Page 780 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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Bochart a consacré vingt-huit pages à l'éclaircissement des passages bibliques où il est parlé du miel, et
son travail doit être consulté.
Les païens avaient coutume d'offrir du miel en sacrifice à leurs divinités, et c'est peut-être pour éloigner
toujours plus les Israélites des usages païens, que Dieu leur avait défendu de le faire sur ses autels; d'un
autre côté, pour les rattacher cependant à la vie paisible de l'agriculture, il avait maintenu les prémices du
miel avec toutes les autres offrandes en nature, comme devant être offertes aux prêtres pour servir à leur
entretien; cf. Lévitique 2:11; 2 Chroniques 31:5.
— Quelques auteurs pensent que dans plusieurs passages de l'Ancien Testament, et notamment Genèse
43:11; Ézéchiel 27:17; Jérémie 41:8, il ne s'agit pas du miel d'abeilles, mais d'une espèce de liqueur sucrée,
de sirop, qui découle des dattes lorsqu'elle sont en pleine maturité (les docteurs juifs, Maïmonide, Flavius
Josèphe; Hiller, Celsius, Geddes, etc.); ils s'appuient entre autres sur ce que le mot hébreu debash qui
signifie miel, a en arabe le sens de dattes; d'autres pensent qu'il faut l'entendre d'un miel de raisins, c'est-
à-dire du jus de la vigne, cuit avec ou sans sucre, jusqu'à épaisseur de sirop (Rosenmuller); cette boisson
se fait de nos jours encore en Syrie et en Palestine (Shaw, Russel, Burckhardt). Trois quintaux de raisins
donnent un quintal de cette liqueur, nommée encore debs (debash). On l'emploie au lieu de sucre, en la
délayant d'eau; pour les pauvres elle remplace aussi le beurre, et pour les malades le vin. Les Grecs et les
Romains connaissaient aussi le miel du raisin, et ils s'en servaient non seulement avec le vin et le lait,
mais aussi pour l'assaisonnement des fruits cuits (Virgile, Ovid., Pline, etc.). On fait observer encore que
le miel était si commun en Palestine qu'on a pu appeler cette terre un pays découlant de lait et de miel,
Exode 3:8; 13:5; Deutéronome 32:13; Psaumes 81:16; etc., et que par conséquent un présent de miel ne
pouvait pas être quelque chose de bien rare pour le gouverneur de, l'Égypte, tandis que du miel de raisin
était plus digne de lui être offert, et plus capable de le bien disposer, Genèse 43:11.
Quoi qu'il en soit de cette question, les abeilles abondaient en Palestine, et les forêts pleines de leurs
essaims, étaient chargées de rayons dont les cellules, se fondant à l'ardeur du soleil, laissaient échapper
leur miel qui coulait le long des arbres et sur les rochers, pur de toute espèce d'alliage, de mélange de cire,
plus délicat et plus recherché que le miel des abeilles de jardin: les Hébreux l'appelaient yaarah, mot que
nos versions ont improprement traduit par rayon de miel, 1 Samuel 14:27; Cantique 5:1, au lieu de: miel
qui coule, ou de: ce qui distille des rayons de miel;
— Voir: aussi Matthieu 3:4.
D'après Suidas, Kühnol, Fritsche, ce miel de forêts désignerait une espèce de manne qui découle des
feuilles de certains arbres, soit naturellement, soit par suites des piqûres d'un insecte; mais cette opinion
ne se justifie que par des analogies éloignées.
— Le mot nopheth employé Psaumes 19:10; Proverbes 5:3; 24:13; 27:7; Cantique 4:11, a paru à Harmer
désigner le miel de dattes, mais il signifie étymologiquement ce qui distille, et le mot noub qui
correspond en arabe à l'hébreu nouph ou nopheth, signifie encore miel sauvage, ce qui distille des rayons
de miel (Forskal, Russel). Hasselquist, Maundrell et Shaw, ont trouvé dans les plaines émaillées de Jérico
des rayons de miel sauvage aussi gros et aussi soignés que s'ils eussent été dans des ruches.
Le beurre et le miel sont nommés dans l'Écriture parmi les rafraîchissements les plus délicieux, 2 Samuel
17:29; Cantique 4:11; Job 20:17; Ésaïe 7:15. Dans le passage 1 Samuel 14:27; cf. 30, l'effet produit par le miel
sur les yeux de Jonathan, n'est autre chose que les forces et la clarté d'esprit que retrouve un homme
fatigué et affamé lorsqu'il s'est un peu reposé et qu'il a pris quelque nourriture. Mais comme de violents
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