AN DU MONDE 1657. — 602e DE NOÉ.
1er mois, Tisri, de 30 jours.
1er jour.
— Noé lève la couverture de l'arche et regarde la terre qui se sèche, verset 13.
2e mois, Marchesvan, de 29 jours.
27e jour.
— La terre étant suffisamment desséchée pour être habitable, Dieu commande à Noé de sortir de l'arche
avec sa famille, versets 14, 16, 18. Ils sortent.
Voici maintenant les raisons pour lesquelles l'addition du mois intercalaire nous a paru nécessaire. Le
chapitre 8, versets 1 et 2, nous dit que ce ne fut que le 450e jour que les eaux s'arrêtèrent, puis qu'elles
diminuèrent pendant quelque temps; ce n'est qu'après qu'il a été dit, verset 3, que les eaux se retiraient de
plus en plus de dessus la terre, que le verset 4 nous parle du jour où l'arche s'arrêta. Si l'on suppose
l'année composée de 12 mois ordinaires des Juifs, qui sont alternativement de 29 et de 30 jours, la fin des
150 jours de la croissance des eaux, comptée depuis le 17e jour du 2e mois, porterait au 20e jour du 7e
mois. Selon ce calcul, l'arrêt de l'arche n'aurait guère pu avoir lieu que tout à la fin du 7e mois ou au
commencement du 8e. Mais il est dit que cet événement se passa le 17e jour du 7e mois, ce qui, dans la
supposition de l'année de 12 mois, bien loin de laisser l'espace de temps indiqué par le verset 3 pour la
diminution préalable des eaux, ne donnerait même que 147 jours à leur croissance, au lieu des 150
indiqués dans le texte.
Jusque vers la fin du dix-septième siècle, personne n'avait mis en doute la vérité de l'histoire du déluge;
mais depuis Isaac Vossius, qui attaqua alors son universalité, jusqu'aux savants de la fin du siècle dernier,
qui en vinrent à le nier entièrement, et à Voltaire qui chercha à le tourner en ridicule, un grand nombre
d'opinions diverses ont été proposées, soit pour l'expliquer par des causes naturelles, soit pour redresser
ou réfuter telle ou telle partie du récit de Moïse. Mais la Bible et la nature sont deux monuments
impérissables de la vérité divine contre lesquels viendra toujours se briser la malice des incrédules; ils
subsisteront lorsque toutes ces folles théories et les noms de leurs auteurs seront depuis longtemps
ensevelis dans l'oubli; et, plus on les étudiera, plus aussi l'on y reconnaîtra, dans les plus petits détails,
l'entière concordance de tous les faits géologiques qui se rattachent au déluge, avec la description de cette
catastrophe telle qu'elle a été conservée dans la Genèse. Les faits nouveaux expliqueront des passages
encore obscurs pour nous, et réciproquement, la foi à la vérité, de ces passages conduira à des
découvertes nouvelles sur la constitution de notre globe.
Parmi les difficultés qui se présentent, et que nous n'éluderons pas plus que nous ne les nierons, la
première est celle-ci: Comment l'eau répandue sur la surface du globe a-t-elle pu suffire à l'inonder? Cette
question nous conduit à examiner les causes du déluge.
La cause première, origine de toutes les autres, doit sans doute être cherchée dans le conseil de Dieu, dans
la volonté arrêtée du Tout-Puissant, dont la souveraine sagesse a voulu ou permis cet événement. Les
causes secondes sont de deux natures: les unes morales, les autres physiques. Les causes morales sont
indiquées, Genèse 6:5-13; ce sont les péchés des hommes, leurs extorsions, leur violence, leur mépris de
Dieu et de ses commandements. Les causes physiques peuvent se découvrir, Genèse 1:6-7,9; et 7:11-12.
Avant le déluge, les eaux appartenant à notre planète n'étaient pas distribuées comme elles le sont à
présent: sur la terre antédiluvienne il ne pleuvait pas, 2:5; l'atmosphère de notre globe était entourée
d'une couche liquide, comme d'une sphère aqueuse, désignée dans la Bible par le nom d'eaux
supérieures, 1:7, «qui sont au-dessus de l'étendue» ou des cieux. C'est probablement la rupture de
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