Page 826 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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remplissait auprès d'Artaxercès - Louguemain la charge d'attirsatha ou d'échanson, et usa dignement de
sa position pour le salut de ses frères. Ayant appris par Hanani et quelques Juifs revenus de Juda, le triste
état dans lequel se trouvait sa patrie, et la misère de ses compatriotes, son cœur fut navré de leur récit, ses
larmes coulèrent, il mena deuil, il jeûna, et recourut par la prière à celui qui devait bander les plaies de
son peuple; il s'humilia, mais rappela aussi à l'Éternel les promesses qu'il avait faites aux Juifs de les
ramener après les avoir dispersés. Il pria Dieu de vouloir toucher le cœur de son roi, et sa prière fut
exaucée. Artaxercès ayant remarqué la tristesse inaccoutumée de son serviteur, la lui reprocha d'abord, et
peut-être assez sévèrement, comme une mauvaise disposition d'esprit inconciliable avec le devoir d'un
homme de cour; Néhémie craignit d'avoir déplu à son maître, mais il lui répondit avec douceur et
simplicité: «Comment mon visage ne serait-il pas défait, puisque la ville qui est le lieu des sépulcres de
mes pères demeure désolée, et que ses portes ont été consumées par le feu.» Et comme le roi lui
demandait ce qu'il pouvait désirer de faire, Néhémie, après avoir invoqué encore le secours et l'assistance
de son Dieu, demanda au roi de le renvoyer en Judée pour y rebâtir Jérusalem. C'était une demande
hardie, mais le roi dont Dieu avait disposé le cœur, l'accorda à son échanson; il lui donna en outre une
escorte militaire, des lettres pour les gouverneurs des provinces qu'il devait traverser, le droit de prendre
du bois dans les forêts royales, et sa protection pour tout ce qu'il entreprendrait. Néhémie partit donc
avec ses pleins pouvoirs, et arriva bientôt à Jérusalem. La main de l'Éternel était bonne pour lui (2:8,19) Il
débute par un examen prudent et silencieux de l'état des choses; les ennemis des Juifs sont trop puissants
et trop nombreux pour qu'il puisse rien tenter avant d'avoir sondé le terrain; le mal est trop grand pour
que Néhémie prenne des mesures avant d'en avoir compris toute l'étendue. Mais lorsque ses plans sont
arrêtés, il rassemble les , magistrats, les sacrificateurs et les principaux d'entre les Juifs, leur expose le but
de sa mission, ses droits et ses desseins. Quelques étrangers, Samballat, Tobija, et Gasmu, essaient en vain
de contrecarrer son œuvre par de méchantes moqueries et de perfides insinuations: Néhémie les repousse
en leur rappelant qu'ils sont étrangers au peuple juif, et qu'ils n'ont aucune part dans les affaires de la
ville et de la maison de Dieu. Le peuple qui a retrouvé un chef dont la voix l'inspire, dont l'exemple
l'encourage, se met à l'œuvre; les murs, les portes, les remparts, sont reconstruits. Jérusalem sort de ses
ruines; la ville sainte se relève malgré les efforts jaloux des peuples voisins, et paraît sur le point de se
rendre indépendante et libre. Mais les Arabes, les Hammonites et les Samaritains se liguent contre les
Juifs, et projettent de fondre sur leur métropole avant que les remparts achevés ne rendent toute invasion
plus difficile, toute victoire plus incertaine; Néhémie, à qui les machinations de Samballat et de ses
partisans n'ont point échappé, range le peuple en armes le long des murailles, ranime le courage des
faibles, et rappelle à tous qu'ils ont à combattre pour Dieu, l'honneur, la patrie et leurs familles. Les
ennemis sont déconcertés par cette solennelle manifestation qui leur a montré un chef vigilant, un général
habile, et une armée résolue: les travaux reprennent leur cours, mais depuis ce moment la moitié
seulement des jeunes gens s'occupe des constructions, tandis que l'autre moitié se tient toujours prête en
cas de surprise; même les travailleurs gardent encore l'épée au côté.
À côté des ennemis extérieurs, Néhémie doit combattre aussi les ennemis intérieurs, l'usure, et l'abus que
les riches avaient fait de leur position aux dépens du pauvre; le peuple était opprimé, il avait dû mettre
en gages ses champs, ses maisons, ses fils et ses filles. Une mesure héroïque devait être prise, et pouvait
seule sauver Jérusalem d'une révolution: Néhémie convoqua les grands, les magistrats, et les
sacrificateurs; il les censura pour le trafic infâme, pour la vente qu'ils avaient faite de leurs frères, et après
leur avoir représenté le danger de la situation et l'opprobre dont leur conduite devait couvrir la nation
sainte, il leur proposa la restitution complète des héritages, et la remise des dettes, se donnant lui-même à
eux, et il en avait le droit, comme un exemple de désintéressement. Sa voix fut écoutée, l'assemblée dit
amen! à la malédiction que Néhémie prononça contre ceux qui ne tiendraient pas la parole jurée, et
Néhémie sauva le peuple d'une crise qui eût pu être terrible, dans un moment où l'étranger ne demandait
pas mieux qu'un prétexte pour intervenir. Néhémie qui, depuis douze ans qu'il était gouverneur, avait
renoncé à tous les avantages de sa place, engageant sa fortune particulière au service de Jérusalem, à la
reconstruction des murs, aux frais de représentation exigés par sa position, Néhémie était bien placé pour
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