Page 350 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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Aléoutes, par exemple, en 1806, une île sortit de la mer, qui avait 4 milles géographiques de tour; une
autre fut formée en 1814, sur laquelle était un pic de 3,000 pieds de haut. En 1737, par suite de
tremblements de terre et d'irruptions volcaniques, la côte du Kamtchatka subit, de grands changements:
des lieues entières de côtes s'enfoncèrent dans la mer, des plaines furent soulevées et devinrent des
plateaux, de nouvelles baies et de nouveaux lacs furent formés. Le 4 février 1797, une étendue de pays de
40 lieues de long et 20 de large, près de Quito, reçut une forte impulsion d'ondulation qui dura quatre
minutes et renversa de fond en comble toutes les villes et villages; ce mouvement se fit sentir plus ou
moins sur une longueur de 170 lieues du nord au sud, et de 40 de l'est à l'ouest; au pied du volcan de
Tunguragua la terre s'entrouvrit et donna passage à des torrents d'eau et d'une boue fétide, qui dans des
vallées de 1,000 pieds de largeur atteignirent à la hauteur de 600 pieds, laissant sur leur passage des
dépôts de limon qui interceptèrent une rivière et amenèrent la formation de lacs, jusqu'à ce que l'eau
accumulée pendant 80 jours, eut acquis une masse suffisante pour rompre et entraîner ces digues (Lyell,
Principles of Geology, vol. l, p. 470; 510; 472).
Il serait facile de multiplier à l'infini les exemples, mais nous croyons en avoir dit assez pour démontrer la
possibilité de la rupture des isthmes qui unissaient au nord l'Asie avec l'Amérique, au sud l'Asie avec la
Nouvelle-Hollande et toutes les îles intermédiaires, isthmes qui n'étaient plus nécessaires après avoir
contribué à l'exécution de l'ordre de Dieu, Genèse 8:17; 9:1, en fournissant aux hommes et aux animaux
un chemin pour se répandre sur la plus grande partie de la terre et la peupler.
— Nous ne prétendons pas cependant par là, que toutes les îles, et tous les pays aient été habités dès le
temps de la dispersion; au contraire, il est notoire que plusieurs lieux sont restés inhabités pendant des
siècles, jusqu'à ce que les progrès de la navigation y aient fait aborder des hommes, soit par suite de
voyages, de découvertes et de conquêtes, soit qu'ils y aient été jetés contre leur gré par des tempêtes et
des naufrages. Pour ne citer que l'exemple le plus rapproché de nos pays, l'Islande n'a été découverte que
dans le huitième siècle, et la première colonie s'y établit l'an 874; ce ne fut qu'un siècle plus tard, qu'un
seigneur, Torwald, découvrit le Groenland et s'y établit; il en est sans doute de même d'un grand nombre
d'îles de la mer du Sud. À ce propos nous ferons remarquer que les pays dont nous venons de parler,
offrent une nouvelle preuve du refroidissement graduel de la chaleur du globe, car l'Islande et le
Groenland jouissaient il y a mille ans d'un climat doux et tempéré; il y croissait beaucoup d'arbres, les
côtes étaient couvertes de verdure, la mer très poissonneuse et les forêts pleines de gibier, (Mallet,
Introduction à l'histoire du Danemark). À la même époque la vigne et le grenadier croissaient en
Angleterre.
On peut reconnaître dans cette interruption des communications, une direction particulière de la sagesse
éternelle, qui voulait qu'après trente-sept siècles de séparation, les hommes, en se retrouvant,
retrouvassent aussi chez presque tous les peuples ces traditions si remarquables sur la création, la chute
des premiers hommes, le meurtre d'Abel et surtout ce déluge duquel date la formation de toutes les races
actuelles, ce déluge qu'on voit représenté dans la langue hiéroglyphique des Chinois, comme sur les
monuments mexicains et sur la médaille d'Apamea Kibotos; événement dont le souvenir se retrouve non
seulement chez toutes les nations instruites de l'antiquité européenne et asiatique, mais encore aux îles
Sandwich, chez les tribus errantes de l'Amérique du nord, comme chez les Péruviens et les Mozcas dans
la Péninsule méridionale.
— Il serait trop long de donner ici un résumé de ces traditions; ceux de nos lecteurs qui désireraient
examiner ce sujet, trouveront des détails intéressants dans les Fragment de l'histoire de la terre, de M. F.
de Rougemont, que nous avons souvent eu l'occasion de citer; dans l'ouvrage du docteur Wiseman,
intitulé Lectures on the connexion between science and revealed Religion, I, 133; 328-371, II, 127-152; dans
le Dictionnaire des cultes religieux, article Déluge;
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