Page 349 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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température de la terre était plus chaude qu'elle ne l'est de nos jours (Richter, Hausbibel); d'autres aussi
ont démontré que les oliviers peuvent pousser des feuilles sous l'eau. Mais, d'un autre côté, les géologues
pensent que la force dissolvante et corrosive des eaux du déluge, dont on voit de nos jours tant de traces,
de ces eaux qui avaient enlevé les rochers des plus hautes cimes, creusé des vallées, rompu en quelques
lieux des digues naturelles, élevé ailleurs des amas de débris, de boue et de cailloux, laissé après leur
passage des lacs et des méditerranées;
— ils pensent, disons-nous, que des eaux agissant avec une telle force, doivent avoir détruit toute la
végétation, enlevant dans leur cours les couches de terre végétale, et tout ce qui y croissait. Comment
alors l'olivier aurait-il résisté? Pour nous qui croyons, avec Cuvier et d'autres, que les anciens continents
ont été détruits, nous ne pouvons admettre qu'aucun arbre antédiluvien se trouvât dans le voisinage de
l'arche, croissant au lieu qui l'avait vu naître avant le cataclysme; il n'aurait pu s'y trouver, à la rigueur,
que quelques plantes marines. Nous pensons que lors qu'après les 150 jours Dieu lit sortir la terre du sein
de l'eau, ce qui se passa fut une répétition du 3e jour de la création; Dieu dit: «Que les eaux qui sont au-
dessous des cieux soient rassemblées en un lieu et que le sec paraisse, et ainsi fut.» Et la terre après cette
crise, ou soir cosmogonique, obéissant aux lois qui lui avaient été données au 3e jour, poussa son jet et
produisit de l'herbe portant sa semence selon son espèce, et des arbres qui avaient leur semence en eux-
mêmes. De même que pendant les trois derniers jours de la création, et après les soirs cosmogoniques qui
les avaient précédés en bouleversant tout ce qui se trouvait sur la surface du globe, la végétation s'était
chaque fois reproduite, ainsi, après le déluge, la terre nouvelle qui venait de sortir des eaux se couvrit de
plantes et d'arbres utiles à ses nouveaux habitants; les conditions de chaleur et d'extrême humidité qui
furent alors si défavorables à la longueur de la vie des hommes, durent, au contraire, pénétrer les plantes,
comme sous les régions humides des tropiques, d'une vigueur végétative extraordinaire, et leur procurer
une prompte croissance; ainsi, lorsque la colombe sortit pour la première fois, les plantes ne faisaient que
de commencer à germer sur la partie de la terre que les eaux avaient laissée à découvert; une semaine
après elle trouva déjà des rameaux et des feuilles, mais pas de branche assez forte pour qu'elle pût s'y
percher; lorsqu'elle sortit pour la troisième fois, le bois commençait déjà à pouvoir la porter. La
température de ces hautes contrées étant alors celle des plus basses régions de l'air, il n'est pas étonnant
qu'il put y croître des oliviers dans ce temps-là, tandis qu'aujourd'hui l'on ne trouve à leur place que des
neiges qui ne fondent jamais.
Nous devons faire observer ici que l'histoire du déluge nous donne une preuve remarquable de la
manière de compter le temps; il était évidemment divisé en semaines, 7:4,10; 8:9-10,12, ou espaces de sept
jours; et il n'est pas probable que le pieux patriarche Noé, cet homme juste et plein d'intégrité, qui
marchait avec Dieu, négligeât ses commandements et oubliât de sanctifier le septième jour établi pour
être un jour de repos dès la création du monde.
Il paraît que longtemps encore après le déluge il continua de s'opérer dans le monde des changements
remarquables; la vie des hommes fut abrégée, les langues et les nations se formèrent, et prirent d'une
manière permanente les caractères nationaux qui forment leur cachet distinctif. Les variétés produites
chez les animaux par la différence des climats, de la nourriture et du genre de vie, donnèrent naissance
aux espèces. Dans la nature inanimée il s'opérait des changements correspondants: les contrées
volcaniques qui forment l'archipel indien, celui du Japon, les Kouriles, les Aléoutes, les Antilles, après
avoir été assez longtemps élevées au-dessus des mers pour que les isthmes qui les joignaient eussent pu
servir de passage aux hommes qui allèrent s'y établir, s'enfoncèrent probablement dans l'eau à peu près
au point où nous les voyons aujourd'hui, de manière à ne laisser au-dessus de la surface que les parties
les plus élevées de ce vaste continent sous la forme d'îles et d'îlots. Si l'on trouve cette hypothèse trop
hardie, l'on n'a qu'à examiner ce qui se passe actuellement dans ces mêmes régions, et l'on sera convaincu
que si de nos jours encore des îles et des montagnes surgissent de l'Océan, tandis que d'autres contrées
sont englouties par la mer, de semblables changements ont bien pu avoir lieu il y a 4,000 ans. Dans les îles
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