Page 827 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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demander à ceux pour lesquels ils se sacrifiait, de se sacrifier aussi; personne mieux que lui ne pouvait
s'écrier: «Ο Dieu, souviens-toi de moi en bien, selon tout ce que j'ai fait pour ce peuple.» Le zèle
courageux de cet homme sans peur et sans reproche, fut couronné, et malgré les intrigues réitérées de
Samballat et des siens, malgré l'épouvante que de faux prophètes cherchaient à répandre parmi le peuple,
la ville, ses murailles et ses portes furent achevées; mais les habitants étaient trop peu nombreux pour
l'enceinte immense de l'ancienne Jérusalem; Néhémie dut songer à peupler ces murs qu'il venait de
construire, et à constater les droits des anciens habitants propriétaires. Pendant les travaux et les
recherches occasionnées par le dénombrement, Néhémie trouva un ancien registre des familles, qui lui fut
utile pour les reconnaissances généalogiques. (Ce registre est inséré 7:6-73. Il est probable aussi que les
trois chapitres qui suivent, 8, 9, et 10, sont hors de la place où ils devraient être; nous verrons plus bas ce
qui en est: en tout cas ils renferment l'histoire de la lecture publique de la loi par Esdras, la célébration de
la fête des tabernacles, la publication d'un jeûne solennel, une magnifique prière d'Esdras, et les serments
prononcés en ce jour solennel, recueillis en forme de traité d'alliance).
— Après cela nous voyons Néhémie continuer ses travaux de recensement, de classement, et
d'organisation; il ordonne aux principaux du pays de se fixer dans la ville, et jette le sort sur le reste des
habitants, afin d'en obliger la dixième partie à s'établir dans Jérusalem; puis il célèbre avec une grande
pompe la fête de la dédicace des murailles: tous les Lévites des villes de Juda et de Benjamin y sont
conviés; les prêtres purifient le peuple et la ville, les princes et les chefs du peuple s'assemblent sur les
murs, et deux chœurs de chantres et d'enfants en font le tour au son des instruments, et aux chant des
cantiques sacrés. L'un de ces chœurs est conduit par Esdras; l'autre est accompagné par Néhémie, suivi
des magistrats, des prêtres, et d'une partie du peuple. Ils s'arrêtèrent en face du temple, où de nouveaux
chants s'élevèrent en l'honneur de l'Éternel; de nombreuses victimes furent immolées, le peuple était
plongé dans l'allégresse la plus vive, et ses bruyants cris de joie retentirent au loin: de ce jour datait en
effet pour lui la renaissance de sa patrie, sa restauration comme peuple; 12:27-47.
— Une année avait suffi pour tous ces travaux au zèle persévérant et sage du réparateur des brèches
d'Israël.
Le premier séjour de Néhémie à Jérusalem dura environ douze ans, 1:1; 2:1; 5:14; 13:6, mais il est probable
que dans l'intervalle il dut retourner une ou plusieurs fois à la cour de Perse: on peut croire même que le
premier voyage qu'il fit à Jérusalem ne fut guère qu'un voyage d'exploration, et qu'après avoir vu et
raconté au roi le triste état de son pays, il obtint une prolongation de congé indéfinie. Mais après cela, il
dut retourner auprès d'Artaxercès pour y reprendre ses anciennes fonctions, et quoique l'Écriture ne
précise pas la durée de son absence, on suppose qu'elle fut longue, et qu'il ne revint en Judée que sous le
règne de Darius Nothus, 415 avant J.-C. Son retour fut nécessité par le retour de l'impiété, par le
relâchement dans lequel le peuple et ses chefs étaient tombés; ses réformes étaient oubliées, les sabbats
n'étaient plus observés, on se refusait au payement des dîmes, des mariages défendus étaient contractés,
et le désordre en était venu au point qu'un chef samaritain, Tobija, avait été logé dans les bâtiments
mêmes du temple. Néhémie indigné fit jeter dehors les meubles de cet appartement ainsi profané, rendit
aux Lévites les dîmes, rappela les prescriptions de la loi, et contraignit ceux qui avaient épousé des
femmes étrangères à les renvoyer: ceux qui refusèrent furent bannis, et dans leur nombre on compte, au
dire de l'historien Flavius Josèphe, Manassé, fils du souverain sacrificateur et gendre de Samballat; les
réfractaires ainsi chassés allèrent s'établir en Samarie, où ils fondèrent sur le mont Garizim un culte rival
de celui de Jérusalem. Ceux mêmes qui consentirent à rompre leurs alliances étrangères, furent punis et
publiquement déshonorés pour les avoir contractées. «Mon Dieu, souviens-toi de moi en bien!» s'écrie
Néhémie en achevant le récit de cette nouvelle réformation.
C'est ici que se termine pour nous l'histoire du gouvernement et de la vie de Néhémie; on ignore où et
comment il mourut. Son nom est grand, et paraît au milieu de l'histoire juive comme celui d'un héros
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