s'appliquait qu'aux vêtements, et point à tous les autres tissus que l'on
pouvait faire, tapis, linges, couvertures, essuie-mains, etc. Ces explications de détail ne mènent guère loin.
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ACHAB
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1.
(918, avant J.-C.), 1 Rois 16:28-22:40, fils et successeur de Homri, monta sur le trône d'Israël
lorsque Asa régnait à Jérusalem; il fut le plus impie de sa race, et ne fut surpassé peut-être que par sa
digne compagne Jésabel ou Izebel, fille d'Ethbahal, roi de Sidon. Son idolâtrie fut punie par une famine
qui désola le pays pendant trois ans et six mois, et qui lui fut annoncée parle prophète Élie. À la fin de ce
temps, une épreuve solennelle fut proposée par Élie: les ministres de Banal se réunirent au Carmel,
offrirent des sacrifices et prièrent leur dieu qu'il voulût bien faire tomber la pluie sur la terre; mais ils
prièrent en vain pendant une demi-journée. Élie, s'approchant à son tour, bâtit un autel et pria le Dieu
d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, de se manifester comme le seul et vrai Dieu: le feu du ciel consuma
l'holocauste, un petit nuage parut à l'horizon, comme la paume de la main, et Achab, montant sur son
char, s'enfuit en hâte à Jizréhel avant que l'orage l'atteignît. Quelques années après commença la guerre
avec Ben-Hadad, roi de Syrie, et trente-deux autres rois, 1 Rois 20; mais quelque nombreux que fussent
les ennemis d'Israël, l'Éternel n'était point avec eux, et leur déroute fut complète; ils furent vaincus par
deux fois sur la montagne et dans la plaine. Achab pouvait et devait exterminer Ben-Hadad, mais par
orgueil, ou par une générosité hors de saison et que Dieu réprouvait, il préféra faire alliance avec lui.
Cette désobéissance lui devint fatale: un prophète, 20:35 (probablement le même Michée que 22:8), lui
annonça que puisqu'il avait laissé échapper l'homme que Dieu lui avait donné à détruire, sa vie
répondrait pour celle de Ben-Hadad, et son peuple pour le sien. Irrité de ces paroles prophétiques, de
l'accomplissement desquelles il ne pouvait douter, Achab revint à Samarie et ne fit que pécher davantage
au lieu de chercher à apaiser l'Éternel. Sa femme fit lapider Naboth dont la vigne plaisait à Achab; mais
pendant que le malheureux roi parcourait sa nouvelle possession, Élie se présenta devant lui, et l'âme
coupable et bourrelée s'écria comme le démoniaque du Nouveau Testament: «Pourquoi viens-tu me
tourmenter? Me chercheras-tu toujours? Suis-je ton ennemi?» Tu l'es, lui répondit le prophète, et en
même temps il lui annonça les maux qui devaient l'accabler lui-même et fondre sur sa coupable famille.
Épouvanté de tant de malheurs, Achab déchira ses vêtements dans cette vigne même dont un crime
l'avait rendu l'infortuné propriétaire, il se couvrit d'un sac et se traînait en marchant. L'Éternel eut égard à
cette humiliation, sincère peut-être, mais passagère, et renvoya d'une génération l'accomplissement de ses
menaces. «Tant il est vrai, ajoute Saurin, ce que nous disons, que Dieu aime tant la repentance qu'il en
couronne quelquefois les dehors, et qu'il en récompense quelquefois jusqu'aux apparences.» (Sermon sur
les dévot. passag.) Trois années après, 2 Chroniques 18, Achab s'unit à Josaphat, roi de Juda, pour
reprendre la ville de Ramoth de Galaad, et fit mettre en prison le prophète Michée, qui lui prédisait sa
mort et la défaite de son armée. Cette mesure séculière n'empêcha pas l'accomplissement de la parole
divine: Achab fut blessé malgré son déguisement et mourut malgré son armure; une flèche tirée presque
au hasard le frappa au défaut de la cuirasse, il tomba au fond de son chariot et mourut vers le soir, baigné
dans son sang, après un triste règne de 22 ans (897 avant J.-C.). On lava son char et ses armes dans le
vivier de Samarie, et les chiens léchèrent son sang, ainsi que l'Éternel l'avait annoncé. L'auteur sacré nous
trace en deux mots le caractère de ce méchant prince. «Achab fît ce qui déplaît à l'Éternel, plus que tous
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