Page 410 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

Version HTML de base

Mais c'est précisément à cause de l'évidence de cette doctrine, et parce que le rétablissement final des
réprouvés nous paraît impossible à établir par l'Écriture, que nous croyons pouvoir, soit à cause de la
bonté de Dieu, soit à cause de l'impérieux besoin d'harmonie qu'on éprouve, quoiqu'on en veuille, à la
pensée du bonheur à venir, laisser une porte ouverte au doute sur la nature même de la peine.
L'anéantissement n'exclut pas l'éternité, et c'est une chose au moins remarquable, non seulement que la
condition des réprouvés soit appelée la mort seconde, ainsi qu'on l'a vu, mais qu'elle soit encore appelée
la mort par opposition à la vie, Romains 6:21-23, et que la condamnation de ceux qui désobéissent au Fils
soit prononcée en ces mois: «Ils ne verront point la vie», Jean 3:36.
Si Dieu nous a tracé la ligne des pensées et des paroles dont nous devons nous servir en parlant du
jugement, des pécheurs, il est évident aussi qu'il ne nous a pas tout dit, et que la clef de ces effrayants
mystères est encore entre ses mains.
________________________________________
ÉNIGMES.
________________________________________
Les Hébreux, comme tous les peuples orientaux, aimaient les jeux d'esprit, et se plaisaient à assaisonner
leurs repas et leurs festins de quelque piquante question dont la solution était demandée aux assistants.
C'était même parfois un jeu de prince, comme on le voit par les rapports de Salomon avec la reine de
Séba, 1 Rois 10:1. Les principales énigmes dont le souvenir nous ait été conservé par l'Écriture sont celles
de Samson, Juges 14:14, celles d'Agur, Proverbes 30:12; sq., celle d'Ézéchiel, 17:2; sq..
________________________________________
ÉNOCH ou Hénoc, et Hanoc,
________________________________________
1.
le septième homme après Adam, descendant de ce patriarche à la sixième génération, fils de
Jéred, père de Méthusélah, vit ses jours abrégés sur la terre, et ne compta que trois cent soixante-cinq
années, pendant lesquelles il marcha avec Dieu, puis il disparut, «parce que Dieu le prit», Genèse 5:21-24.
Un voile est jeté sur la nature de l'intime communion de cet homme pieux avec son père céleste; le
chrétien seul peut comprendre ce que c'est que vivre avec Dieu, et il n'y a qu'un bien grand
développement de la vie nouvelle, un développement extraordinaire, qui puisse en donner une idée
exacte; c'est la perfection dans la sainteté qui seule peut faire jouir de la communion parfaite. Un voile est
également jeté sur sa disparition. L'auteur sacré ne dit que juste ce qu'il faut pour nous apprendre
qu'Énoch n'a point passé par la mort, cf. Hébreux 11:5. Il ne se trouva plus, de la même manière que,
Genèse 37:30, Joseph ne se trouva plus dans la fosse lorsque Ruben voulut l'en retirer: les mêmes
expressions sont employées pour la disparition d'Énoch et pour l'enlèvement d'Élie, 2 Rois 2:3. C'est tout
ce que l'Écriture nous dit sur la vie sainte et l'enlèvement glorieux de ce témoin de la vérité. Le Nouveau
Testament le ramène sur la terre, Jude 14 et 45, pour faire entendre de lui quelques solennels
avertissements aux fils des hommes, sur les jugements que l'Éternel prononcera contre les impies. On se
demande où saint Jude a puisé cette citation, et quel degré d'authenticité elle peut avoir. La réponse n'est
pas facile. De fait, il existait dans les premiers siècles de l'Église chrétienne un livre ou recueil de
prophéties, attribué à Énoch, tissu de fables et d'absurdités dont quelques pères, Justin, Athénagore,
Irénée, Clément d'Alexandrie, Lactance, Tertullien, faisaient assez de cas, mais auquel Origène, Jérôme et
Augustin n'accordaient aucune autorité. On l'a cru perdu fort longtemps, et le seul fragment qu'on en
possédât avait été publié par Scaliger (mort en 1609), d'après l'ancienne chronographie de George
Syncellus. L'original devait avoir été écrit en hébreu ou en caldéen, puis traduit en grec; mais l'on n'en
trouvait plus aucun exemplaire, lorsqu'on apprit au dix-septième siècle qu'il en existait une traduction
éthiopienne, et que cet ouvrage était lu et fort estimé des Églises de l'Abyssinie. Longtemps les essais que
l'on fit pour se le procurer échouèrent, lorsqu'enfin, en 1773, le voyageur Bruce réussit à s'en procurer
trois exemplaires, qui furent promptement traduits en anglais et publiés. En 1834, l'allemand Ruppel en
rapporta également d'Éthiopie un exemplaire dans son pays, et une traduction allemande a paru en 1838,
peu différente d'une autre publiée en 1833, d'après l'anglais. On a tout lieu de croire que l'ouvrage
408