Page 889 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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6.
Paul est amené à Rome, où Luc l'accompagne, et où il reste deux ans encore dans une custodia
mililaris liberior, Actes 27:1; 28:30. On se demande si c'est dans la captivité de Césarée ou dans celle de
Rome que Paul écrivit aux Colossiens, aux Éphésiens, et à Philémon; mais c'est sans doute vers la fin de la
dernière qu'il écrivit sa lettre aux Philippiens. (C'est de plus dans ce temps qu'il faut mettre les autres
épîtres de Paul, si l'on admet, comme le font quelques théologiens, que c'est à la fin de cette captivité qu'il
a été martyrisé.)
7.
Paul est remis en liberté, nous ne savons ni quand, ni comment, et il voyage, à ce qu'il paraît
résulter de ses dernières épîtres, dites pastorales, à Éphèse où est Timothée, et dans la Macédoine, d'où il
écrit sa 1re à Timothée, 1 Timothée 1:3, puis en Crète, où il fonde une église, et où il laisse Tite, Tite 1:5. Il
retourne en Asie, 2 Timothée 1:15, d'où il écrit vraisemblablement à Tite qu'il prie de venir le rejoindre à
Nicopolis (en Épire?). Enfin, d'après le témoignage non suspect de Clément de Rome, Paul se rend en
Espagne, revient à Rome, est emprisonné comme un malfaiteur, abandonné de tous, même de Tite, sauf
de Luc, et il attend sa mort ainsi qu'il l'écrit, 2 Timothée 2:9; 4:8-18. Obéissant à son invitation, Timothée
se rend auprès de lui; il est également mis en prison, mais relâché, Hébreux 13:23.
— Paul est décapité dans une des dernières années de Néron. D'après une tradition peu certaine, Pierre
arrive aussi à Rome, où il est martyrisé avec Paul; d'après la même tradition, Marc y vient de même, et
vraisemblablement avec Timothée, depuis Éphèse. Nous ne savons ce que devint Luc; Marc passa en
Égypte.
Pour montrer combien les difficultés chronologiques sont grandes, et les opinions partagées sur la
fixation des diverses époques de la vie de l'apôtre, il suffira de dire que Bengel met la conversion de Paul
en 31, Süsskind en 32, Eusèbe et Vogel en 33, Baron et Calvisius en 34, Usserius, Pearson, Olshausen,
Rilliet, et Hug en 35, Schott en 37 (ou 40?), Eichhorn en 37 ou 38, Auger en 38, Schrœder en 39, Kuinœl en
40, Schmidt et Wurm en 41.
— La date de la mort de l'apôtre ne varie qu'entre les années 64 (Schmidt, Schott, Schrœder), 65 (Eichhorn
et Vogel), 66 (Calmet, Bost), 67 (Bengel, Usserius, Hug, Olshausen, Coquerel), et 68 (Eusèbe, Steiger, etc.)
— Quant à la suite de ses Épîtres, bien que l'ordre que nous avons adopté nous paraisse se justifier
presque eu tous points, nous rappellerons ce qui a été dit à l'article Bible, des divergences considérables
d'opinions qui se sont fait jour sur ce point, depuis Marcion, qui met l'Épître aux Galates en tête, jusqu'à
Schrœder, qui la met la dernière de toutes celles qui ont été écrites par saint Paul.
Le caractère de l'apôtre, ardeur pleine de cœur, impétuosité pleine de raison, sévérité pleine d'amour,
inflexibilité pleine de support, se manifeste dans ses épîtres comme dans ses exploits. Une lecture
attentive du livre des Actes et l'étude de ses lettres font suffisamment connaître son génie particulier, ses
vues, la manière de sa prédication, sa position, son activité soit dans l'Église juive, soit dans celle des
gentils; et il faut remarquer que sous tous ces rapports il y a une harmonie parfaite entre ses actions et ses
lettres. Partout c'est le même caractère, jusqu'à tel point que cet accord fournit une preuve puissante de
l'authenticité des documents. Le grand nombre et la variété des épîtres offrent encore l'avantage de nous
faire connaître l'apôtre sous plusieurs faces; nous le voyons dans des positions temporelles ou spirituelles
très différentes, au milieu, vers la fin, ou à la fin de ses travaux. Le grand nombre de disciples, ou d'amis
et compagnons d'œuvre ordinairement présents quand Paul écrivait une lettre, l'habitude qu'il avait
d'envoyer ses lettres par des personnes de confiance, et les tournées fréquentes qu'il toisait dans les
Églises ainsi que ses disciples, tout cela nous met à l'abri des impostures. Une fois cependant on avait
tenté de tromper une Église par une épître écrite en son nom, mais l'apôtre ne tarda pas à en être averti et
à prévenir les fidèles contre de telles tentatives; c'était au début de sa carrière épistolaire, 2
Thessaloniciens 2:2-3. Dès lors il prit des mesures propres à rendre de pareilles fraudes impossibles; il
ajoutait, par exemple, à sa lettre dictée, quelques lignes de sa propre main, 1 Corinthiens 16:21; 2
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