Page 585 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

Version HTML de base

ville lévitique des montagnes de Juda, Josué 15:48; 21:14; cf. 1 Samuel 30:27; 1 Chroniques 6:57. Eusèbe la
nomme Jétheïra, et la place à 20 milles d'Éleuthéropolis, non loin de Malatha, dans le district de Daromas,
qui était tout entier peuplé de chrétiens.
________________________________________
JAVAN,
________________________________________
quatrième fils de Japhet, et père d'Élisa, Tarsis, Kittim et Dodanim, Genèse 10:2,4. Son nom se retrouve
encore Ézéchiel 27:19; Zacharie 9:13, et ailleurs. On est d'accord à penser qu'il désigne la Grèce, l'Ionie,
q.v.; son nom hébreu n'est même pas autre chose que Jon, et dans l'Iliade, 13, 685, les Ioniens sont appelés
Jaoniens. Plus tard, les Grecs prirent le nom d'Hellènes, et celui d'Ioniens fut réservé à quelques-uns
d'entre eux seulement, qui passèrent dans l'Asie Mineure, dont ils peuplèrent une partie des côtes.
________________________________________
JEAN.
________________________________________
L'Écriture mentionne quatre personnages de ce nom, le Baptiste, le fils de Zébédée, un juge de la race
sacerdotale, et le disciple plus ordinairement appelé Marc. Ce nom, en hébreu Jochannan, signifie accordé
par la grâce de Dieu, et correspond ainsi, pour le sens, aux noms de Samuel, Nathanaël, Nathanja,
Matthieu, Théodore, Diodati, Dorothée, Adéodat, etc.
1.
Jean-Baptiste, fils de Zacharie et d'Élisabeth, Lévite et de la race sacerdotale, Luc 1:13, fut le
dernier prophète de l'ancienne économie, Élie ressuscité, le précurseur immédiat du Messie. Sa naissance
fut miraculeuse comme celles d'Isaac, de Samson, de Samuel, et l'ange qui l'annonça dans le temple lui
imposa aussi le nom qu'il devait porter. Il naquit six mois avant Jésus, dans les montagnes de Juda, peut-
être à Hébron ou à Jutta (Josué 21:16), et resta dans ces solitudes jusqu'au commencement de sa vie
publique, environ l'an 15 de Tibère. Il apparut au monde avec toute l'austérité dévie des anciens
prophètes, Nazaréen dans la sobriété de sa nourriture et la simplicité de ses vêtements. Il demeurait non
loin de la mer Morte, et c'est là qu'il exhorta le peuple à la repentance et à un complet changement de vie,
l'engageant à fuir la colère à venir, et lui administrant le signe symbolique du baptême pour marquer que
toutes choses devaient être faites nouvelles. Le peuple accourait à lui de toutes parts; riches et pauvres,
pharisiens et sadducéens, tous s'empressaient auprès du prophète qui venait, après plusieurs siècles de
silence, faire entendre de nouveau les avertissements et les oracles de l'Éternel; tous espéraient trouver
dans les eaux du Jourdain l'expiation de leurs péchés. Ils paraissaient voir dans le baptême de Jean une
magique vertu d'ablution qui devait les dispenser de la pureté intérieure, et cette superstition, si
répandue encore chez quelques sectes chrétiennes, leur faisait espérer l'impunité dans le mal. Mais Jean
ne leur cacha point la vérité; il les repoussa sévèrement, leur montrant dans la purification du cœur le
vrai remède, le seul moyen d'échapper aux justes jugements de Dieu. Surpris de tant d'autorité, admirant
la sainteté du prophète, le peuple se demandait si cet homme n'était peut-être pas le Messie; mais Jean ne
les laissa pas dans cette fatale erreur: il baptisait d'eau, le Messie devait baptiser du Saint-Esprit; il
prêchait la repentance, le Messie devait prêcher le salut et le pardon; entre l'un et l'autre il y avait toute la
différence qu'il y a entre l'Ancien et le Nouveau Testament, et Jean n'hésita pas à le leur dire: Je suis la
voix qui crie au désert: aplanissez le chemin du Seigneur; mais il en vient un après moi, plus puissant,
dont je suis indigne de délier la courroie des souliers.
— Parmi ceux qui venaient pour se faire baptiser, Jean vit un jour un de ses parents, Jésus de Nazareth:
on ne peut douter qu'il ne le connût, il le regardait même comme un prophète plus grand que lui, plus
saint que lui. Peut-être tous les mystères de la naissance et de la vie de Jésus lui étaient-ils encore
inconnus, et Jean ignorait-il officiellement que son cousin fût le Messie promis; mais il pouvait le
soupçonner, puisque déjà il s'humiliait devant lui. Il refusa d'abord de le baptiser, et ne céda que lorsque
Jésus lui eut fait sentir qu'il était venu pour accomplir toute justice. Dès lors, Jean-Baptiste se borna à
rendre témoignage au Messie, qu'il avait fini par reconnaître; il le montra à la foule, il le montra aux
583