Page 586 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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disciples André et Jean, et comme le peuple cessa d'accourir auprès de lui pour se faire baptiser, et qu'il
s'attacha à Jésus, les disciples de Jean, peines de cet abandon, le firent remarquer à leur maître; mais il
leur répondit simplement en parlant du Seigneur: Il faut qu'il croisse et que je diminue.
Hérode Antipas ayant ouï parler de Jean-Baptiste, l'attira auprès de lui, plein de respect pour une sainteté
qu'il ne se sentait capable ni d'imiter ni de contraindre; il lui demanda ses conseils et l'écoutait volontiers,
faisant même le, bien que Jean lui disait de faire (Marc 6:20), toutefois sans préjudice à ses honteuses
passions, et lorsque Jean eut condamné le mariage adultère qui l'unissait à sa belle-sœur, il fut mis en
prison, et bientôt après décapité, sur la demande de cette femme impure et cruelle.
C'est dans la forteresse de Machærus ou Machéronte que se passa, au dire de Flavius Josèphe, ce drame
inique et sanglant. Cette tour, bâtie avec magnificence par Hérode, était située à une grande hauteur sur
le penchant de la montagne de Nébo, dont les parois de rochers descendent dans la mer Morte. Des
ravins escarpés l'entourent au nord et au midi.
Il n'est pas douteux que Jean-Baptiste n'ait exercé une grande influence et joui d'une grande considération
à l'époque où il vécut. Ses prétentions eussent suffi pour diriger sur lui bien des regards; sa sainteté et
l'austérité de ses mœurs appuyaient d'une manière puissante les titres qu'il revendiquait, et l'on voit
combien le nombre de ses adhérents était considérable et combien ces disciples étaient jaloux pour sa
doctrine et pour sa gloire, Matthieu 3:5; 9:14; Jean 10:41. Le grand sanhédrin lui-même s'était ému et avait
député auprès du précurseur quelques-uns de ses membres, pharisiens et sacrificateurs, pour l'interroger
sur sa mission, Jean 1:19,24. Enfin Hérode le courtise, et quand il voit plus tard Jésus faire des merveilles
de puissance, il se demande si ce n'est pas le Baptiste ressuscité, Matthieu 14:2. Jean n'a pas été seulement
précurseur, i) a été aussi docteur; il devait préparer la voie au Messie, et pour cela, il ne suffisait pas de
l'annoncer, il fallait encore disposer les cœurs à le recevoir; il a donc prêché la repentance, la contrition
intérieure sans laquelle personne n'acceptera e salut, parce que personne ri en sentir le besoin. Il a été chef
d'une école, et cette école a compté des disciples en dehors de la Judée, dans l'Asie Mineure, en Grèce,
peut-être même à Alexandrie, Actes 18:25; 19:3. On voit par Luc 11:1, qu'il avait été jusqu'à leur donner
un modèle de prière, ce qui indique à la fois une grande spiritualité dans sa manière de comprendre le
royaume de Dieu, une grande étendue dans la portée de ses enseignements, et une grande autorité sur
l'esprit de ses adeptes. Mais on se demande avec quelque surprise comment il se fait qu'il y ait eu une si
longue rivalité entre ses disciples et ceux du Messie, Matthieu 9:14; Luc 5:33; 11:1, rivalité qui se produit
soit à propos du jeûne, soit à propos de la prière, soit à propos du baptême et des succès croissants de
l'œuvre de Jésus? On se demande pourquoi, si Jean a reconnu son parent pour «celui qui devait venir», il
ne s'est pas joint à lui avec tous ses disciples, pourquoi il a continué d'exercer son activité d'une manière
si indépendante, au lieu de se subordonner au Messie et de devenir l'un de ses agents? Pourquoi,
puisqu'il ne se considérait que comme le précurseur, n'a-t-il pas envoyé ses disciples à celui qu'il
regardait comme le chemin, la vérité et la vie? Pourquoi n'a-t-il pas déclaré sa tâche accomplie dès le
moment où le Saint-Esprit fut descendu sur Jésus aux bords du Jourdain? Il faut peut-être, pour le
comprendre, admettre que le Baptiste a partagé jusqu'à un certain point le préjugé d'un règne temporel
du Messie et les espérances qu'une interprétation trop littérale de l'Ancien Testament avait fait naître chez
les Juifs même les plus pieux. Il se regardait comme l'avant-coureur officiel du roi du monde, et pensait
peut-être que son œuvre ne devait s'arrêter que lorsque le Messie lui-même se serait officiellement
déclaré comme tel. Or, aussi longtemps qu'il voyait Jésus faire des miracles, prêcher, gagner les âmes à
lui, mais vivre dans l'obscurité, dans le renoncement à lui-même, ne faire que des conquêtes spirituelles,
et souffrir, ce qui, pour les disciples même du Messie, était encore une énigme impénétrable, il pouvait
croire que sa mission de préparateur n'était pas achevée, et refuser de licencier ses disciples pour les
adresser à un chef qui ne se présentait pas avec un caractère public. À sa mort, ses disciples continuèrent
d'attendre le Messie, mais ils restèrent en l'état où Jean les avait laissés; ils n'avancèrent pas en lumière, et
leur secte, devenue stationnaire, ne fit pas un pas vers Jésus; privés d'un maître qu'ils avaient grandement
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