Page 359 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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— Différents noms lui sont donnés: Satan, Job 2:1; Bahal Zébub, 2 Rois 1:2, ou Béelzébut, Matthieu 12:24;
tentateur, Matthieu 4:3; anti-Christ, 1 Jean 2:18,22; 2 Jean 7; démon, Jean 10:20; serpent ancien et dragon,
Apocalypse 12:9; 20:2; meurtrier et menteur dès le commencement, Jean 8:44; enfin dans les livres
apocryphes, Asmodée, Tobie 3:8; 6:15, démon voluptueux qui tuait les maris dont il était jaloux.
Le nom de démon était une épithète générale qui, chez les païens, se prenait dans un sens favorable,
signifiant un génie, une divinité: dans l'Écriture, il se prend toujours en mauvaise part, tantôt en parlant
des esprits infernaux, tantôt pour désigner les esprits des morts, bons ou mauvais, réels ou imaginaires,
Matthieu 9:32; Luc 11:14; 13:16; 1 Chroniques 24:1; 1 Rois 22:21; Éphésiens 6:16; 1 Pierre 5:8.
Mille questions surgissent autour de cet effroyable ennemi du genre humain; l'on se demande comment il
est fait, où il habite, quelle est son action sur l'humanité, quels sont ses moyens de séduction, quels sont
ses rapports avec Dieu, quel sera son sort final: on s'est demandé enfin si même il existait! Plusieurs de
ces questions sont permises, mais on ne peut y répondre: d'autres proviennent de mauvaise curiosité, l'on
ne doit pas y répondre: la dernière est faite par l'incrédulité.
Il faut convenir que de tous les moyens de séduction, puisque nous en avons dit un mot, le plus habile
que puisse employer le malin esprit, c'est d'empêcher les gens de croire à son existence: avec personne il
ne revêtira sa forme naturelle et repoussante; aux âmes pieuses il se présentera déguisé en ange de
lumière; à ceux que son existence pourrait gêner, il tâchera de faire croire qu'il n'est qu'une chimère, qu'il
n'existe réellement pas, qu'il n'est pas question de lui dans la Bible, que les anciens pères et les anciens
orthodoxes n'étaient que des rêveurs, que depuis qu'on ne croit plus aux revenants on ne doit plus croire
au diable non plus. Cette croyance, ou plutôt cette absence de croyance, est évidemment de nature à
soulager beaucoup celui qui désire être débarrassé d'un frein aussi redoutable: si les uns vous disent que
le diable est le père du péché, quelle chaîne pour vous que celle qui vous unit à lui; mais si le diable peut
vous persuader que la parole de Dieu n'est qu'un mauvais songe, quel allégement! Oui, quel allégement!
mais qu'il durera peu! car après la mort il n'y a plus d'illusion possible, et celui qui le premier vous ôtera
le bandeau, c'est celui qui vous l'avait mis; c'est le prince de la terre venant s'emparer des victimes qu'il
aura séduites. Ceux qu'il ne peut convaincre théologiquement qu'il n'existe pas, il Le leur persuade
pratiquement, il s'en fait oublier, il se met pour eux sur l'arrière-plan; sur le premier, ses séductions, ses
jouissances, ses faux appâts, de l'or, des places, des parures, des danses, tout ce que la terre peut offrir, et
il se place derrière tout cela, jusqu'à ce qu'avec le temps tout cela ayant disparu, il ne reste plus que lui.
— Quel allégement! Mais quel allégement plus grand, plus doux, plus réel, plus sûr, de se remettre entre
les mains de celui qui a brisé la tête du serpent, et qui triomphe et nous fera triompher au dernier jour. Il
n'y a pas une vérité qui ne vaille toutes les erreurs possibles.
Les raisons qu'on allègue pour essayer de soutenir cette thèse moderne qui tue d'un même coup et le
péché qui n'a plus d'origine, et l'enfer qui n'a plus ni prince ni but; ces raisons, si l'on peut les appeler
ainsi, reviennent toutes à de simples assertions. On commence par dire qu'il n'est pas parlé du diable
dans l'Ancien Testament, et par tourner en poésie les passages les plus historiques où il en est fait
mention, Genèse 3; Job 2:1; 1 Chroniques 21:1; Zacharie 3:1, etc. Puis l'on applique au Nouveau Testament
le même système d'interprétation, en le modifiant au moyen de la méthode d'accommodation que notre
Seigneur était censé employer lorsqu'il parlait aux Juifs, adoptant leurs idées afin de leur mieux inculquer
les siennes; de cette manière, les passages Matthieu 4:1; Luc 4:1; Jean 13:2; 1 Jean 3:8; 1 Pierre 5:8;
Apocalypse 12:9; 20:2, et cent autres ne prouvent, en effet, absolument rien; mais avant d'admettre ce
système, nous attendrons qu'il soit lui-même prouvé, et l'on peut poser en fait qu'il n'est pas un lecteur
sérieux de la Bible qui ne voie l'existence du diable clairement établie par nos saints livres.
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