Page 783 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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gloire à venir, car la gloire céleste est le but dans l'éternité, et non le moyen dans le temps; et une fois le
but atteint, il n'est plus question d'un ministère qui, en attendant, n'aura point été glorieux: le ministère,
alors sera aboli comme la foi, l'espérance, le don des langues, et toute cette divine et brillante armure dont
l'Église aura été revêtue au temps de ses combats.
On explique le millénium terrestre par l'idée d'un grand jour sabbatique, en appliquant à ce jour d'une
manière littérale le principe de saint Pierre: Un jour devant le Seigneur est comme mille ans. Ce serait le
septième jour de l'œuvre entière de Dieu, le jour où cette œuvre serait pleinement bénie et sanctifiée. On
aurait compté deux mille ans avant la loi, deux mille ans sous la loi, et deux mille ans sous le Messie.
Christ, la lumière du monde, le vrai soleil de justice, venant à la fin du quatrième millénaire,
correspondrait à la création du soleil qui eut lieu le quatrième jour. Le septième millénaire serait le grand
sabbat, le grand repos terrestre auquel se rapporte cette promesse de l'Épître aux Hébreux, qu'il reste
encore un repos pour le peuple de Dieu, et cet âge d'or décrit par Ésaïe, et cette déclaration de
l'Apocalypse, qui nous représente Satan lié pour mille ans.
Pendant cet âge bienheureux, le Christ régnerait sur la terre visiblement, c'est-à-dire, selon les uns, par de
grandes et fréquentes manifestations; selon les autres, même personnellement comme roi, après avoir
renversé les pouvoirs établis, les puissances terrestres, les royautés et les puissances, et concentré dans ses
mains les rênes du gouvernement du monde entier. Les saints alors jugeraient le monde; tel serviteur
serait établi sur cinq villes, tel autre sur dix. Les saints du Souverain posséderaient le royaume selon
l'oracle de Daniel, ce qui n'a jamais eu lieu; les apôtres seraient assis sur douze trônes, jugeant les douze
tribus d'Israël, comme le dit Jésus, Matthieu 19:28; Luc 22:30. Car, qu'est-ce que peut être ce royaume
promis aux apôtres?
La doctrine du millénium entendu de cette manière, rend nécessaire le sens littéral des deux résurrections
dont parlent Paul, 1 Corinthiens 15:23; 1 Thessaloniciens 4:16, et Jean dans l'Apocalypse, 20:4; sq.; d'après
ce dernier passage, on est cependant forcé de reconnaître que ce n'est pas toute l'Église qui ressuscitera,
mais ceux-là seulement qui ont été mis à mort pour le témoignage de Jésus et pour la parole de Dieu,
lesquels n'ont point adoré la Bête ni son image, et n'ont point pris sa marque sur le front ou sur la main.
Tous ceux qui vivront pendant le millénium ne seront pas des ressuscités.
Les partisans de la doctrine millénaire sont nombreux, et tendent à le devenir tous les jours davantage;
mais ils sont très loin de s'accorder entre eux pour les détails, et la diversité de leurs sentiments ne
contribue pas peu à en rendre l'exposition difficile; on peut s'en convaincre par la lecture des ouvrages
qui ont paru sur ce sujet, ces dernières années, depuis Bogue jusqu'aux publications de l'école de
Plymouth. Le millénarisme proprement dit, le chiliasme, a été passé sous silence dans toutes les
confessions de foi, ce qui prouve plutôt les hésitations que l'indifférence de l'Église à ce sujet. Le
chiliasmus dit crassus, représenté par les Montanistes et par Papias, évêque d'Hiérapolis; le chiliasmus
subtilis, qui entendait le bonheur d'une nature spirituelle, sans écarter l'idée de circonstances extérieures
pleinement favorables, représenté par l'Épître de Barnabas, et, dans les temps plus modernes, par Bengel;
enfin le chiliasmus subtilissimus, représenté par Spener, Vitringa, etc.; ces différents systèmes, avec toutes
leurs nuances et sub-divisions, forment le champ indéfini de ce qu'on peut appeler en dogmatique
l'eschatologie terrestre. Les difficultés du sujet sont grandes et commandent la prudence, mais on oublie
parfois qu'il faut être prudent des deux côtés. Spener, par exemple, était plus que prudent lorsque,
interrogé sur ce qu'il pensait du chiliasme, il répondait «que, s'il y avait des idées fausses et
condamnables sur le millénium, il y en avait aussi de vraies; qu'on ne devait pas, en conséquence, taxer
d'hérésie et exclure de l'Église quiconque admettait un chiliasme: d'autant plus que la confession
d'Augsbourg ne le rejetait pas d'une manière absolue, mais qu'elle condamnait seulement une certaine
manière de le comprendre.» Ailleurs cependant il se prononce avec plus de clarté: la conversion des Juifs,
la ruine de la Rome anti-chrétienne, et une époque florissante pour l'Église sur la terre, sont les
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