ci étaient alors» très bonnes» à tous égards. Ce vaste ensemble n'était qu'harmonie et bénédiction; le
gouverneur suprême en remit la domination à Adam, et lit passer devant lui toutes les créatures afin qu'il
les nommât et qu'il décidât ainsi de leur rang et de leur qualité, car c'est ce qu'emportait chez les Hébreux
le droit de donner le nom à quelqu'un ou à quelque chose. Mais tout ce monde et ces milliers d'êtres ne
présentaient pas à l'homme le secours et la communion de sympathie dont il avait besoin; Adam était
seul; nul être ne pouvait partager son bonheur et répondre à ses sentiments. C'est pourquoi l'Éternel le
plongea dans un profond sommeil, et d'une de ses côtes lui forma une compagne: la femme est créée, le
mariage est institué, et l'homme exprime, en ternies pleins d'énergie, ses nouvelles affections et le
sentiment qu'il a de l'intimité qui doit régner entre lui et celle qui est un autre lui-même: le nom qu'il lui
donne d'abord (Adamah, Hommesse, 2:23), est destiné à rappeler constamment ce fait. Comme les
saisons n'avaient point encore leurs intempéries, et que le sentiment de la honte et de la pudeur, premier
fruit du péché, était inconnu à nos premiers parents, ils marchaient dans l'innocence des petits enfants,
sans songer à voiler leur corps par des vêtements. (— Voir: Création, Ève, Femme.)
Plus l'homme était haut placé, plus l'autorité que l'Éternel lui avait donnée sur les œuvres de la création
était grande, plus il importait aussi que quelque chose vînt sans cesse lui rappeler qu'il avait un maître
au-dessus de lui, un Seigneur qui l'avait créé pour sa gloire et auquel il devait hommage et obéissance.
Peu importait en soi quel que fut le signe de cette dépendance. Dieu défendit sévèrement à l'homme le
fruit d'un des arbres du jardin qui, pour cela, fut nommé l'Arbre de la connaissance du bien et du mal. Le
bonheur d'Adam était ainsi entre ses mains et dépendait de ses œuvres: s'il obéissait au commandement,
lui et les siens, il jouirait avec eux et à toujours d'un bonheur sans mélange, dans la communion de Dieu.
Vie éternelle, vie spirituelle, voilà ce qui lui avait été donné avec la vie naturelle, et ce que son obéissance
devait lui conserver. L'arbre de vie qui est au milieu du jardin sert de signe à ces promesses. Mais s'il
manque à la loi qui lui est imposée, alors tout le contraire lui arrivera: la mort naturelle, la mort
spirituelle, la mort éternelle seront son partage, à moins que la miséricorde divine n'intervienne; mais
Dieu ne lui fait encore aucune promesse à cet égaré, parce qu'il ne veut pas préjuger sa chute.
Le grand adversaire que nos versions appelle Satan et le Diable, celui qui est menteur dès le
commencement, et père du mensonge, se sert du serpent pour séduire la femme, il parvient à glisser la
tentation dans son cœur. La convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l'orgueil de la vie, 1 Jean 2:16,
suffirent à faire succomber Ève: quand elle vit que le fruit de l'arbre était bon à manger, et qu'il était
agréable à la vue, et que cet arbre était désirable pour donner de la science, elle en prit du fruit et entraîna
son mari dans sa chute; (— Voir: un Sermon de Hor. Monod sur les trois Convoitises.) Dès lors l'image de
Dieu dans l'homme fut effacée; Adam et Ève sont morts spirituellement, et leur communion avec Dieu se
trouvant rompue, ils apprennent ce que c'est que le trouble et la honte; ils cousent ensemble des feuilles
de figuier et s'en font une ceinture autour des reins; puis, lorsque la voix, la parole de l'Éternel, se fait
entendre dans le jardin, ils se cachent au milieu des arbres et pensent pouvoir celer à Dieu ce qu'ils ont
fait. Bien plus, quand Adam voit que tout est découvert aux yeux de celui à qui nous devons tous rendre
compte, il essaye de rejeter toute la faute sur celle qu'il devait aimer comme lui-même, et indirectement,
par un horrible blasphème, sur l'Éternel qui lui avait donné cette compagne. Toutefois, avant de frapper,
l'Éternel fait entendre aux coupables l'Évangile, la bonne nouvelle du salut, c'est que la postérité de la
femme brisera la tête du serpent: puis il leur annonce la malédiction qui reposera sur Adam et sur toute
sa race, même sur les élus qui auront part à la grande délivrance finale. Infirmités, douleurs de
l'enfantement et sujétion à son mari, telle sera la part spéciale de la femme; travail et fatigues, récoltes
précaires et arrosées de sueurs, toutes sortes de peines et d'infortunes, et la mort après tout, voilà ce qui
attend Adam et le genre humain tout entier dont il est le représentant et le père. «Tu es poudre et tu
retourneras dans la poudre», sentence pleine de miséricorde pour le fidèle quand on la compare à
l'éternelle mort qu'il a méritée, et quand on pense à l'éternelle félicité que la grâce de Dieu lui assure.
(Le mot serpent ou NACHASH porte aussi le sens «le raisonnement, l'intellect», c'est à dire «être brillant, être
éblouissant, être flamboyant, être illustre, être magnifique, être séduisant, être trompeur. Tout porte à penser que le
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